Margaux Pinot remporte la médaille d’or en -70 kg en battant Marie-Eve Gahié lors des championnats du monde
Margaux Pinot s’offre l’or mondial en -70 kg au terme d’une finale 100 % française conclue au golden score face à Marie-Eve Gahié. Un waza-ari net, en fauchant les deux jambes de son adversaire après vingt secondes de prolongation, scelle le combat et l’inscrit au palmarès planétaire, deux ans

Margaux Pinot s’offre l’or mondial en -70 kg au terme d’une finale 100 % française conclue au golden score face à Marie-Eve Gahié. Un waza-ari net, en fauchant les deux jambes de son adversaire après vingt secondes de prolongation, scelle le combat et l’inscrit au palmarès planétaire, deux ans après un bronze mondial.
Ce qui s’est passé
La catégorie des -70 kg a rendu son verdict au bout du suspense. Margaux Pinot et Marie-Eve Gahié se sont neutralisées durant tout le temps réglementaire. Place au golden score, cette prolongation à mort subite propre au judo. Là, Pinot a saisi la première ouverture et a marqué waza-ari. Fin de l’histoire, début du titre.
Le tableau raconte deux dynamiques. Gahié avait jusque-là dominé ses opposantes, notamment en demi-finales face à la Belge Gabriella Willems. Pinot, elle, a dû s’accrocher, avec un quart de finale très long, proche des sept minutes. La finale, intense et serrée, a consacré la combattante la plus précise au moment clé.
Comment Pinot a fait la différence
Au golden score, chaque séquence compte double. La fatigue pèse, la lucidité aussi. Pinot a imposé son rythme, a gagné la bataille des mains et a déclenché au bon timing. Le fauchage, propre et tranchant, a projeté Gahié suffisamment pour un waza-ari. Pas besoin d’ippon quand on frappe juste au moment décisif.
Ce réalisme n’est pas un hasard. La Française sortait d’un parcours heurté qui l’a contrainte à rester en éveil jusqu’au bout. Elle a transformé cette dureté en avantage mental au moment où la finale s’est jouée à un détail près.
Le parcours des deux finalistes
Marie-Eve Gahié a enchaîné les victoires avec autorité, y compris une demi-finale maîtrisée contre Gabriella Willems. Son efficacité a été sa signature tout au long de la journée. En finale, elle a tenu la distance et n’a presque rien concédé, jusqu’à cette accélération victorieuse de Pinot.
Margaux Pinot a connu l’autre versant des Mondiaux : des tours accrochés, un quart de finale très long, et la nécessité de rester patiente. C’est ce qui rend sa médaille d’or encore plus forte. Deux ans après un bronze mondial, elle grimpe sur la plus haute marche grâce à une finale parfaitement négociée.
Les enjeux olympiques, clairs et tranchants
La catégorie ne proposait qu’une seule place pour les Jeux, à quelques mois de l’échéance. Cette place revient à Marie-Eve Gahié. La médaille d’or de Pinot ne change pas ce cadre. C’est dur, c’est la règle. Pour Pinot, ce titre a donc une double portée : sportive, avec une couronne mondiale méritée ; symbolique, comme une revanche personnelle sur une non-sélection olympique.
Le message est limpide : même quand la route des JO est bouchée, la concurrence française reste au sommet du monde. Cette densité est une force, mais aussi une pression permanente. Elle nourrit les performances, elle forge les caractères.
Ce que ça dit du judo français
Une finale 100 % tricolore en -70 kg n’arrive pas par hasard. Elle prolonge une dynamique où l’équipe de France féminine brille, malgré les coups durs du moment. On l’a vu récemment avec les hauts et les bas d’une autre chef de file, Blandine Pont médaillée aux Europe, puis forfait sur blessure pour les Mondiaux. Le vivier est large, la relève est là, et les duels internes tirent tout le monde vers le haut.
Pour les suiveurs, cette finale Pinot–Gahié coche toutes les cases du judo français actuel : engagement, rigueur tactique, et une capacité à faire basculer un combat sur une action nette, sans fioritures.
Petit repère de règles
Le golden score prolonge le combat tant qu’aucune marque décisive n’est inscrite. Le premier score met fin au duel. Un waza-ari récompense une projection contrôlée avec impact, mais sans réunir tous les critères de l’ippon. Un waza-ari au golden score, c’est victoire immédiate. C’est exactement ce qui a offert l’or à Pinot.
Et maintenant ?
Pour Pinot, l’objectif est clair : capitaliser sur ce titre, rester en tête d’affiche et maintenir la pression sportive dans une catégorie où la concurrence interne est permanente. Pour Gahié, la route des Jeux se précise avec un enseignement fort : elle est au niveau, mais chaque détail comptera quand viendront les rendez-vous majeurs.
Pour le staff, cette finale est une bonne nouvelle. Elle valide une stratégie de densité, d’exigence et de compétition interne élevée. Et elle conforte la France parmi les nations qui pèsent, jour de médaille ou non. Si vous suivez le judo au fil de l’année, gardez un œil sur les autres catégories où les Tricolores brillent aussi, comme on l’a vu avec les derniers podiums continentaux.
Où regarder
Les Championnats du monde de judo sont diffusés sur la chaîne L’Équipe et L’Équipe live. Idéal pour revoir cette finale, décrypter les séquences clés et mesurer, action par action, ce qui a fait pencher la balance.
À retenir
- Finale 100 % française en -70 kg, remportée par Margaux Pinot au golden score.
- Un waza-ari décisif après vingt secondes de prolongation, sur un fauchage des deux jambes.
- Parcours contrastés : Gahié dominatrice jusqu’en demies, Pinot accrocheuse sur un tableau ardu.
- Une seule place pour les JO : Gahié ira, Pinot signe une revanche sportive avec l’or mondial.
Une finale tendue, un geste net, un titre mérité : vous avez vu passer un grand moment de judo tricolore.
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