Les gymnastes françaises brillent lors de la Coupe du monde de Tachkent en gymnastique rythmique
À Tachkent, en Ouzbékistan, l'équipe de France de gymnastique rythmique a signé l'un de ses plus beaux week-ends. Lors de cette étape de la Coupe du monde, l'ensemble tricolore a décroché la deuxième place du concours général, juste derrière la Chine, et s'est offert l'or en finale aux cinq

À Tachkent, en Ouzbékistan, l'équipe de France de gymnastique rythmique a signé l'un de ses plus beaux week-ends. Lors de cette étape de la Coupe du monde, l'ensemble tricolore a décroché la deuxième place du concours général, juste derrière la Chine, et s'est offert l'or en finale aux cinq cerceaux. Mieux encore : cette performance a validé une qualification olympique que la France attendait depuis près d'un quart de siècle. Voici ce qui s'est joué sur le praticable ouzbek, et pourquoi ce résultat compte autant.
Ce qu'il faut retenir
- Médaille d'argent au concours général par équipes, derrière la Chine.
- Médaille d'or en finale aux cinq cerceaux pour l'ensemble français.
- Qualification pour les Jeux olympiques, une première pour l'ensemble depuis 2000.
- Un exploit réalisé malgré la blessure de dernière minute de Manelle Inaho, remplacée aux cerceaux par Shana Loxton-Vernaton, qui disputait sa toute première compétition officielle.
Un week-end de référence à Tachkent
La gymnastique rythmique se dispute en deux temps : un concours général, où chaque ensemble enchaîne ses passages, puis des finales par engin où s'affrontent les meilleurs. À Tachkent, l'ensemble français a brillé sur les deux tableaux.
Au concours général, les Bleues ont pris la deuxième place, devancées seulement par la Chine, l'une des grandes nations de la discipline. Un classement qui, à lui seul, situe le niveau atteint par le groupe sur la scène mondiale.
En finale, c'est l'exercice aux cinq cerceaux qui a offert à la France son moment de gloire : l'or, devant des adversaires solides. Sur un seul enchaînement, où la moindre désynchronisation se paie cash, l'ensemble tricolore a tenu sa ligne et signé la meilleure note du jour.
Un exploit construit dans l'adversité
Ce qui rend le résultat encore plus marquant, c'est le contexte dans lequel il a été obtenu. À la veille du vol pour l'Ouzbékistan, l'une des gymnastes, Manelle Inaho, s'est blessée à la cheville. De quoi faire vaciller un collectif où chaque place est calibrée au millimètre.
Le staff a choisi de l'aligner malgré tout sur l'exercice mêlant rubans et ballons, tout en ménageant sa cheville. Pour l'enchaînement aux cerceaux, plus exigeant pour l'articulation, l'entraîneuse Anna Baranova a fait entrer Shana Loxton-Vernaton. Le pari était audacieux : la jeune gymnaste n'avait encore jamais disputé la moindre compétition officielle. Elle a répondu présente, livrant une prestation à la hauteur de l'enjeu et contribuant directement à la médaille d'or.
Faire débuter une gymnaste sur une finale de Coupe du monde, en remplacement d'une titulaire blessée, et décrocher l'or : c'est exactement le genre de scénario qui forge la confiance d'un groupe.
Une qualification olympique attendue depuis 2000
Au-delà des médailles, le vrai trophée de Tachkent est ailleurs : l'ensemble français a validé son billet pour les Jeux olympiques, une première depuis 2000. Pour une discipline longtemps restée dans l'ombre des grandes nations de l'Est et de l'Asie, ce retour au plus haut niveau est un signal fort.
Une qualification olympique ne se résume pas à une ligne dans un palmarès. Elle ouvre des portes : exposition médiatique, soutien renforcé, vocations chez les jeunes gymnastes. Pour un ensemble, accéder aux Jeux, c'est aussi pouvoir se mesurer aux toutes meilleures formations mondiales dans le cadre le plus prestigieux qui soit.
Cette dynamique tricolore sur le circuit international n'est pas isolée. D'autres athlètes français se sont récemment illustrés sur les podiums de la Coupe du monde, comme deux jeunes Françaises sur le podium de la Coupe du monde de Salt Lake City.
Hélène Karbanov, l'apprentissage en individuel
La compétition de Tachkent n'était pas réservée aux ensembles. En individuel, la Française Hélène Karbanov a elle aussi pris part au concours. Face à une concurrence relevée, elle a terminé à la 19e place avec un total de 118,90 points.
L'épreuve a été dominée par la championne du monde en titre, l'Allemande Darja Varfolomeev, créditée de 135,95 points. L'écart au sommet rappelle que l'individuel reste l'un des secteurs les plus disputés de la discipline. Pour une jeune gymnaste, accumuler ce type d'expérience sur un plateau international constitue un investissement précieux pour la suite de la saison.
Cap sur les Championnats d'Europe de Budapest
La séquence ouzbèke tombait à point nommé. Dans la foulée, l'équipe avait rendez-vous avec les Championnats d'Europe, programmés à Budapest du 22 au 26 mai. Un repère idéal pour mesurer les progrès du groupe et confirmer, sur le continent, ce qui s'était dessiné à Tachkent.
La gymnastique rythmique exige une régularité de métronome : un ensemble se juge sur sa capacité à enchaîner les performances de haut niveau, semaine après semaine. À ce titre, la France n'est pas la seule à viser la constance sur le circuit mondial. D'autres représentants tricolores cherchent à transformer l'essai d'une étape à l'autre, à l'image de Thomas Chirault, quatrième de l'étape de Coupe du monde de Shanghai, ou des judokas français qui multiplient les podiums, comme Margaux Pinot, sacrée championne du monde en moins de 70 kg.
En résumé, Tachkent restera comme une étape charnière : deux médailles, une qualification olympique historique et la preuve qu'un collectif soudé peut transformer un imprévu en exploit. De quoi aborder la suite de la saison avec un solide capital confiance.
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