Le nouveau bateau de la Coupe de l’America 2024, l’AC 75, a été lancé par l’équipe française
La France a mis à l’eau son AC75 à Barcelone. À trois mois du coup d’envoi de la Coupe de l’America 2024, ce lancement marque l’entrée en phase opérationnelle. Objectif clair : valider le bateau, accélérer la mise au point et se présenter prêt pour la Louis Vuitton Cup, la série qualificative qui

La France a mis à l’eau son AC75 à Barcelone. À trois mois du coup d’envoi de la Coupe de l’America 2024, ce lancement marque l’entrée en phase opérationnelle. Objectif clair : valider le bateau, accélérer la mise au point et se présenter prêt pour la Louis Vuitton Cup, la série qualificative qui décidera qui défiera le tenant du trophée.
Ce qui a été lancé
L’AC75 est un monocoque de 21 mètres… qui “vole”. Grâce à ses plans porteurs, il s’extrait de l’eau, réduit sa traînée et file à des vitesses de course dignes d’un hors-bord. Cap de pointe annoncé : 50 nœuds, soit environ 92 km/h. À ces allures, chaque détail compte : la moindre erreur se paie cash, la moindre amélioration se voit immédiatement.
Ce n’est pas un bateau-clone. La classe AC75 impose un cadre de règles, mais laisse aux équipes une vraie latitude de conception. Carènes, appendices, voiles, systèmes de contrôle : tout se joue dans les marges. Le lancement, c’est donc autant un moment symbolique qu’un jalon technique majeur.
Pourquoi maintenant
Mettre à l’eau à ce stade offre trois bénéfices clés :
- Multiplier les sorties pour fiabiliser chaque système.
- Récolter des données en conditions réelles afin d’ajuster la plateforme.
- Huiler les automatismes d’équipage, du décollage sur foils aux manœuvres à haute vitesse.
Barcelone, théâtre de la 37e édition, devient le laboratoire à ciel ouvert. Tester ici, c’est se caler sur la réalité du plan d’eau qui comptera le jour J.
Programme à venir
La marche à suivre est claire. D’abord, une batterie d’essais pour vérifier la fiabilité et étalonner les performances. Les navigations sous voile démarrent dans la foulée. Puis cap sur une régate préparatoire en août, étape de réglage grandeur nature avant l’entrée dans la Louis Vuitton Cup, programmée fin août.
La règle du jeu est simple : la Louis Vuitton Cup désigne le challenger. La victoire dans cette compétition qualificative permettra au skippeur Kevin Peponnet de porter les couleurs françaises lors de la 37e Coupe de l’America.
Les enjeux sportifs
Gagner en fiabilité et en vitesse, oui. Mais surtout savoir s’en servir sous pression. L’AC75 impose une coordination millimétrée : départs agressifs, virements sur foils, changements de bord sans retomber, lecture fine des risées. La marge d’erreur est infime.
Pour Kevin Peponnet et son groupe, chaque sortie comptera double : pour apprendre le bateau et pour modeler une identité de course claire. Le rythme des départs, l’audace dans les choix, la capacité à rester “en vol” quand la mer se dégrade : c’est là que se gagneront des longueurs gratuites.
Le pari technologique
L’AC75 est un concentré d’ingénierie. Les foils latéraux portent le bateau au-dessus de l’eau ; le gréement, pensé pour l’efficacité aérodynamique, délivre la puissance de manière fine et continue. La gestion de l’assiette et de la hauteur de vol, pilotée à la seconde près, conditionne la vitesse et la sécurité.
Ce lancement ouvre la période des comparaisons silencieuses. On mesure, on observe, on itère. Chaque équipe tente de comprendre son propre potentiel et d’anticiper celui des autres, sans jamais dévoiler plus que nécessaire. Les essais des prochains jours diront si la plateforme française transforme l’essai promis par ses lignes.
Barcelone, terrain de jeu
Barcelone n’est pas un plan d’eau anodin. Brise thermique, mer courte, effet de côte : les ingrédients changent vite. Il faut un bateau rapide mais tolérant, capable de décoller tôt et de rester en vol dans le clapot. Les sessions d’entraînement sur zone serviront autant la technique que la tactique : routes de vitesse, angles porteurs, gestion des transitions.
Repère calendrier
Trois mois, c’est court et long à la fois. Court pour valider des choix structurants. Long si le cycle d’essais est rigoureux : tester, mesurer, corriger, retester. La régate d’août jouera le rôle de révélateur. La Louis Vuitton Cup, elle, donnera le verdict sportif avant la grande finale.
Ce que ça dit de la voile française
Ce lancement s’inscrit dans une dynamique plus large. La voile tricolore multiplie les signaux positifs sur la scène internationale. À lire aussi : les performances de l’équipe française de voile olympique, qui confirment un réservoir de talents et une culture du détail.
Au-delà de la discipline, le fil rouge est le même : des collectifs qui montent en gamme et visent haut. Lire également : l’équipe mixte française qualifiée pour la finale des Mondiaux par équipes. Une boussole commune : l’ambition et la constance.
La suite concrète
Dans les prochains jours, attendez-vous à voir l’AC75 accumuler les sorties, dans des fenêtres météo variées. On validera les procédures de décollage, les manœuvres en configuration course et la tenue du bateau sur des runs longs. Les retours d’expérience nourriront une dernière vague d’ajustements avant le sprint d’août.
Pour vous, suiveurs et passionnés, le bon réflexe : guetter les indices. Vitesse moyenne en vol, propreté des manœuvres, stabilité dans le clapot, sérénité au départ. Si ces cases se cochent rapidement, la France avancera à grand pas vers son objectif.
À retenir
- L’équipe française a lancé à Barcelone son AC75 pour la Coupe de l’America 2024.
- Monocoque volant de 21 m, l’AC75 vise des pointes à 50 nœuds (environ 92 km/h).
- Essais intensifs dès maintenant, régate en août, puis Louis Vuitton Cup fin août.
- Gagner la phase qualificative permettrait à Kevin Peponnet de représenter la France lors de la 37e édition.
Le signal est donné. Le prototype est devenu un bateau de course. Place aux milles, aux manœuvres, aux choix tranchés. La route est courte, mais elle file vite quand on vole.
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