Pourquoi Mario de Nintendo est un plombier
La réponse courte tient en une phrase : Mario est devenu plombier à cause d’un jeu d’arcade de 1983 dont l’action se déroulait dans les égouts de New York, truffés de canalisations . Mais la version longue est bien plus savoureuse, parce qu’avant d’être plombier, Mario

La réponse courte tient en une phrase : Mario est devenu plombier à cause d’un jeu d’arcade de 1983 dont l’action se déroulait dans les égouts de New York, truffés de canalisations. Mais la version longue est bien plus savoureuse, parce qu’avant d’être plombier, Mario a d’abord été charpentier, puis simplement « le petit bonhomme qui saute ». Sa fiche de poste a changé au fil des jeux, et son métier officiel n’a longtemps tenu qu’à un fil… de tuyau.
Voici l’histoire vraie, débarrassée des légendes qui circulent un peu partout, pour comprendre comment la mascotte la plus célèbre du jeu vidéo a hérité de sa salopette, de sa casquette et de sa clé à molette.
Avant le plombier, un charpentier nommé Jumpman
Tout commence en 1981 avec Donkey Kong, une borne d’arcade signée Nintendo. Le héros n’a alors pas de nom officiel : on l’appelle « Jumpman », littéralement « l’homme qui saute ». Sa mission ? Grimper sur un chantier en bois pour secourir une demoiselle des griffes d’un gorille géant.
Dans ce premier rôle, Mario n’est donc pas plombier mais charpentier, ce qui colle parfaitement au décor : des poutres, des échelles, des structures en construction. Le métier découle directement du terrain de jeu, et non l’inverse. Retenez cette idée, car elle reviendra : chez Nintendo, le décor dicte souvent la profession du personnage.
C’est aussi à cette époque que le personnage gagne son prénom. La légende veut que les employés américains de Nintendo l’aient baptisé en hommage à Mario Segale, le propriétaire de l’entrepôt qu’ils louaient. L’anecdote est largement reprise, même si Nintendo ne l’a jamais transformée en doctrine officielle : prenons-la donc comme une jolie histoire de coulisses, plus que comme une certitude gravée dans le marbre.
1983 : Mario Bros. et le grand virage vers la plomberie
Le tournant arrive en 1983 avec le jeu d’arcade Mario Bros. Cette fois, Mario n’est plus seul : son frère Luigi entre en scène, d’où le pluriel « Bros. », contraction de brothers (les frères). Et surtout, l’action ne se passe plus sur un chantier mais sous terre, dans les canalisations.
L’écran est rempli de tuyaux verts d’où surgissent tortues, crabes et autres créatures que les deux frères doivent renvoyer d’un coup de tête sous la plateforme. Dans un environnement pareil — des égouts new-yorkais hérissés de conduites — le métier le plus logique pour les héros n’était plus charpentier. C’était plombier.
Le créateur du personnage, Shigeru Miyamoto, l’a confirmé à plusieurs reprises dans ses interviews : le métier a été choisi pour coller au décor souterrain et aux tuyaux. C’est aussi simple que ça. Mario n’a pas été « pensé » comme plombier dès le départ ; il l’est devenu parce que le jeu se déroulait dans un univers de canalisations.
À retenir : Mario change de métier en fonction du décor de ses jeux. Charpentier sur un chantier (1981), plombier dans les égouts (1983). Le tuyau vert, devenu son emblème, est l’héritage direct de cette époque.
Pourquoi cette salopette et cette casquette ?
La tenue de Mario n’est pas qu’une question de style : elle est née de contraintes techniques. Au début des années 1980, les écrans affichaient peu de pixels et peu de couleurs. Miyamoto a donc habillé son personnage de façon à le rendre lisible avec presque rien.
- La casquette évite d’avoir à animer une chevelure compliquée et masque le front, difficile à dessiner en si petit.
- La moustache remplace une bouche, impossible à détailler proprement, et marque clairement le nez.
- La salopette de couleur vive détache nettement les bras du corps quand le personnage court et saute, pour qu’on suive bien ses mouvements.
Cette silhouette, dictée par les limites de la machine, tombait à pic : casquette, moustache et salopette renvoient aussi à l’imagerie populaire de l’ouvrier, ce qui rendait le métier de plombier crédible sans une ligne de texte. Un cas d’école où la contrainte technique fabrique une icône.
Ce que le jeu disait vraiment (et les légendes à oublier)
Le sujet de Mario plombier traîne avec lui un sac de fausses explications qui circulent sur le web. Faisons le tri une bonne fois.
| Affirmation entendue | Ce qu’il en est vraiment |
|---|---|
| Mario a toujours été plombier. | Faux. Il était charpentier dans Donkey Kong (1981) avant de devenir plombier dans Mario Bros. (1983). |
| Le métier vient de celui du créateur, Shigeru Miyamoto. | Non. Miyamoto explique que le métier a été choisi pour coller au décor de canalisations, pas par référence à sa propre vie. |
| « Bros. » serait une astuce de traduction sans rapport avec la famille. | Non. « Bros. » abrège brothers : Mario et Luigi sont bel et bien deux frères. |
| Le métier dépend d’un jeu de mots en japonais (« rond », etc.). | Aucune source sérieuse ne soutient ça. L’explication officielle reste le décor souterrain. |
Bref, l’histoire est plus terre à terre que les théories qui fleurissent en ligne : un décor de tuyaux, un métier qui colle, et une mascotte née d’un heureux concours de circonstances. Pas de message caché, pas de jeu de mots secret.
Un plombier qui ne répare (presque) jamais de tuyaux
Voici le paradoxe le plus amusant : depuis Super Mario Bros. sur NES (sorti au Japon en 1985), Mario passe son temps à traverser les tuyaux plutôt qu’à les réparer. Les célèbres canalisations vertes servent de passages secrets, de raccourcis et de portes vers des niveaux cachés. Mario y plonge, en ressort ailleurs, mais ne sort presque jamais sa clé à molette.
Au fil des décennies, sa « carrière » s’est d’ailleurs diversifiée bien au-delà de la plomberie : il a été médecin le temps d’un jeu de puzzle, pilote de kart, joueur de tennis et de golf, athlète olympique, peintre, capitaine d’équipe de foot… Le plombier est devenu un homme à tout faire. Son aventure principale, elle, consiste surtout à courir, sauter et délivrer la princesse Peach des griffes de Bowser, le grand antagoniste à carapace.
En 2017, Nintendo a même semé un doute en mettant à jour la fiche officielle du personnage sur son site japonais : on pouvait y lire que Mario s’adonnait au sport et « semblait avoir travaillé comme plombier par le passé ». La formule a fait grand bruit, donnant l’impression que le plombier prenait sa retraite. Nintendo a depuis nuancé : Mario reste plombier de cœur, même s’il fait mille autres choses. Sa profession est aujourd’hui plus un trait d’identité qu’une activité quotidienne.
Et Luigi dans tout ça ?
Luigi, le frère cadet, partage la même origine : il est lui aussi plombier depuis Mario Bros. en 1983. Plus grand, plus mince, vêtu de vert, il est souvent présenté comme le compagnon de jeu numéro deux. Au fil du temps, il a gagné ses propres aventures, notamment la série Luigi’s Mansion, où il chasse les fantômes avec un aspirateur plutôt qu’avec une clé à molette — preuve, là encore, que le métier officiel des frères Mario sert surtout de point de départ, jamais de prison.
Ce que l’histoire de Mario nous apprend sur le design
Au-delà de l’anecdote, le cas Mario est un petit cours de conception. Trois leçons concrètes s’en dégagent.
- Le contexte fabrique le personnage. Mario n’a pas été imaginé sur une feuille blanche puis posé dans un décor ; c’est l’inverse. Le décor (canalisations) a appelé un métier (plombier), qui a appelé une tenue (salopette).
- La contrainte est créative. Le peu de pixels disponibles a imposé moustache, casquette et couleurs vives. Ces « limites » ont accouché d’une silhouette reconnaissable entre mille.
- Une identité forte survit à ses origines. Mario ne répare plus de tuyaux, mais « le plombier » reste collé à lui pour toujours. Une bonne identité visuelle vaut mieux qu’un long discours.
Si le sujet des univers de jeu vidéo vous passionne, vous aimerez sans doute notre regard sur le dernier opus de Professeur Layton sur Nintendo, où l’ambiance et les énigmes priment sur l’action. Et pour rester dans la maison Nintendo, on vous explique en détail comment fonctionnent les figurines Amiibo, ces petits objets connectés qui dialoguent avec vos jeux.
FAQ : tout ce qu’on se demande sur Mario plombier
Mario a-t-il toujours été plombier ?
Non. Lors de sa première apparition dans Donkey Kong en 1981, il était présenté comme charpentier (et surnommé « Jumpman »). Il devient plombier en 1983 avec le jeu d’arcade Mario Bros., dont l’action se déroule dans des canalisations souterraines.
Pourquoi avoir choisi le métier de plombier ?
Parce que le décor du jeu de 1983 se passait dans les égouts, parmi les tuyaux. Le métier collait naturellement à l’environnement. C’est l’explication donnée par son créateur, Shigeru Miyamoto.
Qui a créé Mario ?
Le concepteur japonais Shigeru Miyamoto, figure majeure de Nintendo, à qui l’on doit aussi des séries comme The Legend of Zelda. Le personnage est apparu pour la première fois en 1981.
Pourquoi Mario traverse-t-il les tuyaux verts ?
Dans les jeux Super Mario, les tuyaux verts servent de passages : ils mènent à des niveaux cachés, des raccourcis ou des zones bonus. C’est un clin d’œil à ses origines de plombier, devenu un mécanisme de jeu emblématique.
Mario est-il encore plombier aujourd’hui ?
Officiellement, oui : c’est resté un trait central de son identité. Mais dans les faits, il enchaîne karting, sport, médecine et mille autres activités. Le métier de plombier est surtout devenu un symbole, un héritage de ses débuts.
En résumé
Mario est plombier non pas par hasard ni par message caché, mais parce qu’un jeu de 1983 l’a planté au milieu des canalisations new-yorkaises. Le décor a fait le métier, le métier a fait la tenue, et la tenue a fait l’icône. De charpentier à plombier, puis pilote, médecin et sportif, Mario a multiplié les casquettes — mais c’est bien celle, rouge, du plombier qui lui colle à la peau depuis quarante ans.
La prochaine fois que vous le verrez plonger dans un tuyau vert, vous saurez d’où vient ce geste. Et si l’univers Nintendo continue de vous fasciner, jetez un œil à nos autres décryptages sur ses jeux et ses objets cultes : il y a toujours une bonne histoire derrière les pixels.
À lire aussi
Pourquoi le volet roulant électrique reste bloqué à mi-course
Le volet s'arrête net à mi-hauteur, ne répond plus à la commande, ou remonte de quelques centimètres avant de se bloquer à nouveau. Sangle cassée, fin de course déréglée ou moteur fatigué : voici comment identifier la cause avant d'appeler un professionnel.
Pourquoi les écouteurs sans fil se déconnectent ou coupent le son par intermittence
Le son saute pendant un appel, une oreillette se coupe seule en pleine chanson, ou l'appairage lâche sans raison apparente. Interférences, distance, batterie ou simple bug logiciel : voici comment identifier la vraie cause avant de suspecter le matériel.
Pourquoi le robinet goutte encore après avoir changé le joint
Le joint a été remplacé consciencieusement, et pourtant le robinet continue de goutter, parfois dès le lendemain. La cause se trouve presque toujours ailleurs : cartouche usée, siège de robinet piqué, ou tout simplement un joint mal choisi.



