Clarisse Crémer termine la The Transat et se rapproche de la qualification pour le Vendée Globe
Clarisse Crémer a bouclé la course transatlantique en solitaire The Transat CIC en franchissant la ligne d'arrivée à New York après environ 20 jours et 12 heures de mer. En achevant ce parcours malgré une avarie majeure, la navigatrice a engrangé des milles précieux et s'est rapprochée d'un

Clarisse Crémer a bouclé la course transatlantique en solitaire The Transat CIC en franchissant la ligne d'arrivée à New York après environ 20 jours et 12 heures de mer. En achevant ce parcours malgré une avarie majeure, la navigatrice a engrangé des milles précieux et s'est rapprochée d'un objectif qu'elle poursuit depuis des mois : décrocher sa qualification pour le Vendée Globe 2024, le célèbre tour du monde à la voile, en solitaire, sans escale et sans assistance.
Ce qu'il faut retenir
- Arrivée : Clarisse Crémer a coupé la ligne à New York, terminant aux alentours de la 26e place de la flotte des monocoques IMOCA.
- Le contexte : elle a dû s'arrêter aux Açores en cours de course pour réparer une fissure sur la cloison de son bateau, avant de repartir pour rallier l'arrivée.
- L'enjeu : chaque mille parcouru compte pour la qualification au Vendée Globe, où le nombre de places est limité.
- La suite : la New York-Vendée, dernière transatlantique avant le grand départ, doit lui permettre de valider définitivement son billet.
Une arrivée à New York malgré les embûches
Au large de la Grosse Pomme, Clarisse Crémer a coupé la marque d'arrivée après une vingtaine de jours en mer, se classant aux environs de la 26e position de la flotte de monocoques engagés. Le chiffre, en apparence modeste, masque l'essentiel : la skippeuse a terminé une course qu'elle aurait pu abandonner.
À mi-parcours, son bateau a en effet subi une grave fissure sur une cloison, un dommage structurel qui l'a contrainte à faire route vers les Açores pour réparer. Après plusieurs jours à terre, elle a repris la mer avec une seule idée : rallier l'arrivée avant la fermeture de la ligne. C'est ce détour technique qui rend ce final remarquable, davantage que la place obtenue au classement.
Ce n'est pas la première fois que la navigatrice doit composer avec une avarie en pleine traversée. Lors de la même édition, elle avait déjà dû se dérouter vers les Açores pour réparer son navire, un épisode qui avait pesé lourd sur sa course mais qu'elle a su transformer en parenthèse plutôt qu'en point final.
Pourquoi chaque mille compte
Pour comprendre l'importance de cette arrivée, il faut saisir la mécanique de la qualification au Vendée Globe. La course se dispute en monocoques IMOCA, et le nombre d'inscrits est plafonné : seules quelques dizaines de places sont disponibles. Pour départager les candidats lorsque la liste est trop longue, l'organisation s'appuie notamment sur les milles parcourus en course au cours des saisons précédentes.
Autrement dit, naviguer beaucoup, et finir ses courses, devient un argument de poids. En terminant la The Transat malgré son escale, Clarisse Crémer a ajouté un volume conséquent de milles à son compteur. Ce sont autant de points qui la rapprochent du seuil nécessaire pour figurer sur la ligne de départ.
Cette logique de course exigeante, où la météo et la mécanique font autant la décision que la vitesse pure, a marqué l'ensemble de l'édition. Les concurrents ont dû livrer une compétition acharnée dans des conditions météorologiques difficiles, ce qui a éprouvé les hommes comme les bateaux tout au long de la traversée.
Un parcours semé d'obstacles avant cette ligne d'arrivée
La qualification au Vendée Globe est un objectif que Clarisse Crémer poursuit dans un contexte personnel et sportif compliqué. En 2022, l'attente de son premier enfant l'a conduite à renoncer à certaines courses qualificatives, créant un manque dans son volume de milles. À cela s'est ajoutée une séparation avec son ancien sponsor, qui avait un temps fragilisé son projet et rendu sa participation incertaine.
Repartir d'un programme remis sur les rails, accumuler les traversées et tenir le cap malgré les avaries : voilà le fil conducteur de sa saison. Chaque transatlantique bouclée répare un peu le retard accumulé pendant cette période difficile.
Terminer la course, même loin du podium, valait mieux qu'un abandon : dans la logique de la qualification, c'est le fait d'aller au bout qui transforme une avarie en victoire de gestion.
La prochaine étape : la New York-Vendée
Le rapprochement opéré sur la The Transat ne suffit pas encore à graver son nom sur la liste des partants. La dernière échéance décisive s'appelle la New York-Vendée, une ultime transatlantique en solitaire programmée avant le grand départ du Vendée Globe, prévu à l'automne. C'est sur cette course que la navigatrice entend valider définitivement son ticket.
L'enjeu y est double : ajouter les derniers milles manquants et confirmer, sur l'eau, sa place parmi les qualifiables. Une course aboutie dans de bonnes conditions la mettrait à l'abri ; un nouveau coup dur compliquerait l'équation à quelques semaines de l'échéance.
Une expérience déjà éprouvée
Clarisse Crémer ne découvre pas le Vendée Globe. Lors de l'édition précédente, elle s'était illustrée en signant l'un des meilleurs temps féminins de l'histoire de l'épreuve. Cette expérience est un atout : elle sait ce que représente un tour du monde en solitaire, ce que le bateau encaisse, et ce que le mental doit endurer pendant des semaines de mer.
Le monde de la voile au large connaît ces parcours faits de hauts et de bas, de chutes et de retours, à l'image de ce que vivent d'autres sportifs d'endurance qui doivent lutter pour se remettre d'un coup dur et terminer leur épreuve. La résilience, plus que la performance brute, fait souvent la différence sur la durée.
Ce qu'il faut suivre désormais
Au sortir de la The Transat, la trajectoire de Clarisse Crémer reste celle d'une navigatrice qui se rapproche, course après course, d'un objectif longtemps menacé. Sa place sur la ligne de départ du Vendée Globe se jouera sur la New York-Vendée et sur le décompte final des milles. D'ici là, sa qualification demeure à portée, sans être encore totalement acquise.
Pour les passionnés de voile, ce printemps illustre parfaitement ce qui rend ces courses captivantes : un classement n'y dit pas tout. Derrière une 26e place se cache une avarie réparée, une escale forcée et une volonté de finir qui pèse, au bout du compte, plus lourd qu'un chrono.
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