TotalEnergies fête son centenaire : un siècle d’innovations et de transformations
En 2024, TotalEnergies a franchi un cap symbolique : cent ans d’existence . Née en 1924 sous le nom de Compagnie française des pétroles (CFP), la société est devenue l’une des plus grandes compagnies énergétiques de la planète. Ce centenaire n’est pas qu’une date sur un

En 2024, TotalEnergies a franchi un cap symbolique : cent ans d’existence. Née en 1924 sous le nom de Compagnie française des pétroles (CFP), la société est devenue l’une des plus grandes compagnies énergétiques de la planète. Ce centenaire n’est pas qu’une date sur un gâteau d’anniversaire : il raconte un siècle de pétrole, de chocs, de réinventions et, plus récemment, de virage vers les énergies bas carbone. Voici l’histoire de cette entreprise et les défis qui l’attendent.
À retenir en quelques points
- Création : 1924, sous le nom de Compagnie française des pétroles (CFP).
- Métier d’origine : explorer, produire et raffiner le pétrole pour assurer l’approvisionnement de la France.
- Aujourd’hui : une major intégrée présente dans le pétrole, le gaz, l’électricité et les renouvelables, devenue TotalEnergies en 2021.
- Le cap affiché : la neutralité carbone à l’horizon 2050, objectif ambitieux mais régulièrement débattu.
Une naissance au service de la France
L’histoire commence après la Première Guerre mondiale. Le conflit a montré à quel point le pétrole était devenu stratégique — pour les armées comme pour l’économie — et la France ne disposait alors d’aucune grande compagnie pétrolière nationale. C’est dans ce contexte qu’est fondée la Compagnie française des pétroles, avec une mission claire : sécuriser l’approvisionnement du pays en or noir.
L’entreprise se lance d’abord dans l’exploration et la production, puis bâtit progressivement toute la chaîne : raffinage, transport, distribution. La marque commerciale Total finit par s’imposer dans le paysage, jusqu’à donner son nom au groupe. C’est le modèle de la compagnie pétrolière intégrée, présente du puits à la pompe.
Un siècle de transformations
En cent ans, la société a connu autant de mutations que le secteur de l’énergie lui-même. Chocs pétroliers, nationalisations à l’étranger, ouverture de nouvelles zones de production, fluctuations brutales des prix : l’histoire de l’entreprise épouse celle du XXe siècle.
Le grand tournant industriel intervient au tournant des années 2000, avec une série de rapprochements qui font émerger un géant de dimension mondiale, capable de rivaliser avec les plus grandes majors. De compagnie d’approvisionnement national, l’entreprise devient un acteur global de l’énergie, présent sur tous les continents et sur tous les maillons de la filière.
Du pétrole au multi-énergie
Longtemps centré sur les hydrocarbures, le groupe a élargi son terrain de jeu : pétrole, certes, mais aussi gaz naturel, gaz naturel liquéfié (GNL), électricité et, de plus en plus, énergies renouvelables. C’est ce repositionnement qui a justifié, en 2021, le changement de nom en TotalEnergies, censé refléter une ambition élargie au-delà du seul pétrole.
Le virage vers les énergies bas carbone
Depuis plusieurs années, l’entreprise investit dans l’électricité et les renouvelables : parcs solaires, éolien terrestre et en mer, mais aussi développement autour de l’hydrogène et des biocarburants. L’idée affichée est de devenir non plus seulement une compagnie pétrolière, mais un acteur de l’électricité décarbonée, capable de produire et de vendre directement de l’énergie aux particuliers et aux entreprises.
Cette stratégie s’appuie sur des partenariats, des acquisitions ciblées et le développement de projets dans plusieurs pays. La logique est double : préparer l’après-pétrole et capter la croissance d’un marché de l’électricité appelé à exploser avec l’électrification des usages.
Passer d’un siècle de pétrole à un avenir partagé entre hydrocarbures et électricité bas carbone : c’est l’équation que TotalEnergies tente de résoudre, sans renoncer à sa rentabilité.
Climat : le grand débat
Le groupe a fixé un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, avec des jalons intermédiaires sur la réduction de ses émissions et l’amélioration de l’efficacité énergétique de ses installations. Mais cet engagement fait l’objet de critiques nourries.
Pour les ONG environnementales, le compte n’y est pas tant que l’entreprise continue de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Pour la direction, au contraire, le pétrole et le gaz restent indispensables pour financer la transition et répondre à une demande mondiale d’énergie encore en hausse. Ce désaccord de fond résume toute la difficulté du moment : on ne bascule pas un siècle de modèle industriel en quelques années, et chaque acteur lit la trajectoire à sa façon.
Les défis des prochaines décennies
Le centenaire est un bon moment pour regarder devant. Plusieurs défis se dessinent.
- Tenir le cap climatique sans sacrifier la rentabilité ni la sécurité d’approvisionnement — un équilibre délicat à expliquer aux marchés comme à l’opinion.
- Réussir industriellement le pivot vers l’électricité et les renouvelables, un univers très concurrentiel où les marges diffèrent de celles du pétrole.
- Accompagner la transition socialement, en prenant en compte l’emploi et l’avenir des salariés des activités fossiles.
- Restaurer la confiance, dans un climat où les grandes compagnies de l’énergie sont scrutées de près sur leurs engagements réels.
Comme d’autres grands groupes confrontés à des mutations profondes — on l’a vu récemment avec les grandes manœuvres dans l’audiovisuel ou les secousses qui frappent les géants industriels — TotalEnergies doit composer avec un environnement mouvant, où la stratégie de long terme se heurte aux turbulences du présent.
En résumé
En cent ans, TotalEnergies est passée d’une compagnie pétrolière née pour servir la France à une major énergétique mondiale qui tente de se réinventer. Le centenaire célèbre cette capacité d’adaptation, mais il ouvre surtout une question : l’entreprise saura-t-elle écrire un deuxième siècle compatible avec les impératifs climatiques ? La réponse se jouera moins dans les discours d’anniversaire que dans les choix d’investissement des années à venir.
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