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Pourquoi le ciel est-il bleu

Levez les yeux par une belle journée : le ciel est bleu. Mais pourquoi cette couleur-là, et pas verte, jaune ou rose ? La réponse tient en un mot un peu savant — la diffusion de Rayleigh — mais elle se comprend très simplement. En résumé : la lumière du Soleil est blanche, donc composée de toutes

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Pourquoi le ciel est-il bleu

Levez les yeux par une belle journée : le ciel est bleu. Mais pourquoi cette couleur-là, et pas verte, jaune ou rose ? La réponse tient en un mot un peu savant — la diffusion de Rayleigh — mais elle se comprend très simplement. En résumé : la lumière du Soleil est blanche, donc composée de toutes les couleurs ; en traversant l'atmosphère, la composante bleue est dispersée dans toutes les directions bien plus que les autres ; vous recevez donc du bleu venu de partout dans le ciel. Voilà l'essentiel. Le reste de cet article détaille le mécanisme, lève les idées fausses les plus tenaces, et répond aux questions que tout le monde se pose : pourquoi le coucher de soleil est-il rouge, pourquoi le ciel n'est-il pas violet, et de quelle couleur est-il vu depuis l'espace.

La lumière blanche cache toutes les couleurs

La lumière du Soleil nous semble blanche. Pourtant elle contient l'ensemble des couleurs de l'arc-en-ciel, du rouge au violet. Un prisme — ou de simples gouttes de pluie — suffit à les séparer pour révéler ce spectre continu. Chaque couleur correspond à une longueur d'onde différente : c'est la distance entre deux crêtes de l'onde lumineuse.

Les longueurs d'onde du visible s'échelonnent à peu près de 380 nanomètres (violet) à 700 nanomètres (rouge). Le bleu se situe vers le bas de cette échelle, c'est-à-dire du côté des ondes courtes ; le rouge, vers le haut, du côté des ondes longues. Retenez ce point : bleu = onde courte, rouge = onde longue. Tout le phénomène du ciel bleu repose là-dessus.

La diffusion de Rayleigh : le vrai mécanisme

L'atmosphère terrestre est composée à plus de 99 % d'azote et d'oxygène, sous forme de minuscules molécules de gaz. Ces molécules sont bien plus petites que la longueur d'onde de la lumière visible. Quand un rayon de Soleil les rencontre, elles ne l'absorbent pas : elles le renvoient dans toutes les directions, comme une bille qui ricoche. C'est ce que les physiciens appellent la diffusion.

Le point décisif, c'est que cette diffusion ne traite pas toutes les couleurs de la même façon. Plus une onde est courte, plus elle est diffusée. Et la dépendance est très marquée : l'intensité diffusée varie comme l'inverse de la longueur d'onde à la puissance quatre. En clair, la lumière bleue (onde courte) est dispersée plusieurs fois plus fort que la lumière rouge (onde longue) par un même volume d'air.

Résultat : quand vous regardez le ciel ailleurs que vers le Soleil, vous ne voyez pas la lumière qui file tout droit. Vous voyez la lumière qui a été déviée vers vous par l'atmosphère. Et comme c'est surtout le bleu qui est dévié, le ciel entier baigne dans cette lueur bleue venue de toutes parts.

À retenir : le ciel n'est pas bleu parce qu'il « contient » du bleu, mais parce que l'air disperse la lumière bleue du Soleil dans toutes les directions. Vous recevez ce bleu de partout, sauf en regardant directement le Soleil.

Pourquoi pas violet, alors ?

Bonne question. Le violet a une longueur d'onde encore plus courte que le bleu ; il devrait donc être diffusé encore davantage, et le ciel devrait nous paraître violet. Deux raisons expliquent qu'il n'en soit rien.

  • Le Soleil émet moins de violet que de bleu. Il y a tout simplement moins de lumière violette au départ pour être diffusée.
  • Notre œil est peu sensible au violet. La rétine humaine réagit beaucoup plus au bleu et au vert qu'au violet. Une partie de la lumière violette diffusée est en plus absorbée dans la haute atmosphère.

Le mélange perçu par notre cerveau — beaucoup de bleu, un peu de violet, un peu de vert — se traduit donc par ce bleu céleste familier, et non par un mauve profond.

Le coucher de soleil rouge : même cause, effet inversé

Le plus beau, c'est que le même mécanisme explique aussi pourquoi le Soleil rougit en fin de journée. Tout dépend de la quantité d'air traversée avant que la lumière n'atteigne vos yeux.

À midi, le Soleil est haut : ses rayons plongent presque à la verticale et ne traversent qu'une épaisseur d'atmosphère réduite. Une partie du bleu est diffusée — assez pour bleuir le ciel — mais le disque solaire reste éclatant et blanc-jaune.

Au coucher, le Soleil rase l'horizon. Sa lumière doit alors traverser une tranche d'atmosphère bien plus longue. Sur ce trajet allongé, le bleu et le vert sont tellement diffusés qu'ils sont évacués sur les côtés et n'arrivent plus jusqu'à vous. Ne subsistent dans la ligne de mire que les ondes longues, les oranges et les rouges, qui résistent mieux à la diffusion. D'où ces ciels de feu au crépuscule. La présence de poussières, de pollen ou d'humidité dans l'air renforce encore le phénomène et donne parfois des couchers de soleil spectaculaires.

MomentAir traverséCe qui est diffusé / évacuéCouleur dominante perçue
Plein jour, en regardant le cielFaible à modéréLe bleu est diffusé vers vousCiel bleu
Plein jour, vers le SoleilFaiblePeu de bleu retiré du faisceau directSoleil blanc-jaune
Coucher / lever du SoleilTrès épaisBleu et vert évacués sur le trajetSoleil et ciel rouge-orangé

Pourquoi les nuages, eux, sont blancs

Si l'air bleuit le ciel, pourquoi les nuages restent-ils blancs ? Parce qu'ils ne sont pas faits de molécules de gaz, mais de gouttelettes d'eau et de cristaux de glace bien plus gros que la longueur d'onde de la lumière.

Avec des particules de cette taille, la diffusion change de régime : on parle alors de diffusion de Mie. Sa particularité est de disperser toutes les couleurs de façon à peu près égale, sans privilégier le bleu. Quand toutes les couleurs reviennent ensemble vers votre œil, le mélange redonne… du blanc. C'est pour la même raison que le brouillard est blanc-gris et que le lait, fait de fines gouttelettes de matière grasse, paraît blanc. Un nuage très épais, qui laisse passer peu de lumière, vire au gris voire au noir : il n'y a alors plus assez de lumière diffusée pour le rendre lumineux.

La couleur du ciel ailleurs et en altitude

Une fois le mécanisme compris, on prédit facilement ce qui se passe dans d'autres conditions — un bon test pour vérifier qu'on a bien saisi.

  • Depuis l'espace ou la haute montagne : moins d'air au-dessus de votre tête, donc moins de diffusion. Le ciel s'assombrit, le bleu devient plus profond, presque noir au sommet de l'atmosphère. Les astronautes voient un ciel noir constellé d'étoiles, même en plein « jour ».
  • Sur la Lune : pas d'atmosphère, donc aucune diffusion. Le ciel y est noir en permanence, et le Soleil y brille comme un disque éblouissant sur fond d'encre.
  • Sur Mars : l'atmosphère, ténue et chargée de fines poussières, donne un ciel beige-rosé en journée — et, curieusement, des couchers de soleil bleutés, l'inverse des nôtres.

Chaque cas confirme la règle : pas d'air, pas de ciel coloré ; plus d'air et plus de particules, plus la couleur change.

Le bleu du ciel et le bleu des couleurs

Une nuance importante pour ne pas tout confondre : le bleu du ciel est un bleu de lumière, pas un bleu de pigment. Le ciel n'est teinté par aucune substance ; c'est une couleur produite par la physique de la lumière, qui peut d'ailleurs varier du bleu pâle à l'horizon au bleu profond au zénith.

Sur une palette de peintre, c'est l'inverse : la couleur naît de pigments qui absorbent certaines longueurs d'onde et en renvoient d'autres. Obtenir un beau bleu sur le papier obéit à des règles bien différentes de celles du ciel — si le sujet vous intrigue, voyez comment fabriquer du bleu en mélangeant les bonnes couleurs. Et une fois la teinte maîtrisée, encore faut-il savoir l'associer : nos conseils pour accorder vos chaussures à un costume bleu montrent que cette couleur, du ciel au vestiaire, ne cesse de nous accompagner.

Questions fréquentes sur le ciel bleu

Qu'est-ce que la diffusion de Rayleigh, en une phrase ?

C'est la dispersion de la lumière par des particules beaucoup plus petites que sa longueur d'onde — comme les molécules de l'air — qui dévie d'autant plus fortement les ondes courtes. Le bleu étant une onde courte, il est diffusé dans toutes les directions, ce qui colore le ciel.

Le ciel rend-il la mer bleue ?

En partie. La surface de l'eau reflète le ciel, ce qui accentue sa teinte. Mais l'eau profonde a aussi une couleur bleue propre : elle absorbe davantage les rouges que les bleus. La mer combine donc reflet du ciel et absorption sélective, ce qui explique qu'elle puisse rester bleu-vert même par ciel couvert.

Pourquoi le ciel devient-il noir la nuit ?

Sans Soleil pour éclairer l'atmosphère, il n'y a plus de lumière à diffuser. L'air redevient transparent et l'on voit à travers lui le fond noir de l'espace, ponctué d'étoiles. C'est la diffusion diurne, et non une couleur intrinsèque, qui faisait paraître le ciel bleu.

La pollution change-t-elle la couleur du ciel ?

Oui. Les particules fines et les aérosols ajoutent de la diffusion de type Mie, qui blanchit ou grisaille le bleu et peut donner au ciel un voile laiteux. En revanche, ces mêmes particules peuvent intensifier les rouges et oranges du coucher de soleil, parfois de façon saisissante après un épisode de pollution ou une éruption volcanique.

Le ciel bleu et l'arc-en-ciel, c'est le même phénomène ?

Non. L'arc-en-ciel résulte de la réfraction et de la réflexion de la lumière à l'intérieur des gouttes de pluie, qui séparent les couleurs comme un prisme. Le ciel bleu, lui, vient de la diffusion par les molécules d'air. Deux mécanismes distincts, mais qui partent du même point : la lumière blanche contient toutes les couleurs.

En résumé

Le ciel est bleu parce que l'atmosphère disperse la lumière du Soleil, et qu'elle disperse bien plus fortement les ondes courtes — le bleu — que les ondes longues. Vous recevez donc du bleu venu de tout le ciel, tandis qu'au coucher du Soleil, le long trajet à travers l'air ne laisse plus passer que les rouges. Même cause, deux spectacles opposés. La prochaine fois que vous lèverez les yeux, vous saurez que cette couleur n'est pas peinte sur la voûte céleste : elle se fabrique en permanence, à chaque rayon qui traverse l'air au-dessus de votre tête.

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