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La victoire judiciaire face à Total : une reconnaissance de la justice en notre faveur

Le 28 mars 2024, jour même où TotalEnergies célébrait ses cent ans d’existence, le Tribunal judiciaire de Paris a annulé la procédure que la multinationale pétrogazière avait engagée contre ses détracteurs. Une décision lourde de sens : elle ne tranche pas le fond du dossier, mais elle écarte

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la victoire judiciaire contre total : une reconnaissance de la justice en notre faveur. découvrez comment nous avons gagné notre procès contre total et obtenu justice.
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Le 28 mars 2024, jour même où TotalEnergies célébrait ses cent ans d’existence, le Tribunal judiciaire de Paris a annulé la procédure que la multinationale pétrogazière avait engagée contre ses détracteurs. Une décision lourde de sens : elle ne tranche pas le fond du dossier, mais elle écarte une assignation jugée trop imprécise, et redonne de l’air à la critique publique des géants des énergies fossiles. Voici ce qui s’est joué, et pourquoi cette victoire dépasse le seul cas Total.

Ce que la justice a décidé

Tout part d’un rapport publié en 2022, qui mettait en cause la transparence de TotalEnergies sur son bilan carbone. Selon ses auteurs, le groupe sous-évaluait nettement ses émissions de CO₂ — de l’ordre de quatre fois plus que les chiffres déclarés, d’après leurs estimations.

En avril 2023, la multinationale a réagi en assignant au civil les auteurs de ce travail, leur reprochant la diffusion d’informations qualifiées de fausses et trompeuses. C’est cette assignation que le tribunal a finalement annulée le 28 mars 2024, la jugeant trop imprécise pour permettre une défense sur le fond. Dans la foulée, TotalEnergies a été condamnée à verser 15 000 euros au titre des frais de procédure.

Une assignation annulée n’est pas un débat tranché sur le fond : c’est une procédure stoppée parce qu’elle ne tenait pas la route sur la forme.

Comprendre la « procédure-bâillon »

Pour saisir l’enjeu, il faut comprendre le mécanisme dénoncé ici. On parle de procédure-bâillon — en anglais SLAPP, pour Strategic Lawsuit Against Public Participation — lorsqu’une action en justice vise moins à obtenir réparation qu’à épuiser, intimider ou réduire au silence celui qui s’exprime sur un sujet d’intérêt public.

Le calcul est simple : un procès civil est long, technique et coûteux. Face à une multinationale dotée de moyens considérables, une association ou un lanceur d’alerte peut être tenté de renoncer à la critique pour éviter des années de bataille judiciaire. C’est précisément ce déséquilibre que la décision du 28 mars vient corriger, en rappelant qu’une plainte ne suffit pas à faire taire un débat légitime.

Pourquoi la date compte

La coïncidence n’a rien d’anecdotique. Voir cette procédure tomber le jour du centenaire du groupe a donné à la décision une portée symbolique forte : le message est qu’aucune entreprise, aussi installée soit-elle, n’est à l’abri du contrôle citoyen et du regard de la justice.

Pourquoi c’est une victoire au-delà de Total

L’intérêt de cette décision tient à ce qu’elle protège : la liberté d’expression sur des questions climatiques. Pouvoir documenter, chiffrer et discuter publiquement l’empreinte carbone d’une entreprise, sans craindre des représailles judiciaires, est une condition du débat démocratique.

C’est aussi une victoire pour le climat au sens large. Elle rappelle que les acteurs du pétrole et du gaz ne sont pas intouchables, et que la contestation argumentée de leurs déclarations environnementales a sa place devant les tribunaux. À l’heure où chacun cherche à mieux comprendre les enjeux, des décryptages clairs — qu’ils portent sur l’énergie, le sport ou la vie économique — restent essentiels pour se forger une opinion solide.

Un combat loin d’être terminé

Cette issue favorable ne referme pas le dossier des pressions judiciaires sur la société civile. Les associations engagées sur le climat font face à d’autres procédures du même type, à l’échelle européenne :

  • au Royaume-Uni, Shell réclame plusieurs millions de dollars à la suite d’une action pacifique ;
  • en Italie, ENI a engagé une procédure susceptible de déboucher sur un procès en diffamation.

Autrement dit, la tentative française n’était pas isolée : elle s’inscrit dans une tendance plus large où des groupes industriels recourent à la voie judiciaire face aux ONG. D’où l’importance de protéger la voix des organisations qui défendent l’intérêt général.

À retenir

  • Quoi : le Tribunal judiciaire de Paris a annulé, le 28 mars 2024, la procédure de TotalEnergies contre les auteurs d’un rapport critique sur son bilan carbone.
  • Pourquoi : l’assignation a été jugée trop imprécise pour permettre une défense sur le fond ; le groupe a été condamné à 15 000 euros de frais.
  • L’enjeu : protéger la liberté d’expression face aux « procédures-bâillons » visant à dissuader la critique d’intérêt public.
  • Et après : d’autres procédures similaires (Shell au Royaume-Uni, ENI en Italie) restent en cours.

Au fond, cette décision dit une chose simple mais essentielle : le débat sur le climat doit pouvoir se tenir sans crainte. Comme dans d’autres terrains où l’on suit de près l’issue d’une confrontation à fort enjeu, ce qui se joue ici dépasse les parties en présence : c’est la possibilité, pour chacun, de poser des questions et d’exiger des réponses.

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