Le lycée Thierry-Maulnier de Nice va changer de nom pour honorer Mélinée et Missak Manouchian
Le lycée Thierry-Maulnier, à Nice, va changer de nom : il devient le lycée régional Mélinée et Missak Manouchian . La décision, portée par le groupe écologiste niçois et confirmée par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, met fin à une controverse sur l'identité que portait cet établissement. Voici

Le lycée Thierry-Maulnier, à Nice, va changer de nom : il devient le lycée régional Mélinée et Missak Manouchian. La décision, portée par le groupe écologiste niçois et confirmée par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, met fin à une controverse sur l'identité que portait cet établissement. Voici ce qui change, pourquoi, et ce que ce choix représente.
Ce qui change exactement
L'établissement ne s'appellera plus Thierry-Maulnier mais portera le nom de deux figures de la Résistance : Mélinée et Missak Manouchian. Selon la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, la nouvelle appellation a été décidée en concertation avec la famille, les équipes pédagogiques et la mairie de Nice.
Au-delà du simple changement d'enseigne, rebaptiser un lycée n'est jamais anodin. Le nom d'un établissement scolaire est une référence quotidienne pour les élèves, les enseignants et tout un quartier. Il dit, en creux, quelles valeurs une collectivité choisit de mettre en avant auprès des générations qui s'y forment.
Pourquoi ce nom posait problème
La polémique avait éclaté en février, lorsque le groupe écologiste de la mairie de Nice avait exprimé son opposition au nom de Thierry Maulnier. Écrivain et journaliste, ce dernier est notamment associé à la fondation d'un journal à caractère antisémite, ce qui rendait sa figure difficile à assumer comme référence pour un établissement public d'enseignement.
Face à cette contestation, des élus de gauche avaient d'abord proposé un autre nom, celui de Robert Badinter. C'est finalement le couple Manouchian qui a été retenu, dans un contexte de forte actualité mémorielle.
Qui étaient Mélinée et Missak Manouchian
Mélinée et Missak Manouchian sont des figures majeures de la Résistance française. Missak Manouchian, immigré arménien rescapé du génocide, a dirigé un groupe de résistants étrangers engagés dans la lutte contre l'occupation nazie, avant d'être fusillé. Mélinée, son épouse, a elle aussi pris part au combat clandestin et a, après la guerre, œuvré à faire vivre cette mémoire.
Leur engagement incarne une idée précise : celle d'une Résistance ouverte, où des hommes et des femmes venus d'ailleurs ont défendu, au prix de leur vie, la liberté et la démocratie en France. C'est ce symbole que le nouveau nom du lycée entend mettre en avant.
Un hommage qui résonne avec le Panthéon
Le choix de ce nom n'est pas isolé. Il fait écho à l'entrée du couple Manouchian au Panthéon, qui a coïncidé avec la demande de rebaptiser l'établissement niçois. Au moment où la Nation distingue ces deux résistants en les plaçant parmi ses grandes figures, la région et la ville inscrivent localement le même geste mémoriel.
Ce parallèle donne au changement de nom une portée qui dépasse le seul cadre scolaire. Il s'agit de relier un établissement de proximité à une reconnaissance nationale, et d'ancrer dans le quotidien des lycéens une histoire qui se transmet d'ordinaire à distance, dans les manuels.
Ce que cela signifie pour Nice et son territoire
Pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ce changement vise à marquer le territoire et à rendre hommage à deux figures de la Résistance. Au-delà du symbole, l'objectif affiché est aussi pédagogique : faire du nom de l'établissement un support de transmission de l'histoire et d'éducation citoyenne, contre l'oubli et la discrimination.
À Nice, ville où l'actualité ne se résume pas à la vie de ses clubs sportifs locaux ni à ses rendez-vous du week-end, ce type de décision rappelle que les choix de mémoire se jouent aussi à l'échelle d'un quartier et d'un établissement. Renommer un lycée, c'est décider de l'histoire que l'on veut donner à voir aux élèves chaque matin.
À retenir
- Le lycée Thierry-Maulnier de Nice devient le lycée régional Mélinée et Missak Manouchian.
- La décision, portée par le groupe écologiste niçois, a été confirmée par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, en concertation avec la famille, les équipes pédagogiques et la mairie.
- L'ancien nom était contesté en raison de l'association de Thierry Maulnier à un journal à caractère antisémite.
- Le couple Manouchian, figures de la Résistance, fait écho à son entrée au Panthéon, intervenue au même moment que la demande de changement de nom.
Derrière une question d'apparence administrative se joue donc un choix de société : celui des valeurs de tolérance, de solidarité et d'engagement que l'on souhaite transmettre. En portant désormais le nom de deux résistants, l'établissement niçois fait de la mémoire collective un repère du quotidien.
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