Jean-Louis Gasset et l’OM en proie aux suspensions et blessures : pas de répit en vue
À peine deux mois après son arrivée sur le banc de l'Olympique de Marseille, Jean-Louis Gasset affronte un problème qui ne le lâche plus : un effectif rongé par les blessures et les suspensions. À l'approche du déplacement à Toulouse, l'entraîneur dispose rarement de plus d'une solution par poste,

À peine deux mois après son arrivée sur le banc de l'Olympique de Marseille, Jean-Louis Gasset affronte un problème qui ne le lâche plus : un effectif rongé par les blessures et les suspensions. À l'approche du déplacement à Toulouse, l'entraîneur dispose rarement de plus d'une solution par poste, et encore, les bons jours. L'embarras du choix, lui, ne fait clairement pas partie de ses soucis.
Voici, sans détour, où en est le casse-tête marseillais : un secteur défensif décimé, des cadres à l'arrêt, et un calendrier qui n'offre aucune fenêtre pour souffler.
À retenir
- Suspensions : Amine Harit et Samuel Gigot manquent le match à Toulouse, sanctionnés pour un cumul de cartons jaunes en championnat.
- Charnière exsangue : Bamo Meïté est forfait pour la saison, Chancel Mbemba ménage un genou douloureux. Leonardo Balerdi reste le seul défenseur central pleinement disponible.
- Renforts : le retour des joueurs non qualifiés en Ligue Europa (Ulisses Garcia, Pape Gueye, Jean Onana) et l'arrivée imminente de Jonathan Clauss offrent un peu d'air.
- Contexte : tout cela tombe au pire moment, après une qualification éprouvante en Coupe d'Europe et avant une fin de saison à enchaîner sans temps mort.
Un effectif au bord de la rupture
Le décor a été planté par le quart de finale retour contre Benfica. Cent vingt minutes intenses, une qualification arrachée aux tirs au but (1-0, 4-2 t.a.b.), et des organismes lessivés. Au lendemain de l'exploit, Gasset a accordé une matinée de repos avant de reprendre l'entraînement l'après-midi. Bains, massages, footing de récupération pour les titulaires ; tennis-ballon pour les autres. La méthode est claire : on ne joue pas avec la santé des joueurs.
Mais le réel rattrape vite les bonnes intentions. Amir Murillo, tout juste revenu de blessure, a disputé bien plus de minutes que prévu. Chancel Mbemba a ressenti une douleur au genou dès la première mi-temps et a dû céder sa place à la pause. Les examens se sont révélés rassurants, mais le signal d'alarme est là : la marge de manœuvre se réduit à chaque match.
Cette spirale n'est pas isolée. Sur l'ensemble d'une saison, les blessures et les suspensions finissent par dicter la composition d'équipe autant que les choix tactiques. Le rugby le montre régulièrement, comme lorsque des cadres sont déclarés forfaits pour le reste de la saison et bouleversent les plans d'un staff entier.
Le casse-tête de la charnière centrale
C'est en défense que la situation devient critique. Aux blessures s'ajoutent les suspensions, et le compte est vite fait. Amine Harit et Samuel Gigot sont privés du déplacement à Toulouse, pour un cumul de cartons jaunes en championnat.
L'absence d'Harit est gênante, mais surmontable : Luis Henrique a retrouvé de la confiance contre Benfica et peut occuper le terrain. Celle de Gigot est autrement plus lourde. Bamo Meïté ne rejouera pas cette saison, Mbemba doit ménager son genou, et il ne reste alors qu'un seul défenseur central pleinement apte : Leonardo Balerdi. Une charnière à reconstruire presque de zéro, à quelques heures d'un match de championnat.
Les solutions de bric et de broc
Faute de spécialistes, Gasset doit bricoler. Plusieurs pistes s'offrent à lui :
- Geoffrey Kondogbia, déjà aligné en défense en fin de match contre Benfica, pourrait reculer d'un cran de façon plus durable.
- Pape Gueye, milieu de formation, pourrait être réquisitionné en défense centrale, comme cela se fait souvent dans l'urgence.
- Stéphane Sparagna devrait être convoqué pour étoffer le secteur.
Du côté de l'infirmerie, Emran Soglo, sorti sur blessure à la cheville contre Benfica, souffre d'une entorse et doit poursuivre ses soins. Les joueurs en phase de rétablissement restent un peu justes. Une éclaircie, toutefois : le retour de Jonathan Clauss dans le groupe est imminent, vraisemblablement pour la réception de Nice. De quoi redonner un peu de densité sur les côtés.
Le renfort des jeunes et une règle qui agace
Pour boucher les trous, Gasset s'appuie aussi sur les espoirs du centre de formation, montés à l'entraînement toute la semaine et appelés à continuer de côtoyer les professionnels ce week-end. Un seul manque à l'appel : Gaël Lafont, contraint de purger une suspension déjà effectuée avec l'équipe des jeunes. Une règle qui agace en interne, où l'on comptait sur lui pour le match de dimanche.
Cet appui sur la formation n'a rien d'anecdotique. Quand l'effectif professionnel se vide, c'est souvent la jeunesse qui sauve une semaine, voire une saison — un mécanisme que tous les clubs connaissent, à l'image des contrats de jeunes prolongés pour pérenniser un projet, comme d'autres formations professionnelles le font pour sécuriser leur avenir.
Ce que cela dit de la fin de saison marseillaise
Au-delà du seul match de Toulouse, cette accumulation pose une vraie question pour la fin de saison de l'OM. Entre les échéances de championnat et le parcours européen, l'enchaînement laisse peu de répit, et chaque pépin se paie au prix fort dans un effectif déjà court. La gestion de la fatigue devient alors un sujet de stratégie à part entière, exactement comme lorsque Gasset prépare un rendez-vous capital et détaille ses attentes avant une affiche européenne décisive.
Le message du moment est limpide : il n'y aura pas de répit. Gasset devra continuer à composer avec les moyens du bord, miser sur la rotation, faire confiance aux jeunes et tirer le meilleur des joueurs disponibles. Le soutien des éléments non qualifiés pour la Ligue Europa et des espoirs du club sera décisif pour maintenir le niveau de performance sur les prochaines échéances. Une période difficile, mais aussi un révélateur : c'est dans ces semaines tendues qu'un groupe et un entraîneur montrent leur vraie capacité de résistance.
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