Tadej Pogacar survit à une chute sans gravité avant la redoutable montée finale de la 2e étape du Giro
Plus de peur que de mal pour Tadej Pogacar. Sur la 2e étape du Giro 2024, arrivée au sommet du Sanctuaire d'Oropa, le grand favori a enchaîné une crevaison puis une chute sans gravité à une dizaine de kilomètres de la ligne. Aussitôt relevé, dépanné et entouré de ses coéquipiers, le leader des

Plus de peur que de mal pour Tadej Pogacar. Sur la 2e étape du Giro 2024, arrivée au sommet du Sanctuaire d'Oropa, le grand favori a enchaîné une crevaison puis une chute sans gravité à une dizaine de kilomètres de la ligne. Aussitôt relevé, dépanné et entouré de ses coéquipiers, le leader des UAE-Emirates est revenu sur le peloton avant d'aborder la redoutable montée finale. L'alerte aura été brève, mais elle rappelle combien la moindre seconde peut peser sur une course à étapes.
Ce qui s'est passé dans le final
L'effort final a commencé plus tôt que prévu pour le Slovène. À environ 11 kilomètres de l'arrivée, Pogacar a été victime d'une crevaison. En tentant de manœuvrer sur son pneu crevé, il a chuté. Le double vainqueur du Tour de France s'est relevé immédiatement, sans gravité apparente.
Sa voiture d'équipe l'a aussitôt dépanné avec un nouveau vélo, et plusieurs coéquipiers l'ont attendu pour organiser la chasse. Pendant ce temps, le peloton emmené par Ineos a creusé un écart d'une trentaine de secondes. Aidé notamment par Felix Grosschartner, Pogacar a recollé au groupe à environ 9 kilomètres de l'arrivée, juste à temps pour disputer la montée décisive vers Oropa.
Pourquoi cet incident comptait autant
Sur le papier, trente secondes perdues à dix kilomètres du sommet peuvent sembler anodines. Dans la réalité d'un Grand Tour, c'est tout sauf un détail. Une crevaison mal négociée, une chute au mauvais moment, et le leader d'une équipe peut concéder un temps précieux au classement général — ou pire, voir sa course s'arrêter net.
C'est exactement ce qu'a vécu un coureur expérimenté dès le premier jour de ce Giro, contraint à l'abandon après une chute : le cas de Robert Gesink, sorti du Giro dès la première étape, rappelle la fragilité de l'équilibre sur ces routes. Pour Pogacar, le scénario aurait pu basculer dans le même registre. Il n'en a rien été.
Le sang-froid d'un favori
Ce qui frappe dans cette séquence, c'est la rapidité avec laquelle tout est rentré dans l'ordre. Relevé en un instant, recalé sur un vélo neuf, replacé dans le peloton grâce au travail de ses équipiers : Pogacar a transformé une grosse alerte en simple frayeur.
Le contexte ajoutait de la pression. La veille, lors de la première étape, « Pogi » avait pris la deuxième place, battu par Jhonatan Narvaez (Ineos) après avoir pourtant dynamité le final. Le Slovène arrivait donc avec l'envie de répondre, et cet incident aurait pu tout compromettre. Sa réaction illustre une qualité qui ne se mesure pas seulement aux watts : la gestion du stress en course, un sujet sur lequel Pogacar a lui-même comparé la pression du Giro et celle du Tour de France.
Le rôle clé de l'équipe
Un retour aussi propre ne s'improvise pas. Sans le relais d'un coéquipier comme Grosschartner pour mener la chasse et offrir un abri, recoller à un peloton lancé à pleine vitesse relève de l'exploit individuel coûteux. C'est tout l'enjeu d'un effectif construit autour d'un leader : transformer un incident en non-événement. Cette dimension collective est centrale dans la stratégie des UAE-Emirates, comme le montre la manière dont Pogacar pense l'équipe qui l'entoure sur les grands rendez-vous.
À retenir
- L'incident : crevaison puis chute sans gravité pour Pogacar à une dizaine de kilomètres de l'arrivée de la 2e étape, au pied de la montée d'Oropa.
- La conséquence : une trentaine de secondes de retard, vite effacées grâce au dépannage et au travail de ses coéquipiers.
- Le retour : Pogacar a réintégré le peloton à environ 9 kilomètres de la ligne, à temps pour la montée finale.
- Le contexte : deuxième la veille derrière Jhonatan Narvaez, le Slovène abordait l'étape avec la volonté de répondre.
Ce que ça dit de la suite
Le Giro n'en est alors qu'à ses débuts, mais l'épisode est révélateur. Capable d'effacer une mésaventure en quelques kilomètres, Pogacar confirme qu'il faudra compter sur lui à chaque étape de montagne. Le mental, autant que les jambes, se lit dans ce genre de moment.
Cette résilience, on l'avait déjà vue ailleurs : sur les pentes les plus dures des classiques, comme lors de son envolée victorieuse dans la côte de la Redoute à Liège-Bastogne-Liège, le Slovène a pris l'habitude de répondre présent quand la route se cabre. Pour les suiveurs de ce Giro, le message est clair : une chute sans gravité n'aura pas suffi à entamer les ambitions du favori.
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