Lance Stroll signe le meilleur temps lors des essais du Grand Prix de Chine au volant d’une Aston Martin
Lance Stroll a créé la surprise lors de l'unique séance d'essais libres du Grand Prix de Chine 2024, à Shanghai, en signant le meilleur temps au volant de son Aston Martin. Dans un format sprint qui ne laissait qu'une heure de roulage avant la qualification, le pilote canadien a devancé Oscar

Lance Stroll a créé la surprise lors de l'unique séance d'essais libres du Grand Prix de Chine 2024, à Shanghai, en signant le meilleur temps au volant de son Aston Martin. Dans un format sprint qui ne laissait qu'une heure de roulage avant la qualification, le pilote canadien a devancé Oscar Piastri (McLaren) de plus de trois dixièmes de seconde. Un classement à prendre toutefois avec prudence : sur un week-end aussi comprimé, un chrono de tête en essais ne dit pas tout de la hiérarchie réelle.
Ce qu'il faut retenir
- Le fait : Lance Stroll (Aston Martin) signe le meilleur temps des essais libres du Grand Prix de Chine 2024.
- Le contexte : une seule séance d'une heure, format sprint, et le retour de la F1 à Shanghai pour la première fois depuis 2019.
- Le dauphin : Oscar Piastri (McLaren), à plus de trois dixièmes, sur une piste qu'il découvrait.
- L'envers du décor : début d'incendie sur le bas-côté, ennuis électriques pour Pierre Gasly, et des cadors restés volontairement en retrait.
Une séance unique, sous pression
Le week-end de Shanghai s'inscrivait dans le format sprint, qui bouleverse l'organisation habituelle. Au lieu de trois séances d'essais libres réparties sur deux jours, les équipes ne disposaient que d'une seule heure de roulage avant d'enchaîner directement avec la qualification de la course sprint. Autant dire que pilotes et ingénieurs n'avaient pas une minute à perdre pour trouver leurs repères.
La difficulté était d'autant plus grande que la Formule 1 retrouvait le circuit international de Shanghai pour la première fois depuis 2019. Cinq ans d'absence, cela signifie des données de référence vieillissantes, un asphalte qui a évolué et, surtout, plusieurs pilotes du plateau qui n'avaient jamais tourné sur ce tracé. Chaque tour comptait double.
La séance a même perdu de précieuses minutes : un quart d'heure après le départ, un début d'incendie s'est déclaré sur une portion herbeuse à l'intérieur du virage 7. Vite maîtrisé, l'incident a tout de même interrompu le roulage et rogné un temps déjà compté.
Pourquoi le chrono de tête est trompeur
Voir une Aston Martin en haut de la feuille des temps a de quoi surprendre. Mais dans une séance aussi courte, chaque écurie poursuit son propre programme : certaines travaillent le rythme sur un tour, d'autres préparent les longs relais en vue de la course. Comparer les chronos bruts revient alors à comparer des stratégies différentes.
Indice révélateur : la majeure partie du peloton a signé son meilleur tour avec les gommes les plus tendres, qui offrent la meilleure adhérence sur un tour lancé. Quelques équipes ont fait exception — les deux Mercedes, la McLaren de Lando Norris et l'Aston Martin de Fernando Alonso — ce qui rend leur position au classement encore moins lisible.
Stroll a donc devancé Piastri de plus de trois dixièmes, le jeune Australien découvrant pourtant Shanghai. Derrière, les Red Bull ont d'abord longuement étudié le comportement des pneus mediums avant de chausser les tendres, pour terminer aux troisième (Max Verstappen) et quatrième (Sergio Pérez) places. Une approche méthodique typique de l'écurie de Milton Keynes, qui avait souffert de graining — cet effritement de la bande de roulement — lors du précédent rendez-vous à Melbourne.
Les évolutions techniques en piste
Au-delà du chrono, cette séance a surtout servi de banc d'essai pour de nouvelles pièces. Les Haas se sont présentées en Chine avec d'importantes évolutions, glissées juste derrière les Red Bull au classement provisoire.
Chez Alpine, Esteban Ocon a hérité de l'unique exemplaire d'un nouveau plancher tout juste sorti des ateliers d'Enstone. Le Français a signé le 7e temps, devant Alex Albon, Daniel Ricciardo et Valtteri Bottas. Ce dernier a d'ailleurs devancé son équipier chez Sauber, le héros local Guanyu Zhou, le privant d'une entrée dans le top 10 devant son public.
La déconvenue de Pierre Gasly
Tout le monde n'a pas profité de cette heure. Pierre Gasly a vu sa séance gâchée par des soucis de récupération d'énergie, qui l'ont relégué au dernier temps, à près de trois secondes de Stroll. La frustration du Normand a éclaté à la radio :
« C'est inacceptable les gars, on n'a rien appris. Rien du tout. »
Un coup dur avant une qualification où chaque dixième se paie cash, faute de séance de rattrapage. C'est tout le piège du format sprint : un pépin mécanique au mauvais moment et le week-end peut basculer avant même qu'il ait vraiment commencé.
Les favoris en embuscade
Le classement final ne reflète pas le rapport de force attendu. Les Ferrari en sont la meilleure illustration : longtemps aux avant-postes avant que la concurrence ne se mette à chasser le chrono, elles ont fini 13e (Charles Leclerc) et 14e (Carlos Sainz). Un placement modeste, mais largement en deçà de leur potentiel réel, l'écurie ayant visiblement gardé de la marge. Pour suivre les évolutions de la Scuderia cette saison-là, on pourra relire l'arrivée d'un nouvel ingénieur de course aux côtés de Charles Leclerc.
La suite du programme s'annonçait dense : qualification pour la course sprint dans la foulée, sprint le samedi matin, puis qualification du Grand Prix l'après-midi. Autant d'occasions de remettre les pendules à l'heure et de voir les favoris habituels reprendre la main une fois la chasse au chrono lancée pour de bon.
Ce que disent vraiment les essais libres
Cet épisode rappelle une règle d'or de la Formule 1 : les essais libres ne désignent jamais les favoris de la course. Programmes décalés, charges d'essence variables, choix de gommes différents, simulations de relais… les chronos bruts mélangent des réalités qui n'ont rien à voir. Un nom inattendu en tête, c'est souvent une équipe qui a tout misé sur un tour rapide quand d'autres préparaient déjà la course.
Le phénomène n'a rien d'isolé. On le retrouve à chaque rendez-vous du calendrier, comme lors des premiers essais libres à Monaco menés par Lewis Hamilton, où la hiérarchie du vendredi s'est largement redistribuée le dimanche. La preuve, s'il en fallait, qu'un meilleur temps en essais est une photographie d'instant — pas un pronostic.
Reste que la performance de Stroll à Shanghai illustre la densité du plateau actuel : un pilote bien lancé, sur les bonnes gommes au bon moment, peut s'offrir le luxe d'un premier rang symbolique. Pour la suite du championnat 2024, marqué par la domination de Red Bull, on pourra se replonger dans la victoire de Max Verstappen au Grand Prix d'Émilie-Romagne face à un Lando Norris impressionnant, autre rendez-vous fort de la saison.
En bref
Lance Stroll a signé le meilleur temps de la seule heure d'essais libres du Grand Prix de Chine 2024, devant Oscar Piastri. Un résultat à relativiser, tant le format sprint, les programmes spécifiques de chaque écurie et l'absence de référence récente à Shanghai brouillent la lecture. Entre incendie maîtrisé, nouvelles pièces et galère électrique pour Pierre Gasly, cette séance aura surtout confirmé une vérité bien connue : en Formule 1, c'est le chronomètre du dimanche qui tranche.
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