Après sa défaite par KO et l’annulation de son combat à l’UFC 301, William Gomis témoigne : « J’ai frôlé la mort »
Le combattant français William Gomis devait livrer un combat lors de l’UFC 301, au Brésil. Il n’est jamais monté dans l’octogone. Victime d’un grave malaise pendant la préparation du poids, il a vu son combat annulé pour raisons médicales. Dans une vidéo publiée ensuite sur ses réseaux, le poids

Le combattant français William Gomis devait livrer un combat lors de l’UFC 301, au Brésil. Il n’est jamais monté dans l’octogone. Victime d’un grave malaise pendant la préparation du poids, il a vu son combat annulé pour raisons médicales. Dans une vidéo publiée ensuite sur ses réseaux, le poids plume tricolore a livré un témoignage qui a fait le tour du milieu : il dit avoir « frôlé la mort ». Voici ce qui s’est réellement passé, et pourquoi cette histoire dépasse le simple fait divers sportif.
Ce qui s’est passé avant l’UFC 301
William Gomis évolue chez les poids plumes de l’UFC, la plus grande organisation d’arts martiaux mixtes (MMA) au monde. Comme tous les combattants, il doit atteindre un poids précis le jour de la pesée officielle, la veille du gala. C’est cette phase, appelée le « cutting » (ou découpe de poids), qui a tout fait basculer.
D’après son propre récit, la perte de poids à réaliser était pourtant modeste : environ deux kilos seulement. Mais pendant ce processus, il a ressenti des douleurs au ventre qui se sont rapidement aggravées. Quand il a tenté de se réhydrater, son corps a tout rejeté : il s’est mis à vomir et n’arrivait plus à garder la moindre gorgée d’eau.
Gomis pointe une cause inattendue : avoir bu de l’eau du robinet au Brésil, ce qui aurait déclenché des troubles digestifs. Sur place, son organisme déjà fragilisé par la découpe de poids n’a pas supporté. Le combat, lui, a été annulé pour des raisons médicales liées à cet épisode.
Le « cutting » : pourquoi cette pratique est-elle si risquée ?
Pour comprendre ce témoignage, il faut comprendre le cutting. À l’approche de la pesée, beaucoup de combattants de MMA et de boxe se déshydratent volontairement pour faire descendre l’aiguille de la balance : sauna, sudation forcée, restriction d’eau et de sel. Une fois pesés, ils se réhydratent et reprennent une partie du poids perdu avant le combat.
Le problème, c’est que cette déshydratation extrême pousse le corps dans ses retranchements. Une mauvaise gestion peut entraîner crampes, vertiges, malaises, voire des complications graves. Le détail qui frappe dans le cas de Gomis, c’est justement que sa découpe était faible — environ deux kilos. Ce n’est donc pas l’ampleur de l’effort qui l’a mis en danger, mais la combinaison d’un facteur extérieur (l’eau contaminée) avec un organisme déjà sous tension. C’est exactement ce qui rend ce genre d’incident imprévisible.
« J’ai vu la mort » : un témoignage qui interpelle
Le passage le plus marquant de sa vidéo concerne sa réaction face au danger. Malgré des signaux clairs d’alerte, William Gomis a d’abord refusé que son manager appelle les médecins. Le combattant, focalisé sur l’idée de monter quand même dans la cage, voulait encore croire qu’il pouvait combattre.
C’est finalement son manager qui a tranché et fait venir les secours médicaux. Une décision que Gomis présente comme potentiellement salvatrice. Dans son récit, il dit avoir « vu la mort » et reconnaît avec recul à quel point son acharnement à vouloir combattre était dangereux.
Il exprime sa gratitude d’être encore là et admet que sa volonté de combattre à tout prix, malgré les signes de danger, aurait pu lui coûter cher.
Cette lucidité est ce qui donne au témoignage sa force. Plutôt que de minimiser, le combattant assume publiquement une erreur de jugement — celle de vouloir ignorer son corps — et remercie son entourage de l’avoir protégé de lui-même.
Les enjeux : la santé des combattants en question
Au-delà du cas personnel, l’épisode rouvre un débat récurrent dans les sports de combat : celui de la sécurité autour des pesées. La culture de la performance pousse les athlètes à repousser les limites, parfois au mépris des signaux d’alarme. L’entourage — manager, coach, équipe médicale — joue alors un rôle décisif, comme l’illustre la décision du manager de Gomis.
Le message que le combattant français martèle est simple : la santé doit primer sur la compétition, même quand l’adrénaline et l’ambition disent le contraire. Un rappel utile dans un milieu où la résilience est valorisée, parfois jusqu’à l’excès. Dans le sport de haut niveau, savoir reconnaître la responsabilité d’un échec ou d’un renoncement n’a rien d’une faiblesse : on l’a vu ailleurs, par exemple quand Kyrie Irving a assumé sa part de responsabilité après une défaite.
Et après ? Une déception sportive de plus
Sur le plan strictement sportif, l’annulation est une frustration de taille. Gomis était prêt à en découdre, et ce rendez-vous manqué s’ajoute à une défaite précédente par KO. Deux coups durs rapprochés, dans une carrière où chaque combat compte pour grimper dans la hiérarchie de la catégorie.
Le combattant se veut pourtant optimiste et déterminé à poursuivre l’aventure à l’UFC. Il insiste aussi sur l’importance du soutien de ses fans dans les moments difficiles. Une posture que l’on retrouve souvent chez les athlètes qui transforment un revers en motivation, à l’image de la détermination affichée par Kylian Mbappé après une étape franchie avec le PSG.
À retenir
- Le fait : William Gomis n’a pas pu combattre à l’UFC 301 ; son combat a été annulé pour raisons médicales après un grave malaise.
- La cause : un problème survenu pendant sa découpe de poids (environ deux kilos), aggravé par de l’eau du robinet bue au Brésil, provoquant vomissements et impossibilité de se réhydrater.
- Le moment clé : il a d’abord refusé les médecins ; c’est son manager qui les a fait intervenir, une décision qu’il juge potentiellement salvatrice.
- Le sens : un rappel sur les dangers du cutting et sur la priorité absolue à donner à la santé, même dans un sport de combat.
L’histoire de William Gomis n’est pas seulement celle d’un combat manqué. C’est celle d’un athlète qui, en racontant sa propre peur, met le doigt sur une réalité souvent passée sous silence : derrière le spectacle des sports de combat, il y a des corps poussés à l’extrême et des décisions de quelques minutes qui peuvent tout changer.
À lire aussi
Pouvoir d’achat : pourquoi l’inflation ralentit mais que tout semble encore cher
« L’inflation baisse », entend-on. Pourtant, à la caisse, l’addition reste salée. Ce paradoxe a une explication simple, souvent mal comprise : ralentissement de l’inflation ne veut pas dire baisse des prix. Décryptage, et pistes concrètes pour reprendre la main sur son budget.
Canicules à répétition : pourquoi les étés deviennent de plus en plus extrêmes
Vagues de chaleur plus fréquentes, plus précoces, plus intenses : les étés changent de visage. Décryptage des mécanismes en jeu — réchauffement climatique, dômes de chaleur, îlots urbains — et de la façon dont villes et habitants tentent de s’adapter.
Ozan Kabak forfait pour l’Euro suite à sa rupture du ligament croisé du genou droit
Sale coup pour la Turquie à l’approche de l’Euro. Ozan Kabak, défenseur central, doit déclarer forfait après une rupture du ligament croisé du genou droit. Touché lors du nul amical contre l’Italie (0-0), il a quitté la pelouse sur civière. Verdict sans appel : fin de tournoi avant même le coup



