Remco Evenepoel laisse le choix à Julian Alaphilippe pour sa participation au Tour de France
Remco Evenepoel a tranché… en laissant la main à Julian Alaphilippe. Le leader de Soudal Quick-Step a expliqué, en marge du Critérium du Dauphiné, que son coéquipier déciderait lui-même s’il prend le départ du prochain Tour de France. Un geste rare dans un peloton habitué aux sélections

Remco Evenepoel a tranché… en laissant la main à Julian Alaphilippe. Le leader de Soudal Quick-Step a expliqué, en marge du Critérium du Dauphiné, que son coéquipier déciderait lui-même s’il prend le départ du prochain Tour de France. Un geste rare dans un peloton habitué aux sélections verrouillées par le staff. Et un signal fort de confiance envoyé à l’ancien champion du monde, revenu en forme au printemps.
Ce qui change
Dans la plupart des équipes, la liste du Tour est une équation technique : états de forme, profils d’étapes, compatibilité des rôles. Ici, Evenepoel ouvre une porte politique et humaine. Il ne pousse pas, ne bloque pas. Il acte que la décision revient à Alaphilippe, que l’équipe suivra.
Evenepoel précise qu’il n’entend pas s’immiscer dans la sélection. Il fera remonter ses idées, bien sûr, mais sans imposer. La ligne officielle reste claire : la composition sera arrêtée après le Critérium du Dauphiné et le Tour de Suisse. Le Belge dit qu’il respectera, dans tous les cas, la décision finale de son coéquipier français.
Le contexte : Alaphilippe relancé, Evenepoel ambitieux
Il y a quelques mois, la présence d’Alaphilippe sur le Tour n’était pas prioritaire dans les plans de l’équipe. En mars, à la fin de Paris‑Nice, Evenepoel avait quand même glissé son souhait de l’avoir avec lui en juillet. La suite a changé la donne : Alaphilippe a retrouvé des jambes et de l’inspiration, jusqu’à s’offrir une victoire marquante sur le Giro. Relire : Julian Alaphilippe renoue avec la victoire lors de la 12e étape du Giro.
Voir Alaphilippe gagner et s’amuser de nouveau n’a pas échappé à Evenepoel. Il a salué un Tour d’Italie « exceptionnel » de son coéquipier et son retour à un niveau qu’on n’avait plus vu depuis un moment. Derrière ces mots, une réalité : un Alaphilippe libéré, c’est à la fois un atout sportif et un point d’appui moral pour un leader qui vise le très haut.
Les enjeux sportifs pour Soudal Quick‑Step
Si Alaphilippe dit oui, deux options se dessinent :
- Se mettre au service d’Evenepoel dans les moments clés : protéger, positionner, dynamiter une course quand il le faut. Son sens de la trajectoire, des bordures, des descentes, peut faire gagner des watts et de la sérénité au leader.
- Jouer sa carte sur des étapes choisies, sans compromettre le projet du classement général. Un coureur qui peut gagner en échappée ou au sprint réduit est un luxe tactique. Cela enlève de la pression au collectif et offre des alternatives quand la course déraille.
Si Alaphilippe décline, Soudal Quick‑Step verrouillera une équipe plus utilitaire autour d’Evenepoel : grimpeurs pour l’emmener en altitude, rouleurs pour le protéger au plat, et une chaîne de confiance resserrée. Le message d’Evenepoel — « je respecte son choix » — laisse justement de la marge pour adapter le plan sans friction.
Le calendrier de la décision
Rien n’est figé avant la fin du Dauphiné et du Tour de Suisse. Les formes montent, les certitudes se construisent ou s’effritent. La sélection finale devrait tomber dans la foulée. Entre‑temps, échanges sobres avec le staff, retours factuels, et une case à cocher : l’envie d’Alaphilippe, première intéressée par l’effort, la pression et l’exposition unique du Tour.
Face à la concurrence
Le Tour s’annonce dense. Tadej Pogacar a rappelé à quel point la Grande Boucle écrase tout par son exigence mentale : il compare le stress du Giro et celui du Tour, et la différence est nette. Chez Visma, la préparation s’adapte : Jonas Vingegaard a renoncé au Dauphiné mais son équipe reste optimiste pour juillet. Le plateau se précise aussi côté Ineos, avec des leaders qui annoncent la couleur : Egan Bernal confirme sa présence.
Dans ce contexte, un coureur expérimenté, capable d’absorber la pression et de déminer les journées piégeuses, vaut de l’or. C’est là que la présence d’Alaphilippe peut compter, même sans viser le général.
Ce que dit Evenepoel, précisément
Au Dauphiné, la veille du départ, Evenepoel a posé le cadre : la décision appartient à Alaphilippe. Il estime que son coéquipier est assez professionnel et mûr pour trancher lui‑même. Il assure qu’il respectera la réponse, quelle qu’elle soit. Et il rappelle qu’il ne veut pas s’impliquer « trop » dans la sélection, laissant à l’équipe et aux coureurs la responsabilité de composer le bon huit pour juillet.
Ce discours s’inscrit dans la continuité de ses propos tenus en mars : il avait publiquement exprimé son envie de voir Alaphilippe à ses côtés sur le Tour. Depuis, les résultats et le plaisir retrouvé du Français renforcent l’idée que sa présence aurait du sens. Mais l’ultime mot lui revient.
Trois scénarios plausibles
- Alaphilippe dit oui, en mode coéquipier de luxe. Il sécurise Evenepoel dans les étapes nerveuses, joue les éclaireurs, et peut flairer un coup pour décrocher une victoire d’étape si la fenêtre s’ouvre. L’équipe gagne en maîtrise et en marge de manœuvre.
- Alaphilippe dit oui, avec une carte d’attaquant ponctuelle. L’objectif premier reste le soutien au leader, mais la liberté existe sur des profils adaptés. Risque maîtrisé, bénéfice potentiellement fort pour la dynamique de groupe.
- Alaphilippe dit non. Il capitalise sur sa forme retrouvée pour cibler d’autres objectifs estivaux. Soudal Quick‑Step verrouille alors un collectif 100 % orienté vers la protection et l’ascension d’Evenepoel, sans dispersion.
Ce que cette décision dit du cyclisme d’aujourd’hui
Derrière ce « à toi de choisir » se lit une évolution : le leadership n’est plus seulement vertical. Les grandes équipes savent qu’un coureur performant parce qu’il a choisi son chemin sera plus utile qu’un coureur contraint. Respecter l’envie, c’est aussi optimiser la performance.
À retenir
- Le fait : Remco Evenepoel laisse Julian Alaphilippe décider de sa participation au prochain Tour de France.
- Le timing : sélection finalisée après le Critérium du Dauphiné et le Tour de Suisse.
- Le contexte : Alaphilippe a retrouvé la victoire au Giro et des sensations qui comptent pour juillet — relire sa victoire d’étape.
- L’enjeu : avec Alaphilippe, Soudal Quick‑Step gagne en protection, en expérience et en options tactiques autour d’Evenepoel.
- Le décor : la concurrence se met en ordre de marche : Pogacar, Vingegaard, Bernal.
À lire aussi
Pouvoir d’achat : pourquoi l’inflation ralentit mais que tout semble encore cher
« L’inflation baisse », entend-on. Pourtant, à la caisse, l’addition reste salée. Ce paradoxe a une explication simple, souvent mal comprise : ralentissement de l’inflation ne veut pas dire baisse des prix. Décryptage, et pistes concrètes pour reprendre la main sur son budget.
Canicules à répétition : pourquoi les étés deviennent de plus en plus extrêmes
Vagues de chaleur plus fréquentes, plus précoces, plus intenses : les étés changent de visage. Décryptage des mécanismes en jeu — réchauffement climatique, dômes de chaleur, îlots urbains — et de la façon dont villes et habitants tentent de s’adapter.
Ozan Kabak forfait pour l’Euro suite à sa rupture du ligament croisé du genou droit
Sale coup pour la Turquie à l’approche de l’Euro. Ozan Kabak, défenseur central, doit déclarer forfait après une rupture du ligament croisé du genou droit. Touché lors du nul amical contre l’Italie (0-0), il a quitté la pelouse sur civière. Verdict sans appel : fin de tournoi avant même le coup



