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Atos reçoit quatre propositions de sauvetage mais en rejette une

Le sauvetage d’Atos vient de franchir une étape décisive. Le géant français des services informatiques, asphyxié par une dette colossale, a reçu quatre propositions de restructuration. Réunis dimanche soir, son conseil d’administration et la conciliatrice Hélène Bourbouloux en ont

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Atos reçoit quatre propositions de sauvetage mais en rejette une
Atos reçoit quatre propositions de sauvetage mais en rejette une

Le sauvetage d’Atos vient de franchir une étape décisive. Le géant français des services informatiques, asphyxié par une dette colossale, a reçu quatre propositions de restructuration. Réunis dimanche soir, son conseil d’administration et la conciliatrice Hélène Bourbouloux en ont aussitôt écarté une, celle du fonds américain Bain Capital, jugée trop incomplète. Restent trois offres concurrentes, désormais à l’étude. Voici ce qu’elles prévoient, pourquoi l’une a été recalée, et ce qui attend l’entreprise et ses actionnaires dans les prochaines semaines.

Ce qui vient de se passer

À l’issue d’un conseil d’administration tenu dimanche soir, Atos a validé la poursuite de l’examen de trois offres de sauvetage sur les quatre déposées. La quatrième, présentée par le fonds de private equity américain Bain Capital, a été immédiatement rejetée.

Le motif est clair : selon plusieurs sources, Bain se serait contenté d’une lettre de quelques pages, proposant de reprendre certains actifs disponibles, sans mentionner ni prix ni véritable solution financière. Or Atos a fixé un cap : tout plan retenu doit traiter l’ensemble de son périmètre, et non en disséquer les seuls morceaux les plus appétissants. Une offre partielle ne pouvait pas répondre à cet objectif.

Les trois propositions restantes émanent d’acteurs très différents, ce qui dit beaucoup de l’intérêt — et des appétits — que suscite le groupe malgré ses difficultés.

Les trois offres encore en lice

Les prétendants ne défendent pas la même vision, et surtout pas le même traitement de la dette. C’est précisément là que se joue la bataille.

David Layani (OnePoint) et Butler Industries

Premier actionnaire d’Atos, David Layani, patron de OnePoint, s’est associé à Butler Industries. Son offre s’aligne sur le dernier scénario proposé par le groupe lui-même, soit une réduction de dette de l’ordre de 3,2 milliards d’euros. Une position qu’il estime assez proche de celle des porteurs obligataires et des banques.

Daniel Kretinsky et le fonds Attestor

Le tandem formé par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky et le fonds alternatif Attestor avance, lui, la proposition la plus radicale sur la dette : effacer environ 4 milliards d’euros sur les 4,8 milliards que doit le groupe. Un coup de gomme massif, qui en dit long sur l’ampleur du redressement à mener.

Les banques et les créanciers obligataires

Troisième voie : l’alliance, nouvelle, entre les banques et les créanciers obligataires. Ces derniers se montrent les plus prudents. Ils ne se caleraient même pas sur le premier scénario envisagé par Atos, qui prévoyait une réduction de dette de 2,4 milliards d’euros. Logique : ce sont eux qui détiennent les créances, et ils défendent d’abord leurs intérêts.

Pourquoi l’État veille au grain

Au-delà des chiffres, un acteur pèse en coulisses : l’État français. Atos n’est pas une entreprise comme les autres. Le groupe abrite des activités stratégiques — notamment des supercalculateurs et des systèmes liés à la défense et au nucléaire — considérées comme des actifs souverains que Paris entend protéger.

Les trois offres encore en lice seraient compatibles avec la lettre d’intention de l’État visant à sécuriser ces activités sensibles. Cette exigence explique en partie pourquoi une reprise partielle, à la découpe, comme celle suggérée par Bain, était difficilement acceptable.

Ce que cela change pour les actionnaires

Pour les actionnaires actuels, la note risque d’être salée. Atos prévient lui-même que la solution retenue entraînera probablement des changements importants dans sa structure de capital. Concrètement : une augmentation de capital à venir et, par conséquent, une dilution significative des actionnaires existants.

En clair, quel que soit le repreneur, ceux qui détiennent aujourd’hui des actions Atos verront leur part du gâteau fortement réduite. C’est le prix souvent payé lorsqu’une entreprise lourdement endettée doit faire entrer de nouveaux capitaux pour survivre.

Le calendrier à surveiller

Atos a donné jusqu’au 31 mai à toutes les parties concernées pour parvenir à un accord de sauvetage. D’ici là, les trois offres doivent être affinées, négociées et, idéalement, rapprochées pour aboutir à un plan crédible et finançable.

Le choix final ne dépendra pas seulement du montant de dette effacé. Il devra aussi tenir compte des objectifs stratégiques du groupe, de la protection des activités souveraines et de la vision à long terme du repreneur. Autant dire que les semaines à venir s’annoncent décisives.

À retenir

  • Atos a reçu quatre offres de sauvetage et en a rejeté une, celle de Bain Capital, jugée trop partielle et sans engagement financier clair.
  • Trois propositions restent en lice : David Layani (OnePoint) avec Butler Industries, Daniel Kretinsky avec Attestor, et l’alliance banques + créanciers obligataires.
  • Elles divergent surtout sur l’ampleur de la réduction de dette (d’environ 2,4 à 4 milliards d’euros sur une dette proche de 4,8 milliards).
  • Toutes seraient compatibles avec la volonté de l’État de protéger les actifs souverains du groupe.
  • Une forte dilution des actionnaires actuels est attendue. Échéance fixée au 31 mai.

Pour aller plus loin

Cette séquence s’inscrit dans un long feuilleton financier. Pour comprendre comment on en est arrivé là et ce qui s’est joué ensuite, plusieurs épisodes méritent le détour. On a d’abord vu la lutte pour le contrôle d’Atos s’engager entre les différents prétendants, sur fond de dette devenue ingérable. La position des prêteurs a vite pesé : les créanciers se sont dits prêts à financer intégralement le sauvetage, tandis que les banques pressaient le groupe à l’approche de l’heure de vérité. La suite a confirmé les tensions, puisque Walter Butler a fini par rejeter l’offre de Daniel Kretinsky.

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