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Les enseignements de Xabi Alonso selon Philipp Lahm : un regard sur Benitez, Mourinho et Guardiola

Quand Philipp Lahm parle de Xabi Alonso, ce n'est pas un journaliste qui commente de l'extérieur : c'est un ancien coéquipier, capitaine du Bayern Munich et champion du monde 2014, qui a partagé un vestiaire avec lui. Selon Lahm, l'Espagnol est devenu l'un des entraîneurs les plus convaincants de

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découvrez les enseignements de xabi alonso selon philipp lahm, offrant un regard unique sur benitez, mourinho et guardiola.
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Quand Philipp Lahm parle de Xabi Alonso, ce n'est pas un journaliste qui commente de l'extérieur : c'est un ancien coéquipier, capitaine du Bayern Munich et champion du monde 2014, qui a partagé un vestiaire avec lui. Selon Lahm, l'Espagnol est devenu l'un des entraîneurs les plus convaincants de Bundesliga, et la clé de cette réussite tient en grande partie à ce qu'Alonso a observé, comme joueur, auprès de trois maîtres très différents : Rafael Benítez, José Mourinho et Pep Guardiola. Voici ce que ce regard nous apprend.

Qui est Xabi Alonso, le joueur devenu entraîneur

Avant d'être un coach respecté, Xabi Alonso a été un milieu de terrain de tout premier plan. Passé par la Real Sociedad, Liverpool, le Real Madrid puis le Bayern Munich, il a remporté à peu près tout ce qu'un joueur peut espérer gagner en club, et il a soulevé la Coupe du monde et l'Euro avec l'Espagne.

Ce parcours a une conséquence simple mais essentielle : Alonso n'a pas appris la tactique dans les livres, il l'a vécue de l'intérieur, au poste de relayeur, là où l'on ressent le mieux l'équilibre d'une équipe. Lahm insiste sur ce point. Avoir joué au plus haut niveau, sous la direction d'entraîneurs aux philosophies opposées, lui a donné une vision du jeu qui irrigue aujourd'hui son travail sur le banc.

Trois écoles : Benítez, Mourinho, Guardiola

L'analyse de Lahm met en lumière deux familles d'idées que Xabi Alonso a côtoyées et dont il a su faire la synthèse.

Benítez et Mourinho : contrôler et punir

Avec Benítez à Liverpool, puis Mourinho au Real Madrid, Alonso a évolué dans un football d'organisation défensive. L'idée maîtresse : fermer les espaces, rendre son équipe difficile à manœuvrer, puis frapper au moment de la récupération du ballon. La contre-attaque y devient une arme, et chaque transition compte. C'est un football de discipline, de blocs et d'opportunité, où l'on cherche à punir l'adversaire quand il s'expose.

Guardiola : dominer par la possession

Au Bayern Munich, Alonso a découvert un autre univers avec Pep Guardiola. Ici, on garde le ballon haut, dans la moitié de terrain adverse, et l'on cherche à étouffer l'adversaire par la maîtrise plutôt que par la réaction. Lahm le souligne : cette approche exige un niveau d'organisation encore plus élevé, car dominer la possession suppose des automatismes, un positionnement millimétré et une lecture permanente du jeu. La longévité de Guardiola au plus haut niveau illustre à quel point cette philosophie, exigeante, peut devenir une marque de fabrique.

Entre ces deux pôles, Alonso ne copie personne. Il puise dans les deux écoles : la rigueur défensive de l'une, l'ambition offensive de l'autre. C'est cette capacité à combiner les contraires qui, aux yeux de Lahm, fait sa singularité.

Ce qu'Alonso transmet à ses joueurs

La tactique ne suffit pas. Lahm met en avant une autre force d'Alonso : sa capacité à donner confiance. À Leverkusen, plusieurs joueurs ont franchi un cap décisif sous sa direction.

Florian Wirtz, déjà très prometteur, s'est épanoui pour devenir un meneur offensif de tout premier plan. Jonathan Tah, repéré très jeune comme un défenseur d'avenir, avait connu une période plus difficile avant de retrouver son meilleur niveau au contact d'Alonso. Le message est clair : un bon entraîneur ne se contente pas d'organiser, il révèle. En installant un climat de confiance, Alonso a permis à ses joueurs d'exprimer pleinement leur potentiel.

Le talent ouvre une porte ; la confiance d'un entraîneur aide à la franchir. C'est sur ce terrain qu'Alonso a fait la différence à Leverkusen.

Leverkusen, l'exploit et le débat sur la Bundesliga

Le fait marquant est connu : Leverkusen a mis fin à la longue série de titres consécutifs du Bayern Munich en Bundesliga. Un renversement rare, qui a placé Alonso sous les projecteurs du football européen.

Lahm, lui, ajoute une nuance honnête. Il compare ce succès à celui de Leicester, champion surprise de Premier League en 2016, et estime que la Bundesliga manque de concurrence au tout premier plan. Autrement dit, l'exploit de Leverkusen est immense, mais il s'inscrit dans un championnat dont le sommet est moins disputé que celui des grands championnats anglais ou espagnol.

Pour autant, Lahm ne dévalorise pas le football allemand. Il en rappelle les qualités : l'intensité, la passion et la combativité des équipes. Son point est plus précis : pour un joueur qui vise le statut de classe mondiale, la Bundesliga n'offrirait pas tout à fait les mêmes opportunités que la Premier League ou la Liga. Un constat qui éclaire, en creux, les choix de carrière de nombreux talents formés ou révélés en Allemagne.

À retenir

  • Une école de la synthèse : Alonso a appris la rigueur défensive avec Benítez et Mourinho, l'art de la possession avec Guardiola, et combine les deux à sa façon.
  • Un coach qui révèle : la confiance transmise à ses joueurs, de Wirtz à Tah, est au cœur de la réussite de Leverkusen.
  • Un exploit nuancé : mettre fin au règne du Bayern reste un fait majeur, même si Lahm rappelle les limites de la concurrence au sommet de la Bundesliga.

Le regard de Philipp Lahm sur Xabi Alonso dit donc deux choses à la fois. D'abord, qu'un grand entraîneur se nourrit de ses années de joueur et des maîtres qu'il a côtoyés, sans jamais les imiter servilement. Ensuite, qu'un exploit, aussi spectaculaire soit-il, mérite d'être lu dans son contexte. Pour prolonger, on peut s'intéresser à la manière dont Guardiola admire d'autres techniciens audacieux, signe que les grands coachs ne cessent jamais d'apprendre les uns des autres, ou à la relation que Mourinho entretient avec certains de ses anciens joueurs, autre illustration de l'empreinte durable d'un entraîneur sur une carrière.

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