Matthieu Udol (FC Metz) envisage un arrêt pour Lucas Hernandez suite à sa blessure
La scène a glacé le Stade Saint-Symphorien : mercredi soir, lors d'un match opposant le FC Metz au Borussia Dortmund, Lucas Hernandez s'est effondré sur une blessure au genou. Une image qui en a rappelé d'autres à Matthieu Udol. Le capitaine messin, lui-même rescapé de plusieurs ruptures des

La scène a glacé le Stade Saint-Symphorien : mercredi soir, lors d'un match opposant le FC Metz au Borussia Dortmund, Lucas Hernandez s'est effondré sur une blessure au genou. Une image qui en a rappelé d'autres à Matthieu Udol. Le capitaine messin, lui-même rescapé de plusieurs ruptures des ligaments croisés, a livré un témoignage sans fard sur ce que traverse un footballeur après ce type de blessure — et sur le moment où l'on se demande s'il faut s'arrêter.
Voici ce qu'a dit Udol, le contexte de ses propres blessures, et pourquoi sa parole pèse autant sur ce sujet.
Ce qui s'est passé sur le terrain
Le genou, encore. Lucas Hernandez a été victime d'une blessure à cette articulation au cours de la rencontre. Au-delà du résultat sportif, c'est le diagnostic redouté de tout joueur : une atteinte ligamentaire peut signifier de longs mois loin des pelouses.
Chez le FC Metz, cette image a immédiatement fait écho à l'histoire personnelle de Matthieu Udol. Le latéral et capitaine du club a connu à plusieurs reprises des ruptures des ligaments croisés du même genou. Difficile, dans ces conditions, de rester insensible à la chute d'un autre joueur.
Le témoignage de Matthieu Udol
Dans une interview accordée à L'Équipe de Greg, sur la chaîne L'Équipe, Udol a partagé son expérience et évoqué la dureté de ce parcours. Son premier message concerne le mental, souvent sous-estimé face à une blessure physique.
« La blessure du ligament croisé demande beaucoup de travail pour pouvoir revenir. Ce n'est jamais simple surtout quand il s'agit de récidive. Cette blessure travaille votre mental. Il faut se fixer des objectifs et prendre le temps de revenir en bonne santé. »
Le capitaine messin sait de quoi il parle. Et il a confié avoir, lui, sérieusement envisagé d'arrêter.
« Dans mon cas personnel, après la quatrième rupture de ligaments, on songe à dire stop car on sait ce qui nous attend. Ce n'est pas rien de se faire opérer autant de fois. »
C'est de ce passage que vient le « arrêt » du titre : l'idée d'un arrêt n'est pas une décision annoncée pour Hernandez, mais le doute très humain qu'Udol partage, lui qui a frôlé la fin après quatre opérations.
Le retour et l'appréhension
Revenir ne suffit pas : il faut réapprendre à jouer sans peur. Udol décrit ce moment particulier où le corps est réparé mais où la tête reste sur ses gardes.
« Les premiers matches ensuite, on a toujours de l'appréhension qu'on oublie assez vite. On retrouve les sensations d'avant et on joue sans crainte. »
Un style de jeu qui change
Autre réalité rarement racontée : on ne revient pas tout à fait le même joueur. Udol l'admet sans détour.
« Avant mes premières blessures, j'étais un latéral encore explosif. J'ai dû changer mon style de jeu, car on revient plus musclé et plus lourd. Au fil du temps, on retrouve les sensations mais ce n'est jamais exactement pareil. »
Combien de temps pour revenir
La durée d'indisponibilité dépend de la gravité de l'atteinte et du nombre de récidives. Le cas d'Udol illustre bien cette variabilité : les premières opérations l'ont éloigné moins longtemps que les suivantes.
« Sur les deux premières opérations, je pouvais être de retour sur le terrain au bout de quatre à cinq mois pour les entraînements, six pour la compétition. Mais pour la troisième et quatrième, cela tournait plus autour de 10 mois pour rejouer. »
Autrement dit, plus les récidives s'accumulent, plus le retour s'allonge. C'est ce qui rend chaque nouvelle blessure de ce type particulièrement inquiétante pour un joueur.
À retenir
- Le fait : Lucas Hernandez s'est blessé au genou lors du match FC Metz - Borussia Dortmund.
- Le témoin : Matthieu Udol, capitaine du FC Metz, a connu plusieurs ruptures des ligaments croisés.
- Son message : ce type de blessure « travaille le mental » ; après sa quatrième rupture, il a lui-même songé à arrêter.
- Le retour : de quatre à six mois sur ses premières opérations, jusqu'à environ dix mois pour les suivantes.
Le poids des blessures dans le football
Le témoignage d'Udol dépasse le seul cas de Lucas Hernandez. Les blessures graves rythment, parfois cruellement, les carrières des sportifs de haut niveau, et chaque indisponibilité peut peser sur tout un collectif. On l'a vu récemment avec l'absence de Benjamin André à Lille après une blessure à la cuisse, ou avec des cas plus lourds comme celui de Sergiño Dest, écarté de longs mois après une rupture des ligaments croisés.
Au-delà du football, le doute de l'arrêt traverse tous les sports : certains athlètes choisissent de renoncer après une épreuve de trop, à l'image de Dustin Poirier, qui a évoqué la retraite après son combat pour le titre. La force du message d'Udol, c'est qu'il connaît ce dilemme de l'intérieur — et qu'il a choisi, à chaque fois, de revenir.
En résumé
La blessure de Lucas Hernandez a touché Matthieu Udol parce qu'elle ravive son propre vécu : plusieurs ruptures, plusieurs opérations, et ce moment où l'on pense sérieusement à tout arrêter. Le capitaine messin ne baisse pas les bras pour autant. Son conseil tient en une idée simple : prendre le temps, se fixer des objectifs et revenir en pleine santé plutôt que dans la précipitation. Une source d'inspiration, et un rappel que derrière chaque blessure, il y a un long travail — physique autant que mental.
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