Tadej Pogacar compare le niveau de stress entre le Giro et le Tour de France
Avant de s’élancer sur le Giro d’Italie 2024, Tadej Pogačar a livré sa lecture d’une question qui revient à chaque grand rendez-vous : où la tension est-elle la plus forte ? Pour le leader de l’équipe UAE Team Emirates, la réponse n’est pas évidente. Le Giro et le Tour

Avant de s’élancer sur le Giro d’Italie 2024, Tadej Pogačar a livré sa lecture d’une question qui revient à chaque grand rendez-vous : où la tension est-elle la plus forte ? Pour le leader de l’équipe UAE Team Emirates, la réponse n’est pas évidente. Le Giro et le Tour de France imposent chacun leur propre forme de pression, et le Slovène nuance volontiers la comparaison. Voici ce qu’il a dit, et surtout pourquoi cette distinction compte autant dans la carrière d’un coureur visant le doublé Giro-Tour la même année.
Ce qu’a dit Pogačar avant le Giro
Interrogé en conférence de presse à l’approche du départ, Pogačar a décrit un stress qui monte à mesure que la date se rapproche, mais qu’il qualifie de positif. Une tension de bon aloi, celle qui précède l’effort et entretient la concentration plutôt que de l’entamer.
Le coureur a aussi insisté sur son attachement à l’Italie et à un public réputé pour son intensité, massé en nombre le long des routes. Cette ferveur populaire fait partie du décor du Giro, et elle nourrit autant l’excitation que la pression. Pogačar sait que la course sera disputée, et qu’au-delà des favoris désignés, de jeunes coureurs en forme peuvent surgir. Il a notamment cité parmi ses adversaires des hommes d’expérience comme Romain Bardet et Geraint Thomas.
Le Giro : excitation, ferveur et incertitude
Dans la bouche de Pogačar, le Giro tient autant de la fête que de l’épreuve. La passion du public, l’ambiance des étapes et la beauté du parcours créent une atmosphère particulière, mais la course réserve aussi des conditions exigeantes : météo capricieuse, longues étapes dans le froid, journées d’attente où il faut rester vigilant sans gaspiller d’énergie.
Cette part d’imprévu se vérifie souvent dès les premiers jours. La nervosité d’un peloton encore frais, les routes étroites et les arrivées piégeuses peuvent transformer une étape de transition en moment à haut risque, comme Pogačar l’a lui-même éprouvé en restant vigilant face aux incidents des premières étapes du Giro. C’est précisément ce mélange d’excitation et d’incertitude qui rend, selon lui, la course aussi stimulante qu’éprouvante nerveusement.
Le Tour de France : une pression de tous les instants
Sur le Tour, le rapport au stress change de nature. Depuis sa victoire retentissante en 2020, Pogačar porte une étiquette qui ne le quitte plus : celle de favori, quelle que soit la course. Il a expliqué avoir appris à vivre avec cette attente permanente, devenue une composante du métier plutôt qu’un fardeau.
Le Tour ajoute une dimension supplémentaire : sa renommée mondiale et une exposition médiatique sans équivalent dans le cyclisme. Chaque geste est observé, commenté, analysé. Cette pression, Pogačar dit la mieux supporter grâce au soutien de son équipe, qui structure la course autour de lui. La composition d’un effectif solide n’a d’ailleurs rien d’anodin : le Slovène a déjà détaillé à quoi ressemblerait l’équipe idéale qu’il souhaite pour le Tour avec UAE, signe que la gestion de la pression se prépare aussi en coulisses.
Giro contre Tour : ce qui change vraiment
Pogačar a couru les trois grands Tours : Giro, Tour de France et Vuelta. Son constat est simple. Chaque épreuve possède ses particularités, mais une fois qu’on les a disputées, on sait à quoi s’attendre. Le Giro, c’est le froid, la longueur, l’imprévu et une tension propre à l’Italie. Le Tour, c’est l’intensité médiatique et le statut de favori porté en permanence.
Sa conclusion reste prudente. Il estime que le Tour est peut-être encore plus stressant, en raison de sa dimension mondiale et de la pression qui l’accompagne, mais il refuse de trancher définitivement avant d’avoir passé deux semaines sur les routes du Giro. Une réserve logique : le ressenti d’une course ne se mesure pleinement qu’une fois plongé dedans.
À retenir
- Un stress « positif » avant le Giro : la tension monte à l’approche du départ, mais Pogačar la décrit comme un moteur, pas un frein.
- Le Giro : excitation, public passionné, météo difficile et part d’imprévu, avec des adversaires comme Bardet et Thomas.
- Le Tour : pression permanente liée au statut de favori depuis 2020 et à une exposition médiatique unique.
- Son verdict provisoire : le Tour serait peut-être plus stressant, mais il préfère attendre deux semaines de Giro avant de conclure.
Pourquoi cette comparaison compte
Au-delà de l’anecdote, ce témoignage éclaire un enjeu central du haut niveau : la gestion mentale. Sur trois semaines de course, le stress n’est pas qu’une sensation, c’est un facteur de performance. Mal géré, il use, fait commettre des erreurs de placement, augmente le risque de chute. Bien canalisé, il aiguise la vigilance et la concentration aux moments décisifs.
Pour Pogačar, capable de gagner aussi bien sur les classiques ardennaises que sur les grands Tours, savoir doser cette charge mentale est aussi déterminant que la condition physique. Cette comparaison entre Giro et Tour rappelle que les plus grands champions ne se contentent pas d’avoir les jambes : ils apprivoisent aussi la pression, chaque course imposant la sienne.
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