Sasa Obradovic met la pression sur le Fenerbahçe après l’égalisation en quarts de l’Euroligue
L’AS Monaco a frappé fort. Après s’être incliné lors du premier acte, le club du Rocher a remporté le match 2 des quarts de finale de l’Euroligue face au Fenerbahçe et égalisé dans la série. Au coup de sifflet final, le message de l’entraîneur Sasa Obradovic était limpide : la pression change

L’AS Monaco a frappé fort. Après s’être incliné lors du premier acte, le club du Rocher a remporté le match 2 des quarts de finale de l’Euroligue face au Fenerbahçe et égalisé dans la série. Au coup de sifflet final, le message de l’entraîneur Sasa Obradovic était limpide : la pression change désormais de camp, et c’est à l’équipe turque de la porter. Décryptage d’un succès de caractère et de ce qu’il implique pour la suite.
Ce qu’il faut retenir
- Monaco a remporté le match 2 face au Fenerbahçe et remis la série à égalité.
- Une victoire arrachée dans le money-time, alors que les Monégasques étaient menés de neuf points dans le dernier quart-temps.
- Jordan Loyd a porté l’équipe dans les minutes décisives ; Donatas Motiejunas a apporté ses points dans la raquette.
- Sasa Obradovic renvoie la pression vers Istanbul, où se jouera la suite avec les rôles inversés.
- Côté turc, Sarunas Jasikevicius reconnaît la défaite mais rappelle que la série est encore longue.
Le contexte de la série
En Euroligue, les quarts de finale se disputent au meilleur des cinq matchs : la première équipe à trois victoires file vers le Final Four. Dans ce format, chaque rencontre devient un combat à part entière, où l’avantage du terrain et la fraîcheur physique pèsent autant que le talent. Le Fenerbahçe, solide à domicile, avait pris l’avantage en remportant le premier match. Monaco se retrouvait donc dos au mur : perdre le match 2, c’était se mettre dans une position quasi intenable.
C’est tout le sens de ce succès. En égalisant à une victoire partout, les hommes d’Obradovic ne se contentent pas de rester en vie : ils s’offrent une vraie dynamique avant de basculer dans la phase la plus tendue de la confrontation. La série, désormais relancée, se jouera sur la durée et sur les détails.
Un succès de caractère, pas seulement de tactique
Pour Sasa Obradovic, cette victoire raconte d’abord une histoire de mental. Le Fenerbahçe abordait la rencontre avec la confiance du favori, fort de son premier succès, et a longtemps mené grâce à une adresse parfois insolente. Dans le quatrième quart-temps, Monaco comptait encore neuf points de retard.
Selon l’entraîneur, ce n’était plus alors une question de schémas, mais de cœur et de caractère. Certains joueurs possèdent cet instinct qui fait basculer les fins de match serrées, et Jordan Loyd l’a démontré dans le money-time. Obradovic a aussi salué la marge de progression d’un jeune comme Matthew Strazel, appelé à développer la même mentalité de tueur au fil des saisons.
Dans les fins de match disputées, la défense et le sang-froid font souvent la différence autant que l’adresse au tir.
C’est précisément ce qui a fait la décision : une bataille défensive intense dans les dernières minutes, qui a étouffé l’élan turc au moment où il pouvait faire mal.
Une victoire qui doit tout au collectif
Si Loyd a porté l’estocade, Obradovic a insisté sur la dimension collective du succès. Matthew Strazel et Mam Jaiteh ont signé des moments clés, et Donatas Motiejunas a pesé dans la raquette avec un apport de 18 points. Le message de l’entraîneur est clair : cette victoire reflète un esprit d’équipe, où chacun a tenu son rôle quand il le fallait.
Cette identité collective n’est pas nouvelle pour le club, capable de hauts faits sur la scène européenne. Elle rappelle la grande performance de Monaco à Istanbul analysée par Sasa Obradovic, signe que cette équipe sait répondre présente dans les rendez-vous les plus exigeants.
Cap sur Istanbul : la pression change de camp
La suite se déroulera à Istanbul, et c’est tout l’enjeu du discours d’Obradovic. En égalisant, Monaco a renversé la charge mentale : ce n’est plus le Rocher qui joue sa survie, mais le Fenerbahçe qui doit défendre son rang à domicile. L’entraîneur appelle ses joueurs à rester courageux et à imposer leur jeu, sans se laisser intimider par l’ambiance.
Il attend aussi une réaction de ses cadres, à commencer par un meilleur rendement de Mike James face à Nick Calathes, considéré comme l’un des meilleurs défenseurs du continent. Pour Obradovic, l’essentiel désormais se joue ailleurs que sur le tableau noir : la préparation, la récupération entre les matchs et l’exécution priment. Les masques sont tombés, les deux équipes se connaissent ; il s’agit d’apprendre des deux premiers actes et de mieux faire.
Le point de vue du Fenerbahçe
Côté turc, le ton est mesuré. L’entraîneur Sarunas Jasikevicius a reconnu que Monaco méritait sa victoire, tout en rappelant que la série est encore longue et que son équipe ne doit pas baisser les bras. Selon lui, les prochains matchs se joueront sur des détails, et rien n’est figé. Une lucidité qui en dit long sur l’incertitude d’une confrontation devenue, en un match, totalement ouverte.
Et la suite ?
La qualification pour le Final Four restait donc suspendue aux rencontres suivantes, dans une série promise au suspense. La confrontation entre Monaco et le Fenerbahçe s’est prolongée jusqu’à son terme : pour comprendre comment elle a basculé, retrouvez le récit du match crucial qui a envoyé les deux équipes vers un cinquième acte décisif, puis l’épilogue avec l’élimination de Monaco au terme d’une défaite serrée 79-80.
Au moment de ce match 2, rien de tout cela n’était écrit. Une chose était sûre : en arrachant l’égalisation par le cœur autant que par le jeu, Monaco avait transformé un quart de finale mal embarqué en duel à couteaux tirés. Et envoyé, par la voix de Sasa Obradovic, un message direct au Fenerbahçe : à vous de jouer.
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