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L’ascension fulgurante d’Alphabet et Microsoft propulsée par l’intelligence artificielle et le cloud

Fin avril 2024, deux des plus grandes capitalisations technologiques de la planète ont rassuré Wall Street d’un même mouvement. Alphabet, la maison mère de Google, et Microsoft ont publié des résultats trimestriels solides, portés par le même duo de moteurs : l’intelligence artificielle (IA) et

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Fin avril 2024, deux des plus grandes capitalisations technologiques de la planète ont rassuré Wall Street d’un même mouvement. Alphabet, la maison mère de Google, et Microsoft ont publié des résultats trimestriels solides, portés par le même duo de moteurs : l’intelligence artificielle (IA) et l’informatique en nuage (le cloud). Réaction immédiate des marchés : l’action d’Alphabet a bondi de plus de 11 % dans les échanges qui ont suivi la clôture, et celle de Microsoft a gagné environ 4 %. Le contraste avec Meta, dont les résultats en demi-teinte avaient effrayé les investisseurs la veille, n’en a été que plus net.

Voici ce qui s’est joué exactement, pourquoi ces deux géants ont convaincu, et ce que cet épisode révèle de la bataille industrielle autour de l’IA.

À retenir

  • Alphabet a vu son action grimper de plus de 11 % après la clôture, sur fond de résultats trimestriels jugés rassurants par Wall Street.
  • Microsoft a progressé d’environ 4 %, l’entreprise attribuant sa performance à ses investissements dans l’IA et le cloud.
  • Quelques jours plus tôt, Meta avait fait l’inverse : des perspectives décevantes ont fait chuter son action et entraîné d’autres valeurs technologiques.
  • Le fil conducteur : l’IA n’est plus une promesse de laboratoire, elle commence à se lire dans les comptes, surtout via le cloud.

Alphabet rassure Wall Street

Mercredi soir, c’est Meta qui avait donné le ton — et pas le bon. Les résultats en demi-teinte du groupe de Mark Zuckerberg ont effrayé les marchés, son action s’est effondrée et a entraîné dans sa chute d’autres valeurs technologiques. Dans ce climat tendu, la publication d’Alphabet le lendemain était attendue avec une certaine nervosité.

Le soulagement a été spectaculaire. L’action d’Alphabet a grimpé de plus de 11 % dans les échanges après la fermeture des marchés financiers. Le message envoyé par la société : ses investissements dans l’intelligence artificielle contribuent directement à la hausse de ses revenus, en particulier dans le cloud. Autrement dit, l’argent dépensé pour les modèles, les puces et les centres de données ne se contente plus de creuser les coûts — il commence à nourrir le chiffre d’affaires.

Pour un groupe dont le cœur de métier reste la publicité liée à la recherche, c’est un signal important : la diversification vers les services cloud, dopés par l’IA, est perçue comme un relais de croissance crédible.

Microsoft confirme la tendance

Quelques heures plus tard, Microsoft a confirmé la dynamique. À la suite de la publication de ses résultats trimestriels, l’action de l’entreprise a progressé d’environ 4 %, de quoi satisfaire largement les investisseurs. Le groupe de Redmond a attribué cette performance à ses investissements dans l’IA et le cloud.

Ces deux piliers se renforcent mutuellement : l’IA donne de nouvelles raisons d’utiliser le cloud, et le cloud fournit la puissance de calcul sans laquelle l’IA générative ne tournerait pas. Microsoft, qui a noué un partenariat de premier plan avec OpenAI, a fait de cette combinaison l’un des axes centraux de sa stratégie, en intégrant des assistants intelligents dans une large partie de ses produits — du moteur de recherche à la suite bureautique. Cette logique d’intégration n’a fait que s’étendre depuis, comme l’illustre la stratégie matérielle du groupe avec sa nouvelle gamme d’ordinateurs pensés pour l’intelligence artificielle.

Pourquoi le cloud est le vrai moteur

Si l’on retient une seule clé de lecture de ce trimestre, c’est celle-ci : le cloud est devenu le canal par lequel l’IA se transforme en revenus. L’intelligence artificielle est un domaine en plein essor qui occupe une place de plus en plus importante dans l’activité des entreprises technologiques, et Alphabet comme Microsoft en exploitent le potentiel pour stimuler leur croissance.

Concrètement, intégrer l’IA dans le cloud permet de proposer aux clients des solutions avancées et personnalisées : reconnaissance vocale, traduction automatique, analyse de grands volumes de données, anticipation de comportements. Autant de fonctionnalités qui améliorent l’expérience utilisateur et ouvrent de nouvelles opportunités commerciales. Pour les fournisseurs de cloud, chaque service d’IA supplémentaire, c’est une raison de plus pour les entreprises clientes de consommer davantage de puissance de calcul.

Cette mécanique explique pourquoi les marchés scrutent désormais la croissance des divisions cloud presque autant que celle de la publicité ou des licences logicielles. La même logique s’est retrouvée chez d’autres géants : Amazon a, lui aussi, vu ses bénéfices grimper grâce à l’IA et à l’informatique en nuage.

Ce que disent ces résultats de la confiance des marchés

L’ascension simultanée d’Alphabet et de Microsoft reflète la confiance que les investisseurs accordent au tandem IA-cloud. Ces technologies offrent aux entreprises un avantage concurrentiel : innover plus vite, améliorer leur productivité, créer de nouveaux marchés. Les sommes massives engagées par les deux groupes témoignent de leur conviction quant au potentiel de l’IA, et leurs résultats financiers viennent, ce trimestre-là, donner raison à ce pari.

Il faut toutefois lire ce mouvement avec nuance. La confiance des marchés dans l’IA n’est pas inconditionnelle. Le coût de cette course — puces dernier cri, électricité, centres de données — est colossal, et certains investisseurs s’inquiètent de voir les dépenses grimper plus vite que les revenus qu’elles génèrent. Cette tension, bien réelle, alimente un débat de fond sur le prix élevé de l’intelligence artificielle malgré ses performances. La leçon du trimestre n’est donc pas que l’IA est gratuite, mais qu’elle peut, quand elle est bien adossée au cloud, déjà rapporter.

Les enjeux et les suites

Au-delà du chiffre d’un jour de Bourse, cet épisode illustre une bascule de fond. L’IA générative est passée du statut de curiosité technologique à celui de ligne stratégique majeure pour les plus grandes entreprises du monde. Le cloud lui sert d’infrastructure et de modèle économique : on loue de la puissance de calcul et des services intelligents à la demande, plutôt que de vendre un produit unique.

Cette dynamique nourrit une compétition intense entre les géants. Chacun cherche à imposer ses propres modèles et à les diffuser le plus largement possible, à l’image de la stratégie d’ouverture de Meta, qui intègre l’IA dans l’ensemble de ses applications avec Llama 3. La concurrence ne se joue pas seulement sur la performance des modèles, mais aussi sur leur intégration dans des produits du quotidien et sur la capacité à les rentabiliser.

Pour l’internaute comme pour l’entreprise cliente, le principal effet est invisible mais concret : de plus en plus de services qu’on utilise tous les jours — recherche, messagerie, bureautique, e-commerce — embarquent désormais une couche d’intelligence artificielle hébergée dans le cloud. Les bons résultats d’Alphabet et de Microsoft fin avril 2024 ont surtout confirmé une chose : ce mouvement est désormais central dans la stratégie et dans les comptes des géants de la tech, et il ne fait que commencer.

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