Aller au contenu

Ewen Costiou surprend tout le monde avec son niveau inédit lors du Giro

Ewen Costiou a mis un sérieux coup de projecteur sur son nom. À 21 ans, pour son tout premier Grand Tour, le Breton a animé le Giro comme un vieux routier. Échappée dans le final, passage en tête sur les rampes les plus raides du monte Pana malgré une météo hostile, top 10 à l’arrivée, et une

6 min de lecture
Partager
découvrez comment ewen costiou surprend tout le monde avec son niveau inédit lors du giro
découvrez comment ewen costiou surprend tout le monde avec son niveau inédit lors du giro

Ewen Costiou a mis un sérieux coup de projecteur sur son nom. À 21 ans, pour son tout premier Grand Tour, le Breton a animé le Giro comme un vieux routier. Échappée dans le final, passage en tête sur les rampes les plus raides du monte Pana malgré une météo hostile, top 10 à l’arrivée, et une journée à plus de 5 000 mètres de dénivelé bouclée la semaine passée : son niveau surprend, son aplomb impressionne. Et il progresse de jour en jour, dans une course dominée par un Tadej Pogacar injouable, déjà lauréat de cinq étapes.

À retenir

  • Échappée à 2 km de l’arrivée et top 10 au sommet du monte Pana.
  • Plus de 5 000 mètres de dénivelé vaincus sur une précédente journée.
  • Relais appuyé de Julian Alaphilippe dans le final.
  • Pogacar empile les victoires d’étape, Pellizzari et lui dépassent Costiou dans les derniers mètres.

Ce qu’il a fait, et pourquoi cela compte

Sur une étape jugée au sommet, Ewen Costiou a pris ses responsabilités. Il a placé son accélération à deux kilomètres de la ligne, exactement au moment où la pente se cabre et où le peloton hésite. Cette prise d’initiative lui a permis d’« ouvrir la route » du Giro, en tête, sous la pluie et dans le désordre d’un final très nerveux. Les pentes les plus dures du monte Pana ne lui ont pas fait peur : il a résisté aussi longtemps que possible avant de voir revenir Giulio Pellizzari, puis Tadej Pogacar. Malgré ce retournement, il conserve un top 10 plein de sens.

Pourquoi est-ce fort ? Parce que cette séquence dit tout de son état de forme et de sa tête froide. Tenir le devant d’une arrivée au sommet, choisir le bon moment pour partir, insister quand ça « grimpe à chiffres doubles » et garder du jus pour sauver le classement, c’est un enchaînement que même des coureurs expérimentés ratent parfois. À 21 ans, pour un baptême du feu sur trois semaines, c’est une signature.

Des repères solides pour un premier Grand Tour

La semaine passée, le Breton s’était déjà mis en lumière en bouclant une journée à plus de 5 000 mètres de dénivelé positif. Ce genre de total vous classe immédiatement dans la catégorie des coureurs capables de survivre aux étapes les plus dures. Enchaîner ensuite avec une échappée tranchante et un top 10 en haute montagne dessine un profil : endurance, grimpe, et un sens du moment opportun.

Autre repère : la course en situation réelle. Les Grands Tours apprennent à économiser, à manger et à s’hydrater juste, à sentir la bascule entre « trop tôt » et « trop tard ». L’exercice est d’autant plus rude que la météo peut renverser les plans : ce final, décrit comme chaotique, a rappelé que le Giro reste une loterie où les nerfs comptent autant que les jambes.

Alliances, respect et adversaires de luxe

Les grands jours, on ne gagne jamais seul. Ewen Costiou a pu partager quelques coups de pédale avec Julian Alaphilippe. Éreinté mais généreux, le Français a offert un relais appuyé, un geste de soutien qui en dit long sur l’estime dans le peloton. Rappelons qu’Alaphilippe a lui-même retrouvé les sommets en s’imposant récemment lors de la 12e étape : à relire, Julian Alaphilippe renoue avec la victoire sur la 12e étape.

En face, deux références ont surgi. Giulio Pellizzari, qui flaire les bons coups en montagne, a comblé l’écart. Et Tadej Pogacar, impérial depuis le départ, a ajouté une cinquième victoire d’étape à sa collection. Le Slovène écrase la concurrence, au point d’orienter toute la course : rythme, scénarios, marges de manœuvre. Sa vision du stress entre les Grands Tours éclaire d’ailleurs sa façon de courir : à lire, Tadej Pogacar compare le niveau de stress entre le Giro et le Tour de France.

Le cadre d’un Giro impitoyable

Le Giro écrème. Il récompense les audacieux et il sanctionne la moindre fausse note. On l’a vu dès les premiers jours avec des chutes, des rebondissements et des abandons, comme celui de Robert Gesink après une lourde chute d’entrée : à relire pour mesurer la dureté de cette édition, Robert Gesink abandonne le Giro après une chute lors de la première étape.

Dans ce contexte, tenir le haut de l’affiche d’une arrivée mythique, encaisser le froid et l’humidité, puis rester dans le top 10 n’est pas une simple note d’espoir : c’est une validation. Cela signifie que Costiou récupère bien, qu’il lit juste la course, et qu’il sait se battre pour la place quand le rêve de victoire s’enfuit dans les derniers hectomètres.

Ce que cela dit de son profil

Trois marqueurs ressortent. D’abord, la caisse : survivre à une journée au-delà des 5 000 m de dénivelé sans plonger ensuite est le signe d’une base solide. Ensuite, la capacité à monter très vite, longtemps, sur des pentes irrégulières. Enfin, l’instinct : partir à 2 km, tenir le regard de la caméra quand les jambes brûlent, choisir de collaborer ou de temporiser, ce sont des décisions qui forgent les leaders d’étape et les chasseurs de victoires.

Ajoutez à cela un respect déjà tangible dans le peloton — le relais d’Alaphilippe ne s’offre pas à n’importe qui — et vous obtenez un coureur qui gagne sa place à l’avant quand ça se joue.

Et maintenant ?

La suite se gère au jour le jour. Après un coup d’éclat pareil, la tentation est grande d’en remettre une couche. Reste à équilibrer la récupération, à choisir les bons terrains, et à jouer avec le marquage des adversaires. Les étapes encore accidentées lui offriront d’autres fenêtres. L’objectif raisonnable : continuer à apprendre, viser les bons coups, et verrouiller d’autres places d’honneur si l’ouverture pour la gagne ne se présente pas.

Dans tous les cas, l’important est acquis : Ewen Costiou s’est découvert un niveau inédit et l’a montré aux yeux de tous, sur la plus exigeante des scènes. Sur ce Giro dominé par Pogacar, il s’est fait un prénom. Et il a donné rendez-vous.

Le contexte qui compte

Ce Giro raconte deux histoires à la fois. La première, celle d’un patron qui écrase la course. La seconde, celle d’une génération qui pousse et ose. Que Costiou figure parmi ces audacieux-là, si tôt, n’est pas anodin. Il apprend vite, il encaisse, et il sait se placer au bon endroit, au bon moment. Rien n’est garanti, tout reste à confirmer, mais la trajectoire est nette.

À l’arrivée, vous retenez ceci : dans une étape pour costauds, avec une météo qui refroidit les ardeurs, un jeune Français a pris le risque de faire la course. Il n’a pas gagné, mais il a marqué les esprits. Et parfois, c’est le premier pas nécessaire pour revenir, la prochaine fois, chercher la victoire.

#cyclisme#ewen costiou#performance exceptionnelle#sensation du moment#tour giro

À lire aussi