La championne Blandine Pont remporte la médaille d’argent aux Championnats d’Europe et exprime sa satisfaction : « Je me sens enfin à ma place sur le podium »
Blandine Pont a décroché la médaille d’argent aux Championnats d’Europe de judo. Quatre mois seulement après une opération du genou, la judoka française est revenue sur le tatami pour signer sa première médaille en grand championnat. Une finale perdue, mais un cap franchi, et une phrase qui résume

Blandine Pont a décroché la médaille d’argent aux Championnats d’Europe de judo. Quatre mois seulement après une opération du genou, la judoka française est revenue sur le tatami pour signer sa première médaille en grand championnat. Une finale perdue, mais un cap franchi, et une phrase qui résume son état d’esprit : elle se sent enfin à sa place sur le podium.
Ce qu’il faut retenir
- Le résultat : médaille d’argent pour Blandine Pont aux Championnats d’Europe de judo, sa première médaille dans un grand championnat continental.
- Le contexte : ce podium intervient quatre mois après une opération du genou, ce qui rend la performance d’autant plus remarquable.
- L’émotion : de la fierté pour la médaille, mêlée à la frustration d’avoir perdu en finale.
- L’alerte physique : une gêne au genou en fin de finale, mais pas à l’endroit de l’opération précédente. Des examens étaient prévus pour évaluer la situation.
- Le cap suivant : les Championnats du monde restent son objectif majeur.
Une médaille d’argent après une opération du genou
La performance prend tout son relief quand on la replace dans son calendrier. Quatre mois plus tôt, Blandine Pont passait sur le billard pour une opération du genou. Pour un athlète de combat, ce délai est court : il faut récupérer la mobilité, retrouver les appuis, refaire confiance à l’articulation, puis réenchaîner les combats au plus haut niveau. Monter sur un podium continental dans ces conditions n’a rien d’automatique.
Cette médaille d’argent est aussi sa première médaille en grand championnat. Au judo, où chaque combat se joue parfois sur une fraction de seconde et une prise bien placée, atteindre la finale d’un championnat d’Europe valide une trajectoire, pas un coup de chance. La même édition a souri à plusieurs Français : Cédric Revol a lui aussi décroché une médaille, le bronze, signe d’une délégation tricolore en forme.
Un mélange de fierté et de frustration
Interrogée sur son ressenti, Blandine Pont décrit un sentiment double, et c’est sans doute ce qui rend sa réaction si juste. D’un côté, la fierté : une première médaille en grand championnat, gagnée au retour d’une blessure sérieuse, mérite d’être savourée. De l’autre, la frustration de s’être arrêtée à une marche du sommet. Perdre en finale laisse toujours un goût particulier, celui d’avoir été si proche du titre.
Loin de gommer cette tension, elle l’assume. C’est aussi cela, l’esprit de compétition : se réjouir d’un résultat tout en visant déjà plus haut. Son objectif affiché reste clair, les Championnats du monde, et cette médaille européenne fonctionne comme un jalon sur la route, pas comme une fin en soi.
Une alerte au genou en fin de finale
La fin de la finale a aussi apporté son lot d’inquiétude. À l’issue du combat, la judoka s’est tenu le genou. Elle a toutefois tenu à préciser un point essentiel : la gêne ne se situait pas à l’endroit de sa précédente opération. Selon ses explications, l’articulation se serait légèrement déboîtée à la suite d’un mouvement dangereux de son adversaire.
Des examens médicaux étaient prévus pour évaluer la gravité de l’alerte et adapter, si besoin, la récupération. Au judo, les genoux sont particulièrement exposés : déséquilibres, torsions, chutes contrôlées sollicitent en permanence l’articulation. Pour une athlète déjà passée par la case opération, chaque signal mérite donc d’être pris au sérieux, sans dramatiser pour autant.
Une finale qui fait grandir
Au-delà du résultat, Blandine Pont aborde cette finale comme une expérience à analyser. Elle indique ne pas avoir ressenti plus de pression qu’à l’accoutumée et avoir gardé le même état d’esprit que sur ses autres combats. Elle reconnaît toutefois avoir sans doute commis une erreur, qu’elle compte décortiquer pour progresser.
Cette lucidité est précieuse. Les meilleurs athlètes ne se contentent pas de célébrer ou de regretter : ils transforment chaque combat, gagné ou perdu, en données exploitables pour l’entraînement. Une finale ratée de peu peut ainsi devenir un point d’appui pour la suite, à condition d’en tirer les bonnes leçons.
Une ascension qui se confirme
La judoka décrit la sensation de retrouver toute sa puissance d’athlète et de compétitrice. Sans s’estimer au sommet de ses moyens, elle se sait en progression. Cette médaille d’argent s’inscrit alors dans une dynamique : non pas un aboutissement, mais une étape qui valide le retour au premier plan.
Le judo français regorge de trajectoires de ce type, faites de blessures surmontées et de retours réussis. Dans les mêmes catégories de grandes compétitions, des athlètes comme Margaux Pinot, championne du monde en -70 kg, ou Alizée Agier, titrée en championnat d’Europe, rappellent à quel point la concurrence est relevée et la marge entre l’argent et l’or, infime.
Une médaille qui prend tout son sens
Si Blandine Pont confie se sentir enfin à sa place sur le podium, c’est que le chemin a été semé d’épreuves. Elle évoque les moments difficiles traversés, notamment une non-sélection aux Jeux Olympiques et sa blessure, des coups durs qui l’ont parfois conduite à s’interroger sur ses motivations. C’est son amour du judo et de la compétition qui l’a poussée à continuer.
Vue sous cet angle, la médaille dépasse le simple métal. Elle récompense une persévérance, un travail de réathlétisation et une fidélité à sa discipline malgré les doutes. Pour la suite, le récit reste ouvert. La judoka garde le cap des Championnats du monde, et l’on suivra avec attention les prochaines étapes de son parcours et l’état de son genou, déjà éprouvé. Une chose est sûre : sur ce podium européen, Blandine Pont a retrouvé sa place, et compte bien y rester.
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