VivaTech : Les Echos, Make.org et Magic Lemp s’allient pour développer une intelligence artificielle permettant de décrypter l’événement en temps réel
À l'occasion de Viva Technology, le grand salon parisien de l'innovation, trois acteurs très différents ont décidé d'unir leurs forces : le quotidien économique Les Echos , la plateforme de mobilisation citoyenne Make.org et la start-up technologique Magic Lemp . Leur objectif commun : mettre

À l'occasion de Viva Technology, le grand salon parisien de l'innovation, trois acteurs très différents ont décidé d'unir leurs forces : le quotidien économique Les Echos, la plateforme de mobilisation citoyenne Make.org et la start-up technologique Magic Lemp. Leur objectif commun : mettre l'intelligence artificielle au service des visiteurs pour décrypter, presque en temps réel, ce qui se dit et ce qui émerge sur les scènes de l'événement. Concrètement, cette alliance se traduit par plusieurs outils complémentaires — un moteur de recherche des interventions, un analyseur de tendances et un espace d'expérimentation — pensés pour que personne ne rate l'essentiel d'un salon où tout va très vite.
Ce qu'il faut retenir
- Qui ? Les Echos, Make.org et Magic Lemp, trois acteurs aux profils distincts (média, mobilisation citoyenne, start-up tech).
- Quoi ? Un ensemble d'outils d'IA pour suivre et analyser VivaTech au fil de l'eau.
- Pour quoi faire ? Retrouver une déclaration, repérer les grandes tendances et explorer les conférences de façon interactive.
- Le garde-fou ? Un contrôle humain reste assuré pour limiter les erreurs et les hallucinations de l'IA.
Une alliance inhabituelle entre un média, une plateforme citoyenne et une start-up
Ce qui frappe d'abord, c'est la composition de l'attelage. On trouve d'un côté un média économique de référence, de l'autre une plateforme spécialisée dans la consultation citoyenne, et enfin une jeune entreprise technologique. Trois métiers, trois cultures, mais un même constat : un salon comme VivaTech génère une masse d'informations impossible à suivre pour un seul visiteur.
En quelques jours, des centaines d'intervenants se succèdent sur plusieurs scènes en parallèle. Difficile, dans ces conditions, de savoir où regarder et quand. L'idée du partenariat est donc de transformer ce flot de prises de parole en quelque chose de consultable, de filtrable et, surtout, d'exploitable sur le moment. C'est l'une des promesses régulièrement mises en avant autour de ces technologies : aider à gagner en efficacité face à un trop-plein d'informations, plutôt que de remplacer l'humain.
Panoramic : un moteur de recherche des interventions en quasi temps réel
Le premier outil, baptisé Panoramic, est développé par Make.org. Il fonctionne comme un moteur de recherche dédié à l'événement. Le principe est simple : vous posez une question en langage naturel, et la plateforme vous renvoie une réponse rédigée, accompagnée de citations et des extraits vidéo correspondants.
L'intérêt est évident pour un visiteur — ou pour quelqu'un qui suit le salon à distance. Plutôt que de fouiller un programme dense ou de rembobiner des heures de captation, on peut chercher directement ce qu'une personnalité a déclaré sur un sujet précis. Panoramic est pensé pour retrouver les prises de parole des invités présents et rester informé en quasi temps réel.
« Quasi », car il y a un léger décalage assumé. Une équipe d'une dizaine de personnes des équipes techniques de Make.org est mobilisée sur place pendant le salon. Elle veille notamment à la modération des contenus et à la mise à disposition des informations, transmises environ une heure après leur diffusion en direct. Ce délai sert de filtre : il laisse le temps de vérifier avant de publier.
AI Trends : repérer les grandes tendances après le salon
Le deuxième volet, porté par Les Echos, change d'échelle. Baptisé AI Trends, cet outil intervient une fois le rideau tombé : le lendemain de VivaTech, il analyse l'ensemble des conférences et des questions abordées sur les trois jours pour faire ressortir les grandes tendances de l'événement.
L'objectif n'est plus de retrouver une phrase isolée, mais de prendre de la hauteur : détecter les signaux de fond de la tech, les annonces marquantes et les « pépites » du salon, celles qui passent parfois inaperçues sur le moment. C'est une logique de synthèse, là où Panoramic relève de la recherche ponctuelle. Les deux se complètent : l'un pour suivre, l'autre pour comprendre ce qui s'est joué.
AI Studio : explorer les débats de façon plus ludique
Le troisième outil, AI Studio, est le fruit du travail conjoint de Make.org et Magic Lemp. Il mise sur l'interactivité pour rendre les conférences plus vivantes. Au menu : chatbots, cartographies et infographies pour visualiser et manipuler les idées échangées pendant le salon.
L'exemple le plus parlant est sans doute la possibilité de faire dialoguer deux personnages aux opinions et aux profils opposés sur un sujet donné. De quoi mettre en perspective les arguments, plutôt que de se contenter de les recevoir passivement. AI Studio cherche ainsi à valoriser les contenus de VivaTech et à pousser le public à réfléchir à ce qu'il entend, dans un format plus accessible que la simple captation vidéo.
Le contrôle humain pour limiter les erreurs
Reste la question qui accompagne tout projet de ce type : la fiabilité. Les outils génératifs sont connus pour leurs « hallucinations », ces réponses inventées de toutes pièces et formulées avec aplomb. Pour s'en prémunir, ces initiatives restent soumises à un contrôle humain assuré par les équipes de Make.org et de Magic Lemp.
Le risque d'erreur est par ailleurs réduit par la manière dont les outils sont conçus : ils travaillent à partir d'un corpus de données encadré — les interventions réelles du salon — plutôt qu'en puisant librement dans le savoir général d'un grand modèle. En se cantonnant aux contenus vérifiés de l'événement, et en gardant un humain dans la boucle, l'ensemble cherche à conjuguer rapidité et sérieux. Cette préoccupation rejoint une question de fond pour le secteur : comment encadrer l'usage de l'IA dans des métiers où l'exactitude est non négociable.
Pourquoi cette expérimentation compte
Au-delà du salon lui-même, cette collaboration est révélatrice d'un mouvement plus large. Les médias cherchent activement de nouveaux usages éditoriaux de l'IA, comme d'autres groupes de presse l'expérimentent déjà pour repenser leurs activités de production de contenus. Ici, l'IA n'est pas vue comme un remplaçant du journaliste, mais comme un assistant capable de trier, retrouver et résumer une information qui déborde de partout.
Pour le visiteur de VivaTech, le bénéfice est concret : suivre les débats sans s'y noyer, retrouver une déclaration en quelques mots, et repérer ce qui compte vraiment dans le brouhaha d'un grand salon. Ce trio Les Echos – Make.org – Magic Lemp propose, en somme, un terrain d'essai grandeur nature pour une question qui dépasse l'événement : comment l'intelligence artificielle peut aider à mieux comprendre l'actualité, à condition de la garder sous surveillance humaine. Les outils déployés pour VivaTech ne sont qu'un avant-goût des usages qui se généralisent peu à peu dans les rédactions et les organisations.
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