Aller au contenu

Philippe Saint-André donne sa réponse à Bernard Laporte après son passage en tant que manager à Montpellier

Philippe Saint-André a répondu publiquement à Bernard Laporte après les critiques sévères de ce dernier sur son passage comme manager du Montpellier Hérault Rugby. Sa réponse, livrée à l'antenne, tient en une formule : être traité d'« escroc » par Bernard Laporte, c'est presque un compliment.

6 min de lecture
Partager
philippe saint-andré donne sa réponse à bernard laporte suite à son expérience en tant que manager à montpellier, ses révélations sur l'envers du décor et ses perspectives d'avenir.
philippe saint-andré donne sa réponse à bernard laporte suite à son expérience en tant que manager à montpellier, ses révélations sur l'envers du décor et ses perspectives d'avenir.

Philippe Saint-André a répondu publiquement à Bernard Laporte après les critiques sévères de ce dernier sur son passage comme manager du Montpellier Hérault Rugby. Sa réponse, livrée à l'antenne, tient en une formule : être traité d'« escroc » par Bernard Laporte, c'est presque un compliment. Derrière la passe d'armes, c'est tout un climat de tensions du rugby français qui se donne à voir. Voici de quoi il s'agit, ce que chacun a dit, et pourquoi cet échange a fait autant de bruit.

Qui sont les deux protagonistes

Pour comprendre la portée de l'échange, il faut situer les deux hommes. Ce ne sont pas des inconnus du rugby français : ce sont deux poids lourds, chacun avec un long parcours d'entraîneur et de dirigeant.

Philippe Saint-André, surnommé « le Goret », est un ancien ailier international devenu l'un des managers les plus expérimentés de l'Hexagone. Avant de passer par Montpellier, il a notamment conduit le RC Toulon, sélectionné le XV de France, et bâti une réputation de manager capable de structurer un club sur la durée. Son passage à la tête du club héraultais s'inscrit dans cette longue carrière.

Bernard Laporte, lui, a porté plusieurs casquettes : entraîneur à succès du Stade toulonnais, sélectionneur du XV de France, secrétaire d'État aux Sports, puis président de la Fédération française de rugby. C'est cette stature institutionnelle qui donne du poids à ses déclarations — et qui explique aussi pourquoi Saint-André a tenu à répondre.

Ce qu'a déclaré Bernard Laporte

Le point de départ est une interview accordée par Bernard Laporte au quotidien Midi Libre. Dans cet entretien, il porte un jugement très dur sur la gestion du Montpellier Hérault Rugby. Selon lui, l'équipe est déséquilibrée : une masse salariale qu'il juge trop lourde et une dépendance excessive à quelques joueurs clés.

Le mot qui a mis le feu aux poudres, c'est celui d'« escroquerie », employé pour qualifier le travail accompli. Une formule frontale, sans détour, qui visait directement le bilan de Philippe Saint-André à la tête du club. Dans un milieu où l'on cultive souvent la prudence dans les mots, l'attaque ne pouvait pas passer inaperçue.

La réponse de Philippe Saint-André

Philippe Saint-André n'a pas tardé à répliquer. Il l'a fait au micro de RMC, dans l'émission Moscato Show. Sa réponse, à la fois ironique et ferme, a marqué les esprits : être qualifié d'escroc par Bernard Laporte relèverait, à ses yeux, davantage du compliment que de l'insulte. Une manière élégante de retourner l'attaque tout en refusant de se laisser déstabiliser.

Au-delà du trait d'esprit, il a défendu sur le fond son travail. Il a rappelé les résultats obtenus avec son staff et ses joueurs pendant son passage au club, et n'a pas éludé un point qu'il assume : le manque de leaders dans l'effectif. Mais il a refusé d'en faire l'unique explication des difficultés du club.

Le départ de joueurs clés

Pour étayer son propos, Saint-André a pointé les choix opérés après son départ, notamment la séparation d'avec plusieurs joueurs qu'il considère comme déterminants. Il a cité des éléments comme Henry Thomas, Tolu Latu et Paolo Garbisi — des cadres dont l'absence pèse, selon lui, sur le rendement de l'équipe.

Le message est clair : la situation d'une équipe ne dépend pas seulement de celui qui l'a dirigée à un moment donné, mais aussi des décisions prises ensuite, en matière de recrutement et de gestion d'effectif. Une mise au point qui resitue les responsabilités dans la durée plutôt que sur une seule période.

Au cœur du problème : la confiance

Saint-André a aussi livré une lecture plus large des difficultés montpelliéraines. Pour lui, le talent est présent dans l'effectif — il y a, dit-il, des joueurs de qualité. Le frein serait ailleurs : un manque de confiance qui pèse sur les performances. Un facteur psychologique souvent décisif dans le sport de haut niveau, où un groupe doué mais fragilisé peut sous-performer durablement.

Dans la même intervention, il a tenu à exprimer son respect pour l'ensemble des acteurs du club : les joueurs, les salariés, le président, les partenaires et les supporters. Une façon de séparer le différend personnel de l'attachement au club, et de souligner son souhait de voir Montpellier se maintenir dans l'élite, le Top 14.

Un appel à la nuance

Le passage le plus argumenté de sa réponse est sans doute son appel à la mesure. Saint-André rappelle que Bernard Laporte a lui-même été considéré comme l'un des meilleurs managers du monde à l'époque où il dirigeait le RC Toulon. Autrement dit : juger un club à un instant T sans tenir compte du contexte, des moyens et des cycles, c'est passer à côté de la réalité d'un sport collectif.

Le raisonnement est limpide. Les difficultés d'une équipe ne peuvent pas être imputées à une seule personne ni à une seule période. Le rugby professionnel est fait de cycles, de budgets, de blessures, de transferts et de dynamiques de groupe. Réduire un bilan à un mot, fût-il fort, c'est ignorer cette complexité.

Ce que révèle cet épisode

Au-delà du face-à-face entre deux personnalités, cette séquence éclaire un trait du rugby français : les passes d'armes médiatiques entre figures du milieu y sont fréquentes, et elles dépassent souvent le simple cadre sportif. Quand un président de fédération critique aussi frontalement un manager, l'écho dépasse largement le terrain.

Elle rappelle aussi à quel point les déclarations publiques pèsent dans ce sport. Une interview, un mot mal choisi, une réplique cinglante : il n'en faut pas plus pour relancer un débat sur la gestion d'un club, le rôle des dirigeants et la part de responsabilité de chacun. Ces tensions ne sont pas propres au rugby — on les retrouve dans d'autres disciplines où les entraîneurs commentent volontiers le travail de leurs pairs, comme le montrent régulièrement les déclarations d'entraîneurs après les grands matchs de Top 14.

À retenir : Bernard Laporte a qualifié d'« escroquerie » le travail de Philippe Saint-André à Montpellier ; ce dernier a répondu, avec ironie, qu'il prenait presque l'attaque comme un compliment, tout en défendant son bilan, en pointant le départ de joueurs clés et en appelant à la nuance.

Questions fréquentes

Quel mot a déclenché la polémique ?

Le terme d'« escroquerie », employé par Bernard Laporte dans une interview au Midi Libre pour qualifier le travail de Philippe Saint-André à la tête de Montpellier.

Comment Saint-André a-t-il répondu ?

Sur RMC, dans le Moscato Show, il a tourné l'attaque en dérision en disant qu'être traité d'escroc par Bernard Laporte tenait du compliment, avant de défendre son bilan et d'appeler à plus de nuance.

Pourquoi cet échange a-t-il eu autant d'écho ?

Parce qu'il oppose deux figures majeures du rugby français — un ancien sélectionneur du XV de France et un président de fédération — sur un sujet sensible : la gestion d'un club du Top 14 et le partage des responsabilités.

Le différend en dit finalement plus sur l'ambiance du rugby professionnel français que sur le seul cas montpelliérain. Comme dans le football, où chaque déclaration de star alimente le feuilleton de la saison — à l'image des prises de parole de joueurs comme Kylian Mbappé — le sport de haut niveau se joue aussi devant les micros. Reste désormais aux observateurs et aux supporters à se faire leur propre opinion : le débat, lui, est loin d'être clos.

#bernard laporte#manager#montpellier#philippe saint-andré

À lire aussi