Les éboueurs de la mairie de Paris mettent fin à leur préavis de grève
Bonne nouvelle pour la capitale : les éboueurs de la Ville de Paris ont levé leur préavis de grève. La mairie l'a annoncé un mercredi de mai 2024, au lendemain d'un accord conclu la veille avec les syndicats. Le mouvement, qui menaçait notamment la période des Jeux olympiques, est donc écarté.

Bonne nouvelle pour la capitale : les éboueurs de la Ville de Paris ont levé leur préavis de grève. La mairie l'a annoncé un mercredi de mai 2024, au lendemain d'un accord conclu la veille avec les syndicats. Le mouvement, qui menaçait notamment la période des Jeux olympiques, est donc écarté. Voici ce qui a été décidé, ce que réclamaient les agents, et pourquoi cet accord pesait lourd à quelques semaines de l'ouverture des Jeux.
Ce qu'il faut retenir
- Préavis levé : la mairie de Paris a confirmé la levée du préavis de grève de ses éboueurs après un accord trouvé la veille.
- Le compromis : une revalorisation du régime indemnitaire de 50 euros bruts par mois à partir de juillet 2024, puis 30 euros bruts supplémentaires par mois à compter de janvier 2025.
- Les primes JO maintenues : de 600 à 1 900 euros pour les agents mobilisés, selon l'intensité de la charge de travail.
- L'enjeu : éviter une grève des déchets pendant les Jeux olympiques et paralympiques (26 juillet-11 août 2024).
Un accord trouvé in extremis
Le préavis déposé courait sur plusieurs journées du mois de mai - les 14, 15, 16, 22, 23 et 24 - puis, plus largement, du 1er juillet au 8 septembre. Autrement dit, il enjambait l'intégralité de la séquence olympique. De quoi faire planer le risque d'un amoncellement de déchets dans les rues de Paris au moment précis où la ville accueillait le monde entier.
Selon la mairie, dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, l'accord a été conclu le mardi, permettant d'annoncer dès le lendemain la levée du préavis. La municipalité a salué « l'esprit de responsabilité et l'attachement partagé à la pleine réussite des Jeux olympiques et paralympiques ». La menace d'une capitale paralysée par les déchets s'éloignait ainsi à quelques semaines de la cérémonie d'ouverture.
Ce que prévoit l'accord
Au cœur du compromis : une revalorisation du régime indemnitaire, c'est-à-dire des primes qui s'ajoutent au traitement de base des agents. Concrètement, la mairie a entériné 50 euros bruts par mois à compter de juillet 2024, puis 30 euros bruts par mois supplémentaires à partir de janvier 2025. La municipalité a également indiqué l'ouverture d'un « cycle de discussion sur des sujets plus spécifiques », laissant la porte entrouverte à de futures négociations.
Le dispositif de primes prévu pour les Jeux est resté inchangé : de 600 à 1 900 euros pour les agents mobilisés, le montant variant « en fonction du degré d'intensification de la charge de travail à l'occasion de la préparation, l'organisation et/ou la participation au déroulement » de l'événement.
Repère : qu'est-ce que le régime indemnitaire ?
Dans la fonction publique, la rémunération d'un agent se compose du traitement indiciaire (le salaire de base, lié à la grille) et du régime indemnitaire (les primes et indemnités). Revaloriser ce second volet permet d'augmenter la paie sans toucher directement à la grille indiciaire, encadrée nationalement. C'est ce levier que la Ville de Paris a actionné pour débloquer la situation.
Ce que réclamaient les éboueurs
Le préavis avait été déposé par la CGT FTDNEEA, la filière dédiée au traitement des déchets, au nettoiement, à l'eau, aux égouts et à l'assainissement. Les revendications de départ étaient nettement plus élevées que l'accord finalement signé : le syndicat réclamait une augmentation de 400 euros par mois pour l'ensemble des personnels, ainsi qu'une prime exceptionnelle de 1 900 euros pour tous les agents appelés à travailler pendant les Jeux.
L'écart entre ces demandes et le compromis trouvé illustre la logique d'une négociation de fin de conflit : chaque camp a bougé, sans qu'aucun n'obtienne tout ce qu'il souhaitait. Pour la mairie, l'essentiel était d'écarter le risque d'une grève pendant l'été olympique ; pour les agents, d'acter une revalorisation pérenne plutôt qu'une simple prime ponctuelle.
Pourquoi cet accord pesait lourd
Pour comprendre la portée de cette levée de préavis, il faut se souvenir d'un précédent encore frais dans les mémoires. En mars 2023, la grève des éboueurs parisiens contre la réforme des retraites avait duré plus de trois semaines. Résultat : un amoncellement spectaculaire des ordures dans les rues, avec un pic à plus de 10 000 tonnes de déchets non collectés. Les images de trottoirs encombrés avaient fait le tour des médias.
À l'approche des Jeux, le risque de revoir un tel scénario était difficilement acceptable, tant pour l'image de Paris que pour des raisons sanitaires. La capitale s'était préparée à un afflux massif de visiteurs : un même blocage de la collecte aurait eu des conséquences bien plus visibles encore. Cet été 2024 s'annonçait d'ailleurs hors normes sur le plan logistique, avec de nombreux sites parisiens réquisitionnés pour des festivités exceptionnelles. Sécuriser la propreté de la ville faisait partie des conditions de réussite de l'événement.
Cet épisode rappelle aussi à quel point le métier d'éboueur, longtemps resté dans l'ombre, a gagné en visibilité ces dernières années. La preuve avec le parcours de Ludovic Franceschet, l'éboueur devenu une figure des réseaux sociaux, choisi pour porter la flamme olympique. Derrière l'enjeu salarial, c'est aussi la reconnaissance d'un travail essentiel qui se jouait.
Et après ?
La levée du préavis ne signifie pas que tous les sujets sont clos. La mairie a elle-même annoncé l'ouverture d'un cycle de discussions sur des points plus spécifiques, signe que le dialogue social autour des conditions de travail et de la rémunération des agents de propreté reste actif. La question salariale dans les services publics parisiens demeure par ailleurs un dossier politique sensible, dans une ville où les échéances municipales à venir aiguisaient déjà les ambitions des différents prétendants.
Pour les Parisiens et les visiteurs, l'essentiel était toutefois acquis : la collecte des déchets allait pouvoir se dérouler normalement pendant l'été olympique, sans le spectre des poubelles débordantes. Un soulagement concret, à la hauteur de l'événement que la capitale s'apprêtait à accueillir.
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