Une compétition acharnée dans des conditions météorologiques difficiles après une semaine en mer lors de The Transat
Une semaine après le départ de Lorient, The Transat ressemble moins à une régate qu'à un bras de fer avec l'océan. Cap sur New York, les solitaires affrontent une mer « dérangée », des vents instables et les remous du Gulf Stream. En tête de la flotte IMOCA, Yoann Richomme approche de l'arrivée

Une semaine après le départ de Lorient, The Transat ressemble moins à une régate qu'à un bras de fer avec l'océan. Cap sur New York, les solitaires affrontent une mer « dérangée », des vents instables et les remous du Gulf Stream. En tête de la flotte IMOCA, Yoann Richomme approche de l'arrivée sans pouvoir relâcher sa vigilance, tandis qu'en Class40, l'Italien Ambrogio Beccaria fait la course en tête. Voici où en est cette traversée, ce qui la rend si éprouvante et ce qui reste à jouer.
Où en est la course après une semaine en mer
The Transat est l'une des plus anciennes courses transatlantiques en solitaire. Son tracé d'ouest en est, à contre-courant des alizés, en fait l'un des parcours les plus exigeants du calendrier : on ne descend pas vers les tropiques pour trouver du vent portant, on remonte plein ouest, face aux dépressions et aux fronts qui balaient l'Atlantique Nord. C'est précisément ce qui se joue ici depuis le départ.
Partis des côtes bretonnes, les concurrents progressent vers la côte est des États-Unis. Une semaine de mer, c'est déjà beaucoup de fatigue accumulée : sommeil haché, manœuvres à répétition, vigilance permanente. Et la météo n'a rien arrangé.
Vent, courants et mer dérangée
Depuis le départ, les marins évoluent dans des conditions instables et difficiles à anticiper. Maxime Sorel, alors cinquième, décrit une mer « dérangée » et « chaotique » : des vagues croisées, désordonnées, qui rendent chaque trajectoire incertaine. Dans ce type de mer, le bateau « plante » du nez sans prévenir, et il faut sans cesse corriger pour garder de la vitesse sans tout casser.
À cela s'ajoute le Gulf Stream, ce courant chaud qui file vers le nord-est et dont les méandres tourbillonnants compliquent encore la navigation. Bien utilisé, il pousse ; mal négocié, il freine et crée une mer encore plus dure. Trouver le bon angle pour le traverser, c'est une part décisive de la stratégie sur cette fin de parcours.
Pourquoi cette édition est aussi éprouvante
Au-delà du classement, l'enjeu est d'abord de tenir. En course au large en solitaire, l'usure se joue autant dans la tête que dans les jambes : il faut dormir par tranches de vingt minutes, manger entre deux manœuvres, réparer ce qui casse et accepter de ne jamais vraiment se reposer tant que la ligne n'est pas franchie. Les conditions musclées de cette semaine ont mis tout le monde à l'épreuve, des leaders aux poursuivants.
En IMOCA, Yoann Richomme en tête mais sous pression
Leader de la course depuis jeudi, Yoann Richomme se trouve à environ 375 milles de l'arrivée. L'avance est confortable, mais loin d'être définitive : sur la fin d'une transat, un grain mal placé ou un Gulf Stream mal négocié peut rebattre les cartes en quelques heures. Le navigateur reste donc attentif aux écarts, qui ont tendance à se resserrer à l'approche de New York.
Derrière, la bagarre pour le podium est ouverte. Charlie Dalin a cédé sa deuxième place à l'Allemand Boris Herrmann, mais les deux hommes restent très proches l'un de l'autre. Tous deux doivent par ailleurs surveiller la Britannique Samantha Davies, en embuscade. Sur cette flotte de bateaux à foils, les différences se comptent souvent en poignées de milles : autant dire que rien n'est figé.
À retenir : Richomme mène en IMOCA à environ 375 milles du but, devant un duo Herrmann–Dalin au coude-à-coude pour la deuxième place, sous la menace de Samantha Davies. En Class40, Ambrogio Beccaria domine avec encore plus de 1 000 milles à parcourir.
En Class40, Ambrogio Beccaria domine
Dans la catégorie Class40, l'Italien Ambrogio Beccaria conserve une avance significative. Avec encore plus de 1 000 milles nautiques à parcourir avant l'arrivée, il compte une cinquantaine de milles d'avance sur Ian Lipinski et plus de 70 milles sur Fabien Delahaye.
Ces écarts sont confortables, mais loin d'être insurmontables sur une distance pareille. Les Class40, plus petits et sans foils, sont aussi plus dépendants des choix tactiques et des transitions météo : un système qui s'installe au mauvais endroit peut redistribuer les positions. La course de tête se jouera donc sur la régularité autant que sur la vitesse.
Ce qui reste à jouer d'ici New York
Tant que la ligne n'est pas franchie, tout reste ouvert. En IMOCA, l'arrivée approche et la victoire se précise pour Richomme, mais le podium peut encore basculer. En Class40, la majeure partie du parcours est devant les concurrents, et l'avance de Beccaria devra survivre aux dernières dépressions.
Une chose est sûre : cette édition rappelle pourquoi The Transat occupe une place à part dans l'histoire de la voile. Affronter l'Atlantique Nord d'est en ouest, seul à bord, demande du courage, de l'endurance et une stratégie de tous les instants. C'est cette exigence qui fait, course après course, la légende de l'épreuve.
Pour la suite de cette même course, voir le bilan de Charlie Dalin, finalement 4e de The Transat CIC, et ses réactions. Et si l'actualité du sport vous intéresse au-delà de la voile, retrouvez l'abandon de Robert Gesink sur le Giro après une chute dès la première étape ou la qualification de Corentin Moutet pour les Jeux Olympiques.
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