Mediawan devient le propriétaire de Leonine Studios dans sa plus grande acquisition historique
Le groupe français Mediawan passe la vitesse supérieure dans l'audiovisuel européen. Après être entré au capital de Leonine Studios à hauteur de 25 %, le producteur fondé par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse annonce le rachat de la totalité du studio allemand. Une opération

Le groupe français Mediawan passe la vitesse supérieure dans l'audiovisuel européen. Après être entré au capital de Leonine Studios à hauteur de 25 %, le producteur fondé par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse annonce le rachat de la totalité du studio allemand. Une opération présentée comme la plus importante de son histoire, qui ancre durablement Mediawan sur l'un des plus gros marchés du continent.
Voici ce que recouvre cette acquisition, pourquoi elle compte, et ce qu'elle dit de la stratégie d'un groupe devenu, en quelques années, un poids lourd de la production en Europe.
Ce qui a été annoncé
Mediawan détenait déjà une participation de 25 % dans Leonine Studios. Le groupe franchit désormais une étape décisive en rachetant 100 % du capital du studio basé à Munich. En clair, Leonine passe d'un partenariat partiel à une intégration complète au sein de Mediawan.
Le montant exact de la transaction n'a pas été communiqué publiquement. Selon le Financial Times, la valorisation de Leonine se situerait autour de 500 millions d'euros — un chiffre à prendre à titre indicatif, faute de confirmation officielle, mais qui donne la mesure de l'opération.
À retenir
- Mediawan rachète 100 % de Leonine Studios, après une première prise de participation de 25 %.
- Leonine est l'un des principaux acteurs allemands du cinéma et de la télévision, basé à Munich.
- C'est la plus grosse acquisition de l'histoire de Mediawan, devant Plan B (2022) et Lagardère Studios (2020).
- Montant non dévoilé ; valorisation estimée autour de 500 millions d'euros selon le Financial Times.
Mediawan, un groupe en expansion rapide
Né en 2016, Mediawan s'est construit autour d'un trio d'actionnaires bien connus du paysage médiatique français : le producteur Pierre-Antoine Capton, l'entrepreneur Xavier Niel (fondateur de Free) et le financier Matthieu Pigasse. Leur ambition affichée : bâtir un champion européen de la production de contenus, des films aux séries en passant par les documentaires et l'animation.
La méthode est connue : la croissance par acquisitions successives. Au fil des années, le groupe a multiplié les rachats de sociétés de production en France et à l'étranger, agrégeant studios, catalogues et talents sous une même bannière. Le rachat intégral de Leonine s'inscrit dans cette logique, mais à une échelle inédite.
Ce mouvement de concentration n'est pas propre à l'audiovisuel : on le retrouve dans toute l'industrie des médias, où les questions de propriété et de gouvernance reviennent régulièrement sur le devant de la scène, comme l'a montré le passage du quotidien « Le Monde » sous le contrôle d'un fonds de dotation.
Pourquoi Leonine Studios change la donne
Leonine Studios n'est pas un acteur secondaire. Implanté à Munich, le studio figure parmi les principaux producteurs et distributeurs allemands de cinéma et de télévision. Il dispose d'un catalogue diversifié — films, séries, documentaires — et d'une présence solide sur l'un des marchés audiovisuels les plus importants d'Europe.
Pour Mediawan, mettre la main sur 100 % de Leonine, c'est donc plusieurs choses à la fois :
- Un ancrage géographique. L'Allemagne est un marché clé, et y disposer d'un studio de premier plan offre un point d'appui durable.
- Une capacité de production renforcée. Plus de moyens, plus d'équipes, plus de projets possibles.
- Un catalogue élargi. Les droits et contenus de Leonine viennent enrichir l'offre globale du groupe.
Dans un secteur où la valeur se joue de plus en plus sur la maîtrise des contenus, contrôler un catalogue solide et une machine de production locale est un atout stratégique.
La plus grosse opération de l'histoire du groupe
Cette acquisition dépasse les précédentes en taille. Jusqu'ici, les opérations marquantes de Mediawan étaient le rachat de Plan B en 2022 et celui de Lagardère Studios en 2020. Avec Leonine, le groupe passe un cap, à la fois en montant et en portée géographique.
Pour bien saisir l'enjeu, il faut le replacer dans le contexte plus large des grandes manœuvres financières en France. Les opérations de rachat à plusieurs centaines de millions d'euros impliquent presque toujours des montages complexes, des arbitrages d'investisseurs et des négociations serrées sur la valorisation — un terrain que l'on a vu à l'œuvre, par exemple, autour du groupe Atos, lorsque Walter Butler a rejeté l'offre de Daniel Kretinsky, puis lorsque la Banque centrale européenne est devenue son principal créancier. Ces dossiers rappellent à quel point la propriété d'une grande entreprise peut se jouer sur des rapports de force financiers.
Ce que cela change pour Mediawan et le marché
En intégrant pleinement Leonine, Mediawan consolide son statut d'acteur de référence de l'audiovisuel européen. L'opération lui ouvre plusieurs perspectives concrètes :
- Une présence renforcée en Europe, au-delà de son socle français.
- De nouvelles synergies de production, en mutualisant les savoir-faire entre les équipes françaises et allemandes.
- Un poids accru dans les négociations avec diffuseurs et plateformes, à l'heure où la demande de contenus originaux reste forte.
Reste à transformer l'essai. Une acquisition de cette ampleur ne se résume pas à un chiffre : l'enjeu, dans les mois qui viennent, sera l'intégration effective de Leonine — culture d'entreprise, pipeline de projets, organisation des équipes. C'est souvent là que se joue la réussite d'un rachat.
En résumé
Avec le rachat de 100 % de Leonine Studios, Mediawan signe l'acquisition la plus importante de son histoire et s'installe solidement sur le marché allemand. Le montant exact reste confidentiel, mais la valorisation évoquée — autour de 500 millions d'euros selon le Financial Times — situe l'opération parmi les grandes manœuvres du secteur audiovisuel européen. Pour le groupe fondé par Capton, Niel et Pigasse, c'est une étape majeure dans une stratégie de croissance qui, depuis 2016, ne s'est jamais démentie.
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