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Le CNC annonce l’instauration d’une norme pour une production responsable en faveur de l’environnement

C'est une annonce passée presque inaperçue dans le tumulte du Festival de Cannes, et pourtant elle pourrait changer durablement la manière de tourner un film en France. Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a dévoilé un référentiel destiné à encadrer la production

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le cnc annonce l'instauration d'une norme pour une production responsable en faveur de l'environnement. découvrez les mesures prises pour une production respectueuse de l'environnement.
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C'est une annonce passée presque inaperçue dans le tumulte du Festival de Cannes, et pourtant elle pourrait changer durablement la manière de tourner un film en France. Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a dévoilé un référentiel destiné à encadrer la production cinématographique et audiovisuelle responsable, c'est-à-dire plus sobre en émissions de CO2 et plus attentive à son impact social. Baptisé « Afnor Spec 2308 », ce document propose un cadre commun, jusqu'ici inexistant, pour mesurer et réduire l'empreinte des tournages.

Concrètement, de quoi s'agit-il, pourquoi maintenant, et qu'est-ce que cela change pour les producteurs ? Voici l'essentiel, remis dans son contexte.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CNC a présenté, dans le cadre du Festival de Cannes, un référentiel de production responsable nommé « Afnor Spec 2308 ».
  • Il a été construit de façon collaborative avec le ministère de la Culture, l'AFNOR et plusieurs acteurs du secteur.
  • Il couvre une dizaine de thèmes : émissions de CO2, énergie, mobilité, déchets, achats, sobriété numérique, biodiversité, inclusion, qualité de vie au travail…
  • La démarche est volontaire pour l'instant, mais pourrait conditionner certaines aides du CNC à l'avenir.
  • Le CNC affirme ne pas vouloir toucher aux choix artistiques : la liberté de création reste une ligne rouge.

Le CNC lance un référentiel de production responsable

Le CNC est l'établissement public qui soutient et régule le cinéma et l'audiovisuel français, notamment à travers ses aides financières. C'est lui qui, à l'occasion du Festival de Cannes, a annoncé la création de ce référentiel intitulé « Afnor Spec 2308 ». L'objectif affiché est clair : accompagner les professionnels du film et de l'audiovisuel vers des pratiques plus durables, sans bouleverser leur métier du jour au lendemain.

Pourquoi le secteur du cinéma est-il concerné ? Parce qu'un tournage, ce n'est pas seulement une caméra et des acteurs. C'est des décors construits puis démontés, des dizaines de véhicules, des déplacements parfois lointains, de l'éclairage très gourmand en énergie, des repas pour des équipes nombreuses, du matériel numérique en quantité. Autant de postes qui pèsent sur l'environnement et qui, jusqu'ici, n'étaient mesurés que de façon dispersée, d'un projet à l'autre.

Un outil au service de la transition du secteur

Le grand apport de ce référentiel, c'est d'offrir un langage commun. Élaboré conjointement par le CNC, la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) du ministère de la Culture, l'AFNOR (l'organisme français de normalisation) et plusieurs sociétés et associations expertes, il fonctionne comme un mode d'emploi partagé par toute la filière.

Il invite à analyser l'impact d'une production sous plusieurs angles complémentaires :

  • les émissions de CO2 et, plus largement, la responsabilité écologique et sociale du projet ;
  • l'énergie et la mobilité (déplacements des équipes, alimentation des plateaux) ;
  • les achats responsables et la gestion des déchets ;
  • la sobriété numérique ;
  • la biodiversité et le bien-être animal ;
  • la parité et l'inclusion, la qualité de vie au travail, la formation et la sensibilisation des équipes ;
  • la gouvernance du projet.

L'intérêt d'un tel cadre est double : il évite que chaque société réinvente sa propre méthode de mesure, et il rend les efforts comparables. Une production peut ainsi savoir où elle en est, et où elle peut progresser.

Trois niveaux d'engagement, pour avancer à son rythme

Plutôt qu'une norme rigide, le référentiel propose une logique d'amélioration continue. Pour chacun des critères, trois niveaux d'engagement sont possibles. Une production peut choisir de :

  1. suivre les recommandations de base, sans aller plus loin ;
  2. mener des actions d'amélioration concrètes pendant le tournage ;
  3. s'engager de façon plus globale, au-delà du seul projet, dans une démarche durable de l'entreprise.

Cette gradation est un choix pragmatique. Une grosse production internationale et un court-métrage indépendant n'ont ni les mêmes moyens ni les mêmes contraintes. En laissant chacun progresser à son rythme, le CNC mise sur l'adhésion plutôt que sur la contrainte immédiate, tout en préparant les sociétés aux évolutions réglementaires à venir.

Anticiper la directive européenne CSRD

Ce référentiel ne tombe pas du ciel. Il s'inscrit dans un mouvement plus large, porté à l'échelle européenne. La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose en effet à un nombre croissant d'entreprises de publier des informations détaillées sur leur impact environnemental et social, ainsi que sur leur gouvernance. Autrement dit, la transparence sur l'empreinte écologique devient progressivement une obligation, et non plus une simple option de communication.

En instaurant dès maintenant un référentiel couvrant l'ensemble de la filière audiovisuelle française, le secteur prend de l'avance sur ces exigences. La démarche reste volontaire pour le moment, mais le CNC a évoqué la possibilité qu'elle serve un jour de critère pour l'attribution de ses aides. Ce point reste à confirmer : il faut le présenter comme une perspective évoquée, et non comme une obligation déjà en vigueur.

Cette articulation entre normes nationales et cadre européen n'a rien d'isolé : la protection de l'environnement se joue de plus en plus à plusieurs échelles, comme le montre le rôle déterminant de l'Europe dans la protection de l'environnement.

Le CNC, garant de la liberté de création

Un point mérite d'être clarifié, car il revient souvent dès qu'on parle de « norme » dans le cinéma : ce référentiel ne touche pas aux choix artistiques. Il ne dicte ni les sujets, ni les scénarios, ni l'esthétique des œuvres. Le CNC a posé une ligne rouge nette : il s'agit d'encadrer la manière de produire, pas le contenu de ce qui est produit. La liberté de création des scénaristes et des cinéastes reste pleinement préservée.

Cette distinction est essentielle. Réduire l'empreinte d'un tournage relève de la logistique et de l'organisation, pas de l'écriture. Un film peut traiter n'importe quel sujet, avec n'importe quelle ambition formelle, tout en limitant ses déplacements inutiles ou en optimisant son énergie sur le plateau.

Pourquoi cette annonce compte

Au-delà du cinéma, cette initiative illustre une tendance de fond : les secteurs culturels s'emparent à leur tour des enjeux environnementaux, longtemps associés surtout à l'industrie lourde ou aux transports. Le monde de la culture est régulièrement traversé par ces débats, qu'il s'agisse d'écologie ou de modèle économique, comme l'a montré la mobilisation autour de l'opposition de l'industrie du livre à la publicité télévisée.

Le cinéma rejoint ainsi un mouvement plus vaste de prise de conscience, qui passe aussi par la mobilisation citoyenne et juridique. On l'a vu avec le procès de défenseurs de l'environnement engagés contre l'aviation polluante, ou encore avec des batailles judiciaires marquantes face aux grands groupes, à l'image de la victoire judiciaire obtenue face à Total.

En résumé, le lancement de ce référentiel par le CNC marque une étape concrète dans la transition environnementale du cinéma et de l'audiovisuel français. Il offre aux professionnels un cadre clair et progressif pour produire de façon plus responsable, tout en les préparant aux obligations qui se profilent. Sans imposer, sans censurer, mais en donnant à toute une filière les moyens de mesurer ses efforts et de les améliorer, année après année.

#cnc#environnement#instauration#norme#production responsable

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