Marcel Desailly établit un parallèle entre le Paris-SG et l’Olympique de Marseille de 1993
En marge des trophées Laureus 2024 organisés à Madrid, Marcel Desailly a livré une comparaison qui n'a pas manqué d'attirer l'attention : selon l'ancien défenseur, le Paris Saint-Germain de cette saison rappelle, par son fonctionnement, l' Olympique de Marseille de 1993 , le club avec lequel il

En marge des trophées Laureus 2024 organisés à Madrid, Marcel Desailly a livré une comparaison qui n'a pas manqué d'attirer l'attention : selon l'ancien défenseur, le Paris Saint-Germain de cette saison rappelle, par son fonctionnement, l'Olympique de Marseille de 1993, le club avec lequel il avait soulevé la première Ligue des champions remportée par une équipe française. Son idée tient en une phrase : moins de stars individuelles qu'en apparence, mais un collectif capable de créer la surprise.
Voici ce qu'il a dit, ce qu'il faut comprendre derrière cette analogie, et pourquoi elle résonne autant chez les amateurs de football français.
Ce qu'a dit Marcel Desailly
Le raisonnement de Desailly repose sur un parallèle simple. En 1993, l'OM n'alignait pas, sur le papier, l'effectif le plus étincelant d'Europe. Pourtant, l'équipe a décroché la Ligue des champions face au Milan AC, là où peu d'observateurs l'attendaient. La clé, selon lui, n'était pas l'accumulation de vedettes mais la solidité du groupe : un esprit collectif qui compensait, et au-delà, le supposé déficit d'individualités.
Pour Desailly, le PSG version 2024 se trouve dans une configuration comparable. Le club a tourné une page en se séparant de profils ultra-médiatiques comme Lionel Messi et Neymar. Résultat : un effectif que beaucoup jugent moins clinquant, mais peut-être plus homogène et plus tourné vers le jeu d'équipe. L'ancien champion du monde y voit une chance, pas un handicap.
L'idée centrale de Desailly : ce ne sont pas toujours les effectifs les plus garnis en stars qui vont au bout, mais ceux qui jouent vraiment ensemble.
Pourquoi 1993 reste une référence en France
Pour comprendre la portée de la comparaison, il faut se souvenir de ce que représente 1993 dans l'imaginaire du football français. À ce jour, l'OM demeure le seul club français à avoir remporté la Ligue des champions (alors Coupe d'Europe des clubs champions dans sa version rénovée). C'est un sommet que personne n'a égalé depuis dans l'Hexagone, ce qui en fait une référence quasi mythique.
Convoquer ce souvenir n'est donc jamais anodin. Quand un ancien Marseillais sacré cette année-là affirme que le PSG actuel lui rappelle cette équipe, il place implicitement les Parisiens devant un objectif que le club poursuit depuis des années sans y parvenir : devenir le deuxième club français à conquérir l'Europe. La symbolique est forte, surtout venant d'un homme qui a connu les deux univers du football français de haut niveau.
Stars contre collectif : un vieux débat
L'analyse de Desailly rejoint une question qui traverse tout le football moderne : faut-il empiler les talents ou construire un bloc cohérent ? Le PSG a longtemps incarné la première approche, avec des recrutements spectaculaires censés garantir un sacre européen. Sans succès jusqu'ici sur la plus grande scène.
En insistant sur le collectif, Desailly suggère qu'un changement de logiciel pourrait, paradoxalement, rapprocher Paris de son but. Un effectif moins dépendant d'une ou deux individualités est souvent plus difficile à neutraliser, plus régulier sur la durée d'une saison, et moins exposé aux coups de moins bien d'un joueur clé. C'est exactement ce qui avait servi l'OM de 1993. Le contexte parisien de la saison, marqué par des résultats probants en championnat comme lors de cette large victoire contre l'Olympique Lyonnais qui rapprochait le club du titre, nourrit ce sentiment d'un groupe en confiance.
Desailly nuance toutefois son optimisme. Il rappelle que le Real Madrid conserve cette aura particulière et cette capacité à renverser les situations les plus compromises, quel que soit le déroulé d'un match. Une manière de dire que la surprise, si elle doit arriver, ne sera jamais acquise d'avance face à l'institution la plus titrée de la compétition.
Le pari Mbappé pour le Ballon d'Or
Dans le même échange, Desailly s'est aussi avancé sur un autre terrain : celui des récompenses individuelles. Selon lui, Kylian Mbappé a les arguments pour décrocher le Ballon d'Or. L'attaquant parisien, par son rendement et son rôle central dans le jeu de l'équipe, ferait figure de candidat crédible à la distinction reine du football mondial.
La remarque illustre bien le double message de Desailly : un PSG porté par un collectif, mais qui peut aussi s'appuyer sur une individualité de premier plan capable de faire basculer une rencontre. Les deux idées ne s'opposent pas, elles se complètent. Pour suivre l'actualité du club au quotidien, vous pouvez aussi consulter les conférences de presse du Paris-SG en vidéo.
À retenir
- Le cadre : déclaration faite par Marcel Desailly lors des trophées Laureus 2024, à Madrid.
- L'idée principale : le PSG 2024 lui évoque l'OM de 1993, moins fourni en stars mais soudé par un fort esprit collectif.
- La référence : l'OM reste le seul club français vainqueur de la Ligue des champions, ce qui donne tout son poids à la comparaison.
- La nuance : Desailly reconnaît la force du Real Madrid et sa capacité à renverser les matchs.
- Le bonus : il voit Kylian Mbappé en candidat sérieux au Ballon d'Or.
Au fond, le message de Marcel Desailly dépasse le simple pronostic. Il rappelle qu'au football, le talent additionné ne fait pas tout : c'est souvent la cohésion d'un groupe, sa capacité à jouer ensemble et à y croire au bon moment, qui dessine les plus belles surprises. L'OM de 1993 en a fourni la preuve. Reste à savoir si le Paris de cette génération saura, à son tour, transformer cette intuition en histoire. Pour replacer ces débats sportifs dans le contexte parisien de l'époque, marqué par les grandes manœuvres autour de la vie publique de la capitale, on mesure à quel point le football reste un miroir de la ville.
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