Dominic Thiem remporte sa place pour le deuxième tour des qualifications à Roland-Garros
Pour son ultime visite Porte d'Auteuil, Dominic Thiem n'a pas tremblé bien longtemps. L'Autrichien, double finaliste de Roland-Garros, a décroché sa place pour le deuxième tour des qualifications en battant l'Italien Franco Agamenone lundi sur le court Suzanne-Lenglen (3-6, 6-3, 6-2). À 30 ans et

Pour son ultime visite Porte d'Auteuil, Dominic Thiem n'a pas tremblé bien longtemps. L'Autrichien, double finaliste de Roland-Garros, a décroché sa place pour le deuxième tour des qualifications en battant l'Italien Franco Agamenone lundi sur le court Suzanne-Lenglen (3-6, 6-3, 6-2). À 30 ans et désormais 131e mondial, il n'est plus qu'à deux victoires d'une onzième participation d'affilée au grand tableau parisien.
Le résultat en bref
Contraint de passer par les qualifications, Thiem a réussi son entrée en lice après un début de match poussif. Mené 3-0 d'entrée, il a lâché la première manche avant de hausser le ton dans la tête comme dans les jambes. Bilan : une victoire en trois sets et 2h19 de jeu, face à un adversaire pointé à la 228e place mondiale.
À retenir. Dominic Thiem s'impose 3-6, 6-3, 6-2 face à Franco Agamenone. Il rencontrera au tour suivant le Finlandais Otto Virtanen (156e mondial) pour tenter de rejoindre le tableau final.
Un match en deux temps
Le scénario a basculé après la première manche. Le temps de trouver ses repères sur une terre battue qui ne lui réussit plus aussi spontanément qu'avant, l'ancien numéro 3 mondial a retrouvé de la fluidité dans ses déplacements, de la puissance dans ses frappes et de l'inspiration dans ses coups. Au fil des jeux, il a pris l'ascendant, offrant au passage quelques points d'anthologie et même des smashes pleins de hargne, comme pour se libérer pour de bon.
Le tournant ? Son break d'entrée de troisième set, sur un retour mal négocié par Agamenone, qui en a jeté sa raquette de rage à deux reprises. La dynamique était dès lors clairement en faveur de l'Autrichien. Plus irrégulier dans la dernière manche, Thiem est néanmoins resté le plus solide des deux, sauvant deux balles de break dans le dernier jeu avant de conclure sur l'un de ses smashes rageurs. Une bise au public en guise de remerciements, mais pas encore d'au revoir.
Beau geste à signaler : l'Italien s'est offert le point du match d'un « tweener » (frappe entre les jambes) pour passer Thiem, lequel a salué l'audace, pouce levé.
Pourquoi ce match compte autant
Au-delà du simple résultat, ce premier tour avait une saveur particulière. Thiem dispute ici sa dernière campagne Porte d'Auteuil avant de se retirer du circuit en fin d'année. Le public ne s'y est pas trompé : les travées du Suzanne-Lenglen, utilisé pour la première fois dès les qualifications, étaient quasi pleines pour assister à ce qui pouvait être son ultime match à Paris.
Il faut se souvenir de ce que l'Autrichien a représenté sur ce court. Finaliste en 2018 et 2019 face à Rafael Nadal, monté jusqu'à la 3e place mondiale en 2020, vainqueur de l'US Open la même année, Thiem incarnait alors la génération censée prendre la relève des géants. Une blessure au poignet, contractée en 2021, a brisé cet élan : son classement a dévissé et le joueur n'a jamais retrouvé son niveau d'antan. Passer par les qualifications d'un Grand Chelem qu'il a frôlé deux fois résume, à lui seul, le chemin parcouru.
Ce qu'il faut savoir sur les qualifications
Les qualifications de Roland-Garros se jouent sur trois tours, la semaine précédant le tableau principal. Les joueurs et joueuses dont le classement n'autorise pas une entrée directe doivent les franchir pour rejoindre les 128 places du grand tableau. C'est une phase exigeante, souvent négligée du grand public, mais cruciale : elle voit s'affronter des espoirs en quête de leur première grande scène et des anciens cadres venus retrouver le haut niveau.
Cette édition a d'ailleurs été marquée par une forte présence tricolore. Pour mieux suivre les enjeux, on pourra (re)lire notre tour d'horizon des 40 joueurs français à suivre lors des qualifications de Roland-Garros, ainsi que la qualification convaincante de Benjamin Bonzi, qui parlait de son meilleur match de l'année.
Et maintenant ?
Place au deuxième tour, face à Otto Virtanen. Le Finlandais, 156e mondial, n'a encore jamais disputé le tableau final d'un Grand Chelem : un adversaire à la portée de Thiem sur le papier, mais loin d'être anodin dans le contexte d'une fin de carrière où l'émotion peut peser. En cas de victoire, l'Autrichien ne serait plus qu'à un succès d'une onzième présence consécutive dans le tableau principal parisien.
L'enjeu sportif se double d'un enjeu symbolique : offrir au public parisien, et à lui-même, un dernier tour de piste digne de son passé sur cette terre battue. Pour comprendre l'ampleur de l'événement et son organisation, notre article sur les nouvelles initiatives autour du tournoi 2024 dévoilées par Amélie Mauresmo et Gilles Moretton donne le cadre de cette édition.
Une chose est sûre : tant que Thiem gagne, les adieux attendront. Et le public du Suzanne-Lenglen ne demande qu'à prolonger le rendez-vous.
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