Lucille Gicquel explique que la victoire des Bleues est un premier pas vers la confiance
Quand l'équipe de France féminine de volley-ball s'est imposée face à la Bulgarie en Ligue des Nations, Lucille Gicquel n'a pas parlé d'exploit. Elle a parlé d'un point de départ. Pour la pointue des Bleues, cette victoire vaut moins par son résultat que par ce qu'elle déclenche : un premier pas

Quand l'équipe de France féminine de volley-ball s'est imposée face à la Bulgarie en Ligue des Nations, Lucille Gicquel n'a pas parlé d'exploit. Elle a parlé d'un point de départ. Pour la pointue des Bleues, cette victoire vaut moins par son résultat que par ce qu'elle déclenche : un premier pas vers la confiance, ce carburant invisible qu'une équipe jeune doit construire match après match. Voici ce qu'elle a dit, ce que cela révèle du groupe, et pourquoi ce déclic compte plus qu'un simple succès au tableau d'affichage.
Ce qu'a dit Lucille Gicquel
Au coup de sifflet final, le soulagement domine. « On est super contentes, c'est la petite victoire qu'on attendait pour se mettre en confiance », confie Lucille Gicquel. La formule est révélatrice : « la petite victoire ». Pas un sommet, pas une consécration. Un palier nécessaire, attendu, presque réclamé par le groupe pour avancer.
La pointue insiste sur un point qui dépasse le simple décompte des sets : l'identité de l'équipe. « On essaie encore de se trouver dans cette équipe qui a beaucoup de jeunes », explique-t-elle. Derrière cette phrase, il y a tout l'enjeu d'une sélection en construction, qui cherche ses automatismes, ses repères et son tempo collectif.
Gicquel met aussi en avant ce qui se joue loin des projecteurs, dans les vestiaires. « On s'est parlé dans les vestiaires, même avec deux défaites il fallait qu'on garde le fil. On a un super groupe, il faut le prendre comme moteur et qu'on puisse jouer ensemble. » La confiance, dans son discours, n'est pas un état qui tombe du ciel : c'est une décision collective, prise après les revers, pour ne pas lâcher le fil.
Pourquoi cette victoire compte vraiment
Sur le papier, battre la Bulgarie pouvait sembler à la portée des Bleues. Dans les faits, rien n'était écrit. L'adversaire avait pour lui l'expérience, denrée rare et précieuse dans une compétition aussi exigeante que la Ligue des Nations.
C'est l'attaquante Amandha Sylves qui pose le contexte le plus lucide : « On s'est dit qu'on avait rien à perdre, et normalement on devait gagner contre la Bulgarie. Mais elles sont en Ligue des Nations depuis trois ans, sont arrivées à se maintenir malgré toutes leurs défaites, elles avaient plus d'expérience que nous. » Autrement dit, la favorite annoncée affrontait une équipe rodée à la dureté du très haut niveau.
Dans ce contexte, une victoire n'a pas la même valeur selon le moment où elle arrive. Après deux défaites, elle agit comme un déclencheur : elle confirme que le travail paie, qu'un groupe jeune peut tenir tête à plus aguerri que lui, et qu'il existe une marge de progression réelle. C'est cette dynamique, plus que les points marqués, qui transforme un succès isolé en fondation.
Un groupe jeune qui se construit
Le mot revient sans cesse dans la bouche des joueuses : le groupe. La capitaine Leandra Olinga-Andela résume l'état d'esprit après la rencontre : « On y est allées avec joie et détermination, ça fait la différence à la fin. On est très fières de nous, et j'ai hâte d'y retourner ! » L'envie d'y retourner, justement, est sans doute le meilleur indicateur d'une confiance naissante.
Cette énergie collective n'a rien d'anecdotique. Dans les sports d'équipe, la confiance se nourrit autant des résultats que de la qualité des liens entre coéquipières. Une joueuse qui se sent soutenue ose davantage, prend des initiatives, encaisse mieux un point perdu. C'est exactement ce que décrit Gicquel quand elle parle du groupe comme d'un « moteur ».
Trouver l'équilibre entre puissance et lucidité
Côté staff, le sélectionneur Emile Rousseaux fixe le cap technique. « Pour ce groupe, il s'agit de trouver un équilibre entre développer la puissance et la lucidité. Il faut absolument trouver cet équilibre, savoir gérer les ballons difficiles, en le couplant avec la joie et le plaisir. »
Le message est clair : la jeunesse apporte de la fougue et de la puissance, mais c'est la lucidité dans les moments serrés qui fait basculer les matchs de haut niveau. Savoir gérer un ballon compliqué, garder la tête froide sur un point décisif, doser l'agressivité : voilà le chantier. Et il s'accompagne d'une exigence rare dans le discours d'un entraîneur, celle de préserver « la joie et le plaisir ». Comme si la confiance ne pouvait grandir que dans ce climat-là.
À retenir
- La victoire face à la Bulgarie en Ligue des Nations est présentée par les Bleues comme un point de départ, pas un aboutissement.
- Lucille Gicquel y voit « la petite victoire » attendue pour se mettre en confiance dans une équipe encore jeune et en quête de repères.
- L'adversaire, plus expérimenté, rendait ce succès loin d'être acquis, ce qui en renforce la portée.
- Le maître-mot du groupe et du staff : cohésion, lucidité et plaisir, pour transformer un déclic en progression durable.
La confiance, ce fil conducteur du sport de haut niveau
Ce que raconte Lucille Gicquel dépasse le cadre d'un match de volley. La confiance après un premier succès est un ressort universel dans le sport. On la retrouve dans le tennis, où un joueur évoque souvent l'élan d'un premier tour réussi, comme lorsque Carlos Alcaraz exprime sa confiance après sa victoire au premier tour de Roland-Garros. On la retrouve aussi dans le rugby, où l'on mesure à quel point un résultat solide peut souder un collectif, à l'image du moment où Jeremy Davidson se réjouit de la confiance de son équipe après la victoire contre La Rochelle.
Le football féminin offre la même grammaire émotionnelle : la fierté collective comme tremplin, que l'on retrouve quand Sonia Bompastor exprime sa fierté après la victoire de l'OL contre le PSG. Dans chacun de ces cas, le scénario est le même : une victoire devient précieuse non pour ce qu'elle apporte au classement, mais pour ce qu'elle libère dans les têtes.
Pour les Bleues du volley, l'histoire ne fait que commencer. La suite dira si ce premier pas se transforme en marche solide. Mais si l'on en croit l'envie affichée par Olinga-Andela d'« y retourner » et le cap fixé par Rousseaux, le groupe a déjà compris l'essentiel : la confiance ne se décrète pas, elle se gagne, un match après l'autre.
À lire aussi
Pouvoir d’achat : pourquoi l’inflation ralentit mais que tout semble encore cher
« L’inflation baisse », entend-on. Pourtant, à la caisse, l’addition reste salée. Ce paradoxe a une explication simple, souvent mal comprise : ralentissement de l’inflation ne veut pas dire baisse des prix. Décryptage, et pistes concrètes pour reprendre la main sur son budget.
Canicules à répétition : pourquoi les étés deviennent de plus en plus extrêmes
Vagues de chaleur plus fréquentes, plus précoces, plus intenses : les étés changent de visage. Décryptage des mécanismes en jeu — réchauffement climatique, dômes de chaleur, îlots urbains — et de la façon dont villes et habitants tentent de s’adapter.
Ozan Kabak forfait pour l’Euro suite à sa rupture du ligament croisé du genou droit
Sale coup pour la Turquie à l’approche de l’Euro. Ozan Kabak, défenseur central, doit déclarer forfait après une rupture du ligament croisé du genou droit. Touché lors du nul amical contre l’Italie (0-0), il a quitté la pelouse sur civière. Verdict sans appel : fin de tournoi avant même le coup



