La voix de Scarlett Johansson ne sera pas utilisée pour ChatGPT
En mai 2024, OpenAI a retiré « Sky », l'une des voix de son assistant vocal sur ChatGPT, après que l'actrice américaine Scarlett Johansson a fait part de son trouble : cette voix lui paraissait étrangement proche de la sienne. L'entreprise a suspendu son utilisation, le temps de répondre aux

En mai 2024, OpenAI a retiré « Sky », l'une des voix de son assistant vocal sur ChatGPT, après que l'actrice américaine Scarlett Johansson a fait part de son trouble : cette voix lui paraissait étrangement proche de la sienne. L'entreprise a suspendu son utilisation, le temps de répondre aux interrogations soulevées. Voici ce qui s'est passé, et pourquoi cette affaire dépasse largement le cas d'une simple voix de synthèse.
Ce qui s'est passé, en bref
OpenAI venait de présenter GPT-4o, une version de ChatGPT capable de dialoguer à l'oral de façon plus naturelle, avec plusieurs voix au choix. Parmi elles, « Sky ». Très vite, des utilisateurs et des observateurs ont relevé une ressemblance avec la voix de Scarlett Johansson — une comparaison renforcée par le souvenir du film Her, où l'actrice prête sa voix à une intelligence artificielle.
Face à la polémique, OpenAI a décidé de suspendre l'utilisation de la voix « Sky » et de retravailler la tonalité proposée par ChatGPT. L'entreprise a tenu à préciser un point essentiel : selon elle, « Sky » n'était pas une imitation de la voix de Scarlett Johansson, mais reposait sur la voix d'une autre comédienne professionnelle, recrutée pour ce projet.
La réaction de Scarlett Johansson
L'actrice n'a pas mâché ses mots. Elle a indiqué que Sam Altman, le directeur général d'OpenAI, lui avait proposé de prêter sa voix à l'assistant, une offre qu'elle avait déclinée. En entendant la démonstration publique, elle s'est dite « choquée, en colère et incrédule » tant la voix lui semblait ressembler à la sienne.
Un détail a cristallisé la controverse : au moment de la présentation, Sam Altman avait publié sur le réseau social X un message d'un seul mot, « her » (« elle »). Une allusion limpide au film de Spike Jonze — et, pour beaucoup, le signe d'une ressemblance assumée plutôt que d'un hasard.
Pour l'actrice, ces questions sont d'autant plus sensibles à l'heure des « deepfakes », où la voix et l'image d'une personne peuvent être reproduites sans son accord.
Pourquoi cette affaire compte vraiment
Au-delà du nom d'une star, l'épisode touche un point de bascule de l'intelligence artificielle. Les assistants vocaux deviennent capables d'imiter des intonations humaines avec un réalisme inédit. La question n'est plus seulement technique : à qui appartient une voix ? Et que se passe-t-il quand une machine s'en rapproche au point de prêter à confusion ?
Scarlett Johansson a justement pointé le flou juridique qui entoure ces usages. Elle a appelé de ses vœux une législation claire, capable de protéger l'identité et l'image des individus face à des outils qui savent désormais cloner une voix en quelques secondes. C'est tout l'enjeu : trouver un équilibre entre l'innovation et le respect des droits de chacun.
Les autres voix de ChatGPT
« Sky » n'était pas seule. OpenAI a expliqué avoir collaboré avec des comédiens professionnels pour créer un panel de voix numériques, parmi lesquelles Breeze, Cove, Ember et Juniper. Seule « Sky » a été mise en pause ; les autres sont restées disponibles. L'idée d'OpenAI : proposer plusieurs personnalités vocales sans s'appuyer sur la voix d'une personnalité publique identifiable.
Un contexte déjà tendu pour OpenAI
La polémique tombait à un moment délicat. Elle est survenue peu après l'annonce de la dissolution de l'équipe d'OpenAI chargée d'anticiper les risques d'une IA très avancée, marquée par le départ de l'un des cofondateurs de l'entreprise et du responsable de cette équipe. De quoi alimenter les interrogations sur la place accordée à la sécurité et à l'éthique face à la course à l'innovation.
Cette tension n'est pas propre à OpenAI : elle traverse tout le secteur, où plusieurs acteurs se disputent désormais le terrain des assistants conversationnels. C'est notamment le cas d'Anthropic, qui s'est lancé dans la compétition face à ChatGPT en Europe, signe d'une concurrence de plus en plus vive autour de l'IA générative.
À retenir
- Le fait : OpenAI a suspendu la voix « Sky » de ChatGPT (GPT-4o) après les protestations de Scarlett Johansson.
- La position d'OpenAI : « Sky » ne serait pas une imitation de l'actrice, mais la voix d'une autre comédienne.
- Le grief de l'actrice : elle avait refusé l'offre de Sam Altman, et la ressemblance lui a paru troublante.
- L'enjeu de fond : la protection de la voix et de l'identité à l'ère des deepfakes, et le besoin d'un cadre légal clair.
Questions fréquentes
Scarlett Johansson a-t-elle prêté sa voix à ChatGPT ?
Non. L'actrice a indiqué avoir décliné l'offre de Sam Altman. OpenAI affirme de son côté que la voix « Sky » provenait d'une autre comédienne, et non d'une imitation de Scarlett Johansson.
La voix « Sky » a-t-elle disparu de ChatGPT ?
OpenAI a annoncé en suspendre l'utilisation le temps de répondre aux interrogations. Les autres voix numériques proposées par l'assistant, comme Breeze, Cove, Ember ou Juniper, sont restées disponibles.
Pourquoi le mot « her » a-t-il fait polémique ?
Au moment de la présentation, Sam Altman a publié ce seul mot sur X. C'est le titre du film Her, où Scarlett Johansson incarne une IA. Beaucoup y ont vu une référence assumée à la ressemblance des voix.
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