Gabriel Attal exhorte à une action décisive à Viry-Châtillon, dix jours après le tragique décès de Shemseddine, 15 ans
Dix jours après la mort de Shemseddine, 15 ans, frappé jusqu'à en mourir près de son collège, le premier ministre Gabriel Attal s'est rendu à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, jeudi 18 avril 2024. Le chef du gouvernement y a appelé à un « sursaut d'autorité » et dévoilé un « plan » destiné, selon ses

Dix jours après la mort de Shemseddine, 15 ans, frappé jusqu'à en mourir près de son collège, le premier ministre Gabriel Attal s'est rendu à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, jeudi 18 avril 2024. Le chef du gouvernement y a appelé à un « sursaut d'autorité » et dévoilé un « plan » destiné, selon ses mots, à replacer « l'autorité au cœur de la République ». Voici ce qu'il a annoncé, dans quel contexte, et ce que ces mesures impliquent concrètement.
Le contexte du déplacement
Ce déplacement n'avait rien d'anodin. Il marquait les cent premiers jours de Gabriel Attal à Matignon, un cap symbolique que les chefs de gouvernement aiment ponctuer d'une prise de parole forte. Mais surtout, il se déroulait dans une ville encore sous le choc.
Viry-Châtillon avait été ébranlée par la mort de Shemseddine, un adolescent de 15 ans roué de coups à proximité de son collège. Ce drame s'inscrivait dans une série d'agressions visant des mineurs qui avait, à ce moment-là, marqué l'opinion et nourri un débat national sur la violence chez les jeunes. C'est dans ce climat que le premier ministre a choisi de parler d'une « République qui contre-attaque ».
Les annonces sur l'école
Le cœur du discours portait sur l'établissement scolaire, présenté comme le premier lieu où rétablir le cadre. Plusieurs mesures ont été annoncées.
Collège toute la journée et internat
Gabriel Attal a indiqué que « tous les collégiens seront scolarisés tous les jours de la semaine, entre 8 heures et 18 heures », en commençant par les quartiers prioritaires et les réseaux d'éducation prioritaires. L'idée : ne plus laisser d'élèves désœuvrés en milieu de journée.
Il a aussi évoqué « des dizaines de milliers de places en internat désespérément vides ». Son objectif : pouvoir envoyer un jeune en internat, loin de son quartier et de l'entourage qui « le pousse à plonger », « avant qu'il ne tombe vraiment dans la délinquance ».
Le contrat avec les parents
Le premier ministre a souhaité que, à chaque rentrée, les parents « signent avec les établissements scolaires un contrat qui rappellera les droits et obligations de chacun ». Ce contrat « pourra ouvrir à des sanctions » contre les parents en cas de « dérive » de l'enfant, de « défaut manifeste d'assiduité » ou de « non-participation des parents à l'éducation de leurs enfants ».
Cette idée n'est pas restée lettre morte : le dispositif a ensuite été détaillé et présenté pour la rentrée suivante. Nous y revenons dans notre article consacré à l'entrée en vigueur du contrat d'engagement à l'école.
Sanctions et retour du civisme
Face aux élèves qui « défient l'autorité, dégradent ou menacent », Gabriel Attal a estimé que « cela ne doit jamais rester sans conséquences ». Il s'est dit favorable à ce que ceux qui « perturbent le plus gravement » les cours voient cela « sanctionner sur leur brevet, leur Bac », avec des mentions apposées sur leur dossier Parcoursup.
Il a parallèlement plaidé pour un « retour de la culture du civisme », citant le général de Gaulle, et défendu des gestes « simples, concrets, de bon sens » : se lever quand un professeur entre dans la classe, faire participer tous les élèves aux tâches communes de l'établissement dès le plus jeune âge.
« Isolement » et « individualisme »
Au-delà des mesures, le premier ministre a livré un diagnostic. « L'autorité et la règle sont trop souvent défiées par certains jeunes », a-t-il affirmé, décrivant un « sentiment qu'une partie de nos adolescents glisse lâchement dans une forme d'isolement, d'individualisme et parfois même vers le pire, vers une forme de violence déchaînée, morbide, sans règles ».
« Les Français ne supportent pas, ou plutôt ne supportent plus qu'on puisse s'affranchir de la règle commune. »
Il a dénoncé une « spirale d'affaiblissement de l'autorité » et un « déferlement de violence », notant qu'« on fait rarement grève contre l'incivilité ».
Écrans, idéologie et trafic de drogue
Le discours a élargi le sujet à trois autres terrains.
Les écrans. Gabriel Attal a affiché son ambition de « réguler l'usage des écrans » et l'« addiction aux réseaux sociaux ». Il a souhaité faire appliquer une proposition de loi portée par Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l'Assemblée, fixant la majorité numérique à quinze ans, et soutenu un texte visant à interdire l'usage des écrans en crèche.
L'idéologie. Le premier ministre a dénoncé « l'entrisme d'idéologies contraires à la République », évoquant un « racisme islamiste » contre lequel il a appelé à « lutter sans relâche ». Il a défendu la liberté, pour des jeunes filles, de se promener sans voile si elles le souhaitent, et pour un jeune garçon de « manger ce qu'il souhaite quand il le souhaite ».
Le trafic de drogue. Estimant que « lutter contre la dérive d'une partie de notre jeunesse, c'est lutter contre le trafic de drogue », il a cité les opérations « place nette XXL » menées par le gouvernement : selon ses chiffres, près de 8 500 personnes interpellées, plus de 13,5 millions d'euros et 3,7 tonnes de cannabis saisis.
À retenir
- Où et quand : à Viry-Châtillon (Essonne), le 18 avril 2024, dix jours après la mort de Shemseddine, 15 ans.
- Le message : un « sursaut d'autorité » et une « République qui contre-attaque ».
- L'école : collège jusqu'à 18 heures dans les quartiers prioritaires, recours à l'internat, contrat signé avec les parents, sanctions possibles sur le brevet, le Bac et Parcoursup.
- Au-delà : régulation des écrans, lutte contre l'« entrisme » idéologique et contre le trafic de drogue.
Et après ?
Ce discours posait un cadre que le gouvernement a ensuite cherché à décliner en mesures concrètes, notamment autour du contrat avec les familles et de la prévention de la violence des plus jeunes. Pour suivre cette suite, lire notre dossier sur les solutions recherchées pour contrer la violence juvénile, ainsi que les points clés de l'interview de Gabriel Attal sur BFM-TV, où le premier ministre est revenu sur sa ligne.
À lire aussi
Pouvoir d’achat : pourquoi l’inflation ralentit mais que tout semble encore cher
« L’inflation baisse », entend-on. Pourtant, à la caisse, l’addition reste salée. Ce paradoxe a une explication simple, souvent mal comprise : ralentissement de l’inflation ne veut pas dire baisse des prix. Décryptage, et pistes concrètes pour reprendre la main sur son budget.
Canicules à répétition : pourquoi les étés deviennent de plus en plus extrêmes
Vagues de chaleur plus fréquentes, plus précoces, plus intenses : les étés changent de visage. Décryptage des mécanismes en jeu — réchauffement climatique, dômes de chaleur, îlots urbains — et de la façon dont villes et habitants tentent de s’adapter.
Ozan Kabak forfait pour l’Euro suite à sa rupture du ligament croisé du genou droit
Sale coup pour la Turquie à l’approche de l’Euro. Ozan Kabak, défenseur central, doit déclarer forfait après une rupture du ligament croisé du genou droit. Touché lors du nul amical contre l’Italie (0-0), il a quitté la pelouse sur civière. Verdict sans appel : fin de tournoi avant même le coup



